Un itinéraire en Pologne à la découverte des traces juives

En parcourant les pages du site Shabbat Goy vous découvrirez une présentation des nombreux sites de mémoire juive que j’ai pu visiter jusqu’ici à travers la Pologne. Il ne s’agit pas d’un recensement exhaustif mais simplement de vous transmettre par l’écrit et l’image la perception que j’ai pu éprouver en visitant ces lieux. Vous découvrirez également d’autres articles sur des sujets divers autour de cette thématique.
» Shabbat Goy en chiffres : 252 sites sur 333 mis en ligne: 166 cimetières, 112 synagogues, 11 camps, 4 sous-camps et 9 autres sites. 302 galeries qui présentent 6335 images.

Les décorations murales Judaica sont disponibles à la vente dans notre boutique.
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Festival Singer de la Culture Juive 2014

Shabbat Shalom à Varsovie

Ce vendredi 29 août, célébration du Shabbat sur la place Grzybowski de Varsovie où se déroule la XIème édition du Festival Singer de la Culture Juive (23-31 août 2014).

Festival Singer 2014 - Shabbat Shalom

Festival Singer 2014 – Shabbat Shalom (Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com


Des invités et acteurs du théâtre juif se sont retrouvés autour de Gołda Tencer, la Présidente de la Fondation Shalom et organisatrice et fondatrice du Festival Singer de la Culture Juive, actrice, chanteuse et directrice du théâtre juif de Varsovie.
Le festival qui rencontre toujours un grand succès se déroule du 23 au 31 août 2014 sur la place Grzybowski, autrefois le centre de l’un des quartiers juifs de la capitale.

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La procession de Jasionówka

Une image irréelle…

…aperçue lors de recherches sur les juifs de Jasionówka.
Jasionówka (nom yiddish Yashinovka) en région de Podlachie (nord-est)

Le 28 juin 1941, les allemands entrèrent à Jasionówka qui était auparavant occupée par les russes. Ils rassemblèrent les juifs sur la place de l’église de la Sainte Trinité et mirent le feu à de nombreuses maisons juives.
La photo ci-dessous présente une procession qui passe sur la place à côté des juifs. Un prêtre marche en tête en portant une croix tandis qu’une douzaine de fidèles suivent derrière. Au fond, on distingue sur la droite un véhicule à l’arrêt, certainement allemand, et des polonais le long des maisons en bois. Les juifs regardent passer la procession, une femme juive qui s’est certainement approchée de la procession revient vers la foule. Les soldats allemands observent la scène. La source de la photo indique qu’une mitrailleuse est pointée vers les juifs. Sur d’autres photos prises sur la droite de la place, on distingue de nombreux soldats allemands, des side-cars et des camions. La fumée de l’incendie des maisons juives est visible sur la photo.

La procession de Jasionówka

La procession de Jasionówka (cliquer pour agrandir) © Deutsches Historisches Museum/Gerhard Gronefeld


Durant ces tragiques événements, le curé de la paroisse, Cyprian Łozowski, intercéda auprès des autorités allemandes pour qu’aucun mal ne soit fait à l’encontre des juifs. Un officier allemand lui répondit qu’aucun innocent ne serait tué à la condition qu’il n’y ait pas de communiste. Il s’éleva également fermement avec l’aide de polonais contre les exactions perpétrés par des voyous polonais qui déclenchèrent un pogrom à l’encontre des juifs pendant ces premiers jours d’occupation durant lequel il y eut 74 morts. Auparavant, après le départ des russes, il avait exhorté les paroissiens à empêcher et à battre les polonais qui venaient piller les maisons juives.
Fin janvier 1943, tous les juifs de Jasionówka furent déportés.

Le diaporama ci-dessous présente des photos prises par le photographe Gerhard Gronefeld pour le compte du journal Signal. Gronefeld suivit la Wehrmacht durant la campagne de Russie. Sur quelques photos, on distingue la fumée de l’incendie des maisons juives.

Découvrir l’histoire et le cimetière des juifs de Jasionówka.

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La fosse commune de Bajoriškės

Un site d’extermination en Lituanie

Je profite d’un passage à Vilnius pour m’arrêter sur ce site d’exécution qui se trouve aujourd’hui non loin de la frontière polonaise.
A l’entrée en guerre, on dénombrait plus de 160 000 juifs en Lituanie, ils représentaient environ 7% de la population. Cependant ce nombre augmenta avec l’arrivée de juifs qui fuyaient la Pologne au début de la guerre. La Lituanie fut envahie par les nazis lors de l’opération Barbarossa en 1941.

Lazdijai (nom polonais Łoździeje, nom yiddish Lazdei)
Localisation: 54°13’0.50″N – 23°31’11.31″E

La fosse commune de Bajoriškės en Lituanie

La fosse commune de Bajoriškės en Lituanie (Cliquier pour agrandir) © www.shabbat-goy.com


1535 juifs de la ville de Lazdijai et de ses environs ont été exterminés dans une fosse commune à Bajoriškės située au sud de la ville.
Les premiers juifs s’étaient installés vers la fin du XVIIème siècle et ils représentaient jusqu’à 60% de la population de la ville au milieu du XIXème siècle et encore un peu moins de la moitié des habitants à l’entrée en guerre. Les allemands occupèrent Lazdijai le 22 juin 1941. Les milices lituaniennes confinèrent des juifs dans des baraques construites par les russes au début de la guerre.
Le 3 novembre 1941, les juifs furent envoyés par les allemands vers la campagne de Bajoriškės située au sud de la ville où ils furent assassinés par les lituaniens.
Durant la guerre 95% des juifs de Lituanie furent exterminés.
(Source Yad vashem)
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Cimetières allemands du côté de Stare Juchy

Ou l’histoire d’autres cimetières abandonnés

Les conflits font souvent ce que j’appelle des victimes collatérales, à savoir les morts qui reposent dans les cimetières. Les cimetières que l’on peut considérer comme l’un des marqueurs de l’identité d’un lieu sont souvent dévastés durant et après les guerres. Bien que je ne fasse pas que cela, je visite des cimetières depuis longtemps, notamment ceux qui sont délaissés ou abandonnés. Les anciens cimetières allemands en font partie.

Tombe d'un enfant dans l'un des 2 anciens cimetières allemands du lieu-dit Gorło

Tombe d’un enfant dans l’un des 2 anciens cimetières allemands du lieu-dit Gorło (Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com


En Pologne, les cimetières allemands des anciens territoires du Reich devenus (ou redevenus) polonais après le redécoupage de la Pologne suite à la conférence de Yalta de 1945, ont énormément souffert, de fait ils ont été pratiquement tous dévastés après la guerre et la majorité d’entre-eux ont quasiment disparu et ne figurent plus que sur les anciennes cartes. C’est en recherchant les cimetières juifs que je me suis aperçu du sort qui avait été réservé aux cimetières allemands. L’un des premiers que j’avais visité se trouvait à Koźle (Cosel), autrefois une ancienne citadelle prussienne de Silésie, où même les épitaphes sur les stèles avaient été effacées au burin.
Bien peu subsistent aujourd’hui et leurs stèles ont souvent fini à l’image des tombes juives, en matériau de construction et de terrassement.
Dernièrement durant des promenades en campagne, j’ai visité quelques cimetières allemands dont ceux de Zawady Ełckie et Gorło dont les noms respectifs étaient Sawadden et Gorlen lorsque ces villages se trouvaient en Prusse Orientale (aujourd’hui nord-est de la Pologne) et où les habitants vivaient là depuis de longues générations avant d’être expulsés à la fin des années 40.
Sur la photo ci-dessus, on aperçoit la tombe d’un enfant dans l’un des 2 anciens cimetières allemands du lieu-dit Gorło. C’est la seule qui subsiste dans celui-là, noyée au milieu des arbres non loin du lac Ułowki (ex Uloffke-See).
Pour ceux qui étaient inhumés là, c’est un peu comme une deuxième mort, peut être pire, celle de l’effacement et de l’oubli.
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La forêt Juive

Ou comment déclencher une recherche insolite

En scrutant une carte que je viens d’acheter de la région du parc national de Biebrzański, je suis tombé sur un lieu-dit complètement paumé, sans habitation et qui s’appelle Żydowski las, la forêt juive.
Et comme je suis un grand curieux, j’ai cherché à savoir comment ce nom singulier avait pu surgir à cet endroit qui se trouve à environ une quinzaine de kilomètres au sud de Augustów (voïvodie de Podlachie, nord-est). Ce coin de forêt se trouve également à 8 kilomètres au nord d’une petite bourgade qui s’appelle Sztabin et où vivaient des juifs, plus de 700 au début du XXème siècle.

La forêt juive

Żydowski las, la forêt juive (Cliquer pour agrandir) © ExpressMap


Il n’existe pas grand chose comme information sur cette petite ville concernant les juifs, à vrai dire, trois fois rien.
Vivaient là un certain Aryeh Leib Byers ou un Josel Mordechai Ejlender qui émigrèrent vers les Etats-Unis à la fin du XIXème siècle d’après des informations glanées sur le réseau. Il y eu effectivement un grand mouvement migratoire à cette période et durant l’entre-deux guerres, de fait on ne recensait plus que 62 juifs en 1921. D’après un témoignage disponible sur le réseau, Sztabin fut détruite par un incendie durant la première guerre mondiale. Les juifs fuyaient alors la pauvreté et l’antisémitisme.
Il existait un cimetière juif à Sztabin comme on peut le voir sur une carte dressée en 1930. Il n’existe plus aujourd’hui. Quelques pierres tombales juives sont désormais conservées au musée local.
La forêt juive

La forêt juive (Cliquer pour agrandir) © Google Maps


Parfois un simple nom, un lieu peuvent m’interpeller et déclencher cette pointe de curiosité qui fait que je peux être attiré par l’histoire d’un lieu où je n’ai jamais mis les pieds. Il m’est souvent arrivé d’aller visiter des endroits où existaient ici un cimetière disparu, là une synagogue évanouie. Je peux éprouver autant d’intérêt et d’émulation à aller farfouiller dans les broussailles de ce qui était autrefois un cimetière juif rendu à la nature que d’admirer les représentations symboliques qui ornent les pierres tombales d’un cimetière préservé.
Les lieux ont une histoire et des ombres se cachent derrière chaque question que l’on se pose.
Derrière ce nom insolite de forêt juive se cache une histoire, peut être insolite, inquiétante, extraordinaire, peut être aussi insignifiante…
Une chose est certaine, je passerai à Sztabin lorsque je serai dans le coin… du côté de la forêt Juive !
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Spok et les cohanim

De la synagogue à l’écran, un geste à décortiquer

Tout le monde ou presque doit se souvenir de ce célèbre signe amical de reconnaissance effectué par le vulcain Spok, alias Leonard Nimoy, de la célèbre série télévisée Star Trek.
Mais ce qu’il y a de plus intéressant est de découvrir comment ce signe de ralliement des vulcains a été imaginé.

Spok - Star Trek

Spok et son signe de reconnaissance


Leonard Nimoy, l’acteur américain qui interprète Spok dans la série de science fiction est issu d’une famille juive orthodoxe originaire de la ville russe de Iziaslav (aujourd’hui située en Ukraine) et a baigné durant toute son enfance et adolescence dans le quartier juif de West Side à Boston où il est né.
Dans les rues de ce quartier aujourd’hui disparu, les immigrants juifs avaient reconstitué un véritable Shtetl où le yiddish était devenu la langue en usage à tel point que la grand mère de notre cher Spok n’apprit jamais la langue de Shakespeare. De même nombre de commerçants italiens qui étaient majoritaires dans cette partie de la ville connaissaient des rudiments ou plus de yiddish afin de commercer aisément avec leurs clientèle juive.
Leonard Nimoy, qui lit, écrit et parle le yiddish, avait assisté durant sa jeunesse à des offices, accompagné de son frère, de son père et de son grand-père à la synagogue de Boston et il avait été intrigué et impressionné par la symbolique et la gestuelle de la bénédiction faite aux fidèles par les prêtres cohanim avec la disposition singulière des doigts de la main.
shin Cette symbolique gestuelle qui adopte la forme de la lettre hébraïque Shin est également la première lettre de l’un des noms utilisés pour nommer Dieu; (El) Shaddaï.
Cette lettre figure également sur les mézouzah.
Lors de l’un des épisodes de la série où Spok devait entrer en contact avec ses coreligionnaires vulcains, les scénaristes cherchèrent en vain un signe de ralliement qui puisse symboliser cette rencontre et Leonard Nimoy se remémora alors le signe des cohanim à la synagogue et proposa de l’intégrer dans la série, ce qui fut accepté par la production. Dès le lendemain de la diffusion de l’épisode concerné, le signe de la main de Spok devint célèbre et utilisé dans toute l’Amérique par des téléspectateurs conquis.

On retrouve ce symbole sur les tombes des cohanim dans les cimetières juifs.

Tombe d'un prêtre de la lignée des Cohanim

Tombe d’un prêtre de la lignée des Cohanim – Cimetière de Otwock -(Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

Découvrir la description des mains levées en signe de bénédiction des cohanim sur les tombes juives.

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Le Festival Singer à Leoncin

Leoncin célèbre Isaac Bashevis Singer, l’enfant du pays

Dans le cadre de la XIème édition du Festival Singer de la Culture Juive qui se tiendra à Varsovie du 23 au 31 août 2014, le festival a fait pour la première fois une étape à Leoncin non loin de Varsovie le 17 août 2014 pour fêter l’enfant du pays, Isaac Bashevis Singer dont une stèle a été inaugurée pour l’occasion dans le parc attenant à la mairie par le représentant des lieux Adam Krawczak.
Isaac Bashevis Singer - Leoncin

Stèle Isaac Bashevis Singer à Leoncin (Cliquer pour agrandir) – © www.shabbat-goy.com


Hormis les amoureux et curieux de culture juive en Pologne venus pour l’occasion, l’événement n’a pas rassemblé la foule escomptée sur ce canton qui compte près de 5000 habitants. Un atelier de lecture et d’initiation aux traditions juives à destination des enfants de Leoncin a été mené au sein de la bibliothèque du groupe scolaire, le programme a été quelque peu modifié, néanmoins les visiteurs ont pu apprécier le magnifique concert donné par des artistes du Théâtre Juif de Varsovie venus pour l’occasion et la soirée s’est terminée par un autre concert donné par Adam Nowak (ancien leader du groupe Raz, Dwa, Trzy) et Karim Martusewicz.

Isaac Bashevis Singer (1902-1991), de son véritable nom Izaak Zynger (le pseudonyme Baszewis provenant du nom de sa mère – Bathsheba) est né à Leoncin, une petite bourgade située à 25 km au nord-ouest de Varsovie. Né dans une famille juive orthodoxe (son père est rabin et sa mère fille du rabin de Biłgoraj), il ne restera que jusqu’à sa cinquième année à Leoncin. Devenu l’un des écrivains emblématiques en langue yiddishe, il émigre aux Etats-Unis en 1935. Il recevra le Prix Nobel de littérature en 1978 pour son oeuvre.

Découvrir Isaac B. Singer sur Wikipedia.

Isaac Bashevis Singer, 1975 - © Bruce Davidson / Magnum Photos

Isaac Bashevis Singer, 1975 – © Bruce Davidson / Magnum Photos


Commander l’excellente biographie sur Isaac Singer écrite par Agata Tuszyńska : Singer, Paysages de la mémoire.
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Persécution de juifs à Lwów

Un lieu, une histoire. Lwów (aujourd’hui Lviv en Ukraine), rue Copernic…

Persécution de juifs à Lwów (Cliquer pour agrandir) © Google Maps

Persécution de juifs à Lwów (Cliquer pour agrandir) © Google Maps


Plusieurs images m’ont frappé particulièrement lors de mes pérégrinations sur le réseau, celle-ci en fait partie.
Elle se passe à Lwów alors en Pologne, certainement durant la période des terribles pogroms intervenus dans cette ville en juin et juillet 1941 dont on a aujourd’hui la trace à travers des photos ainsi que des films saisis durant ces tragiques événements.

La particularité ici, c’est qu’on ne voit pas de soldats allemands mais une foule que l’on distingue en arrière plan le long du mur de cet ancien édifice.
Une colonne de juifs les mains en l’air remonte la rue Copernic tandis qu’au premier plan, un homme porte un coup sur celui de gauche. A droite, un autre, cigarette dans une main et certainement l’autre plongée nonchalamment dans sa poche suit la foule en mouvement d’un air sûr et convaincu.
Au centre, derrière le bras de celui qui porte le coup, on voit le visage apeurée d’une femme juive qui semble regarder du côté du photographe. Légèrement sur la gauche au second plan, deux hommes en casquette dont l’un souriant encadrent la colonne d’où toute échappatoire semble illusoire.

Durant cette période, environ 60 000 juifs furent tués par les sections Einsatzgruppen activement secondées par les milices et nationalistes ukrainiens.

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Mise à jour du cimetière juif de Kuźnica

Nouvelle visite du cimetière en 2014

La synagogue de Kuźnica (cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

La synagogue de Kuźnica (cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com


Voir la présentation du cimetière juif de Kuźnica.
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La synagogue du Palais Lubomirski

Warszawa
Mazowieckie - (Voïvodie de Mazovie)

La synagogue privée du palais

Une synagogue privée avait été établie dans le palais Lubomirski très certainement en 1872, à l’initiative du chantre Jakub Leopold Weiss1. Cette salle de prière pouvait contenir…
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Palais Lubomirski à Varsovie

Palais Lubomirski à Varsovie

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La dernière section du mur du ghetto de Varsovie

Les ultimes traces du mur

La photo ci-dessous présente l’une des deux dernières sections du mur du ghetto de Varsovie, préservée grâce à l’action active d’un polonais, Mieczyslaw Jędruszczak, venu habiter quelques années après la guerre un immeuble mitoyen.

La dernière section du mur du ghetto de Varsovie (Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

La dernière section du mur du ghetto de Varsovie (Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

A l’origine le mur, long de 16 kilomètres, enserrait plus de 100 hectares d’immeubles et de rues réservés au confinement des juifs de Varsovie et de toute sa région. Le périmètre du ghetto se réduisit au fur et à mesure des déportations et ses limites furent régulièrement modifiées.
Les derniers tronçons aujourd’hui visibles étaient situés dans la limite sud alors occupée par le petit ghetto et des murs avaient été érigés à l’intérieur des cours des immeubles situés entre les rues Sienna et Złota.
De très nombreux visiteurs se rendent aujourd’hui sur les lieux où se trouvent ces deux tronçons de mur en passant par l’intérieur des cours (accès par le numéro 62 de la rue Złota) mais très peu visitent le mur côté est qui donne sur la cour du groupe scolaire situé au 55 de la rue Sienna. Sur cette façade de mur a été apposé en 2010 l’un des 22 mémoriaux, à l’initiative des professeurs et des élèves du Lycée, suite à la mise en place de 21 autres mémoriaux en 2008 par l’Institut Historique Juif de Varsovie, mémoriaux qui balisent et rappellent tout le pourtour du ghetto.
Découvrir le mur du ghetto de la rue Sienna.
Découvrir la chronologie de la mise en place du ghetto de Varsovie.
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L’incident de Bruxelles

La justesse des mots, la délicatesse des médias

L’incident de Bruxelles, cela claque comme un titre de journal…
Journaux du net toutes tendances confondues, j’ai lu hier des articles concernant la tuerie… non, l’incident qui est intervenu en Belgique.
Oui, un incident.
Il est devenu impératif de mesurer ses propos en certaines occasions, des fois que l’on aurait eu affaire à un drame passionnel ou un à un hold-up qui aurait mal tourné, il faut effectivement prendre toutes ses précautions et parler simplement d’incident avant d’aller qualifier de tuerie le fait qu’un individu s’introduise dans un Musée Juif armé d’une kalachnikov pour tuer des gens qu’il ne connait pas.

Petit florilège:
« L’incident s’est déroulé en plein après-midi dans le quartier chic du Sablon »
« Le lien entre cette personne et l’incident n’est pas clair »
« Une personne, qui a admis qu’il était présent au moment de l’incident… »
« Une vidéo de l’incident montre un homme athlétique coiffé d’une casquette entrer calmement dans le Musée juif »
« le ministère de la Justice a lancé une enquête intensive sur l’incident »
« …témoins de l’incident affirment avoir vu deux hommes »
« Une personne, qui a admis qu’il était présent au moment de l’incident »
« …un renforcement de la sécurité et ce pour éviter tout autre malheureux incident »
« …reste « prudente » sur la nature antisémite de l’incident à ce stade de l’enquête »

Mon Larousse fatigué et écorné édition 1987 m’indique qu’un incident est un événement le plus souvent fâcheux ou une difficulté peu importante.
Je suis donc heureux d’apprendre que nous n’ayons eu affaire qu’à un déplorable incident hier après-midi au Musée Juif de Belgique.

Visiter le site du Musée Juif de Belgique et lire le communiqué de presse sur cet incident

Musée Juif de Belgique

Musée Juif de Belgique – Cliquer pour visiter le site du Musée

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Marre qu’on parle de la Shoah ? Moi non !

Yiddishland, kézako ?

A l’occasion de la commémoration de la Shoah en Israël et de la décision des autorités de ce pays d’aborder le thème de la Shoah dès la maternelle et la lecture de quelques autres articles de ces derniers jours autour de ce sujet, je jette un œil sur les commentaires de certains articles dans la presse française et je lis les sempiternelles rengaines sur l’arithmétique entre les génocides, les palestiniens et les bourreaux israéliens, le business autour de la Shoah…

Je voudrai simplement rappeler une chose ici.
Même si de terribles génocides sont malheureusement intervenus depuis la seconde guerre mondiale; les rwandais, ils sont toujours au Rwanda, les arméniens, ils sont toujours en Arménie, les cambodgiens, ils sont toujours au Cambodge…
Par contre, les juifs d’Europe centrale, hormis quelques rares communautés, c’est fini, c’est terminé !
Ils ont définitivement disparus !
Le Yiddishland n’est plus qu’une ombre, le peuple n’existe plus, la culture n’existe plus, le yiddish, leur langue a disparu du paysage.

J’aimerai sincèrement que beaucoup comprennent et assimilent cette petite différence fondamentale. Cette singularité de l’histoire qui fait que, grâce ou plutôt à cause d’une organisation politique, militaire, administrative et industrielle, organisations mûrement mises en place et exécutées, le génocide des juifs d’Europe centrale se singularise de tous les autres car tout un peuple a définitivement disparu au cours du XXème siècle.
Depuis bientôt 40 ans que l’on enseigne la Shoah dans les écoles françaises, je me demande où on va…

Nota: Pour ce qui concerne l’enseignement de la Shoah dans les écoles maternelles israéliennes, disons plutôt une approche du sujet d’après ce que j’ai compris, je présume que la chose a été mûrement pensée et réfléchie et je m’estime mal placé pour exprimer une quelconque opinion sur ce sujet éducatif précis que j’ignore. Disons que je fais confiance au peuple juif dans l’éducation de ses enfants comme il savait du reste déjà le faire dans les shtetl du Yiddishland pour ses jeunes enfants.

Nota 2: pour ceux qui ne comprennent pas le mot yiddishland, Wiki est ton ami !

Enfants juifs dans un heder - Pologne

Enfants juifs dans un heder (école élémentaire traditionnelle) en Pologne avant la guerre – Photo © Yad Vashem

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10ème édition du Festival International « Motifs Juifs » de Varsovie

Les films récompensés

Soldier on the roof de Esther Hertog.
Youth de Tom Shoval.
Ponevezh Time de Yehonatan Indursky.
The Women Pioneers de Michal Aviad.
Father and son de Paweł Łoziński.
Regina de Diana Groó.
The lady in number 6 de Malcolm Clarke.

10th International Festival Film Jewish Motifs

10th International Festival Film Jewish Motifs


Ci-dessous, une petite liste parmi les films présentés, que j’ai apprécié particulièrement.

Broadway musicals: a Jewish legacy
(Zydowska spuścizna na Broadwayu – Le patrimoine juif de Broadway)
Michael Kantor. USA 2013.
Le film décrit l’apport essentiel des mélodistes et compositeurs juifs dans la création des chansons et comédies musicales de Broadway durant une cinquantaine d’années. Un film extrêmement instructif où la contribution créative musicale juive, souvent inspirée de thèmes et mélodies d’Europe centrale, a été le noyau essentiel du développement de la comédie musicale de Broadway.
Extrait

Colette
Milan Cieslar. République Tchèque/Slovaquie 2013.
Le film retrace l’histoire fictive d’un homme et d’une femme, prisonniers à Birkenau, qui tombèrent amoureux l’un de l’autre pour se perdre à la fin de la guerre, puis se retrouver cinquante ans plus tard à New York lors d’un dîner initié par son fils et son amie qui s’avère être la fille de cet ancien amour qu’il retrouve à cette occasion. Au delà de l’histoire touchante et peut être improbable, c’est la première fois que je vois une reconstitution du camp de Birkenau avec certaines vues d’ensemble assez saisissantes.
Extrait

Soldier on the roof
(Zołnierz na dachu – Le soldat sur le toit)
Esther Hertog. Pays-Bas 2013.
Hébron, plantée dans cette ville biblique, l’histoire d’une colonie juive forte de 8000 âmes qui vit à côté de 120 000 palestiniens, continuellement protégé par un bataillon de l’armée israélienne. Un îlot au milieu du monde arabe où tout contact est banni d’un côté comme de l’autre.
Extrait

Le Métis de Dieu
(Zydowski Kardinał – The jewish cardinal)
Ilan Duran-Cohen. France 2013.
L’histoire de l’Archevêque de Paris Jean-Marie Aron Lustiger, né dans une famille juive d’origine polonais et convertit à l’âge de 14 ans. Le film nous entraine dans son ascension dans le clergé français et son implication auprès du Pape Jean-Paul II durant l’affaire du carmel d’Auschwitz, avec un Laurent Lucas parfaitement crédible dans ce personnage atypique.
Extrait

Farewell, Herr Schwarz
(Do Widzenia, Herr Schwarz – Au revoir monsieur Schwarz)
Yael Reuveny. Allemagne/Israël 2013.
L’auteur raconte son parcours à la quête de ce qui a bien pu mener sa grand-mère et son grand-oncle à une rupture radicale lors d’un rendez-vous manqué en 1945 à Łódź à la fin de la guerre lorsque elle est partie s’installer et vivre en Israël et lui changer de nom et partir vivre en Allemagne dans une ville où il avait été interné dans un camp pour refaire sa vie. Elle découvre une autre partie de sa famille, allemande, un oncle qui considère la branche israélienne comme une part de sa famille et un cousin tourné vers le monde et l’héritage juifs et qui aspire à vivre en Israël. Un film très bien cadré et construit.
Extrait

Father and son
(Ojciec i Syn – Père et fils)
Paweł Łowiński. Pologne 2013.
Tous deux réalisateurs, le père et le fils partent sur les routes et entament une réflexion sur leur vie familiale, leur rapport l’un à l’autre, leur vie, leur vision des années passées. Une confrontation père fils très intéressante sans lien avec leur judéité.
Extrait

Special interview
(Szczególny wywiad – Une interview spéciale)
Nitzan Rozenberg. Israël 2012.
Un très bon film dont le thème s’articule autour de la différence et du handicap. Efrat, une jeune fille trisomique et Matanel, handicapé léger rêvent de poser chacun une question au Président Obama. Elle de savoir ce qu’il compte faire pour l’égalité envers les handicapés et lui de savoir sa démarche dans la libération du soldat Gilad Shalit. Un sujet où les protagonistes nous émerveillent par leur humour, leurs angoisses et… leur naturel.
Extrait

Before the revolution
(Przed rewolucją – Avant la révolution)
Dan Shadur. Israël 2013.
Un film très intéressant qui nous ramène à l’aube de la révolution iranienne à Téhéran où vivait une forte communauté israélienne expatriée dans le cadre de la coopération économique et militaire avec l’Iran. Une communauté qui vivait dans une bulle et qui ne s’imaginait pas les bouleversements à venir et leur fuite éclair vers Israël.
Extrait

Holocauste – Is it a wall paper paste ?
(Holokaust – Klej do tapet ? – Holocauste – C’est de la colle pour papier peint ?)
Mumin Shakirov. Russie 2013.
A l’occasion d’un jeu télévisé, 2 soeurs jumelles russes font sensation lors d’une réponse à à question qu’est ce que l’Holocauste. A la suite de cet épisode, l’auteur prend contact avec les jumelles et décide de les emener visiter Auschwitz. Au delà de l’histoire par moment émouvante de ce voyage, le film met en lumière l’enseignement de la Shoah dans certains pays. Lors d’une édition passée du festival, j’avais pu visionner un autre film sur ce même sujet, tourné en Autriche où l’enseignement de l’Holocauste est souvent réduit à sa plus simple expression.
Extrait

Ponevezh time
(Czas Poniewieża)
Yehonatan Indursky. Israel 2012.
Une passionante plongée dans le monde du judaïsme ultra orthodoxe filmé dans le monde clos de la grande yeshiva Ponevezh en Israël qui rassemble 1200 étudiants. A travers plusieurs personnages, l’auteur décortique et analyse le fonctionnement de l’institution, avec certains étudiants à travers leurs moments de joie, de peine et de solitude.
Extrait

In between
(Pomiędzy – Entre deux)
David Ofek, Neta Shoshani. Israel 2013.
Dana et Amit se sont rencontrés lorsqu’ils avaient 25 ans. Depuis, ils se sont mariés et ont eu 2 enfants. Puis un jour, Amit a commencé à changer et est devenu un juif orthodoxe. La caméra de l’auteur vient s’insérer au milieu d’une nouvelle situation du couple face à son avenir avec Dana qui souhaite continuer à vivre comme avant et Amit qui lui reproche ses tenues légères et souhaite inscrire ses enfants à l’école religieuse. Un très bon film sur un problème de couple somme toute universel et transposable.
Site

The Stigma ?
(Piętno – Stigmatisation)
Martí Sans. Espagne 2013.
Un excellent film sur l’histoire de l’antisémitisme en Espagne depuis le début de notre ère puis durant l’expulsion des juifs de 1492 et ses répercussions désastreuses sur la vie économique, culturelle et religieuse espagnole jusqu’aux formes d’antisémitisme moderne et ses faces parfois pernicieuses sous couvert d’antisionisme que l’on retrouve également en France. Mais ma grande surprise aura été d’apprendre aujourd’hui en Espagne et notamment en Catalogne, région indépendantiste dominée par les parties de gauche, la présence d’un antisémitisme aux contours variés profondément ancré dans la population, un antisémitisme sans juifs dont la profondeur dépasse de loin celui qui existe aujourd’hui en France et même en Pologne !
Extrait

Edition 2013 du festival.
Edition 2012 du festival.

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Dixième édition du festival international « Motifs juifs »

Kino Muranów – Edition 2014

Du 22 au 27 avril 2014 se déroule au cinéma Muranów (ul. Andersa 5) à Varsovie la 10ème édition du festival international cinématographique «Motifs juifs».

Une trentaine de films et documentaires sont présentés lors de ce festival ainsi que 4 films d’Andrzej Wajda projetés lors d’une rétrospective du réalisateur.

Programmation des films.

Cette dixième édition confirme le succès de cette manifestation. Financé par de nombreux mécènes et partenaires, l’accès aux 2 salles est gratuit et ouvert à tous. Les films sont sous-titrés en anglais et/ou en polonais selon leur origine.

Site web du Festival.
Site web du cinéma Kino Muranów.

Dixième édition du festival international « Motifs juifs »

Dixième édition du festival international « Motifs juifs » © www.shabbat-goy.com

Dixième édition du festival international « Motifs juifs »

Dixième édition du festival international « Motifs juifs » © www.shabbat-goy.com

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La petite fille de la rue Próżna

Lusia Bronstein, une histoire derrière un visage

En 1994, dans le cadre du projet And I can still see their faces (Et je peux toujours voir leurs visages) la directrice de la Fondation Shalom de Varsovie, Gołda Tencer lança un appel à travers le monde afin de collecter des photographies de juifs disparus durant la Shoah. Plus de 9000 clichés purent être ainsi collectés. Ils furent mis en valeur à travers une exposition présentée en Pologne ainsi que dans de nombreuses villes à travers le monde.

Les visiteurs qui viennent du côté de la place Grzybowski, l’un des anciens quartiers juifs de la capitale, peuvent en apercevoir quelques-uns sur la façade décrépie de l’ancien immeuble Wolanowski du 14 de la rue Próżna.

Lusia Bronstein (Cliquer pour agrandir) - Photo ©  www.shabbat-goy.com

Lusia Bronstein (Cliquer pour agrandir) – Photo © www.shabbat-goy.com

Un visage attire plus particulièrement l’attention, c’est celui d’une petite fille qui s’appelait Lusia Bronstein.
Elle était la fille de Chaskiel Bronstein, un photographe et juif assimilé qui possédait le studio Fotografika au 4 de la rue de Cracovie à Tarnów. Une partie de la famille Bronstein possédait la nationalité brésilienne.
En 1939, Chaskiel qui seul possédait un passeport qu’il avait réussi à se procurer deux semaines avant la guerre se rendit en Amérique du sud pour essayer de procurer un passeport pour les membres de sa famille. N’ayant pu obtenir le précieux document, il rejoignit sa famille en Pologne, laquelle fut ensuite déportée vers l’Allemagne où on perdit sa trace.
L’ancien studio de photographie abrite aujourd’hui la bibliothèque à Tarnów.

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L’ancien studio de photographie de Chaskiel Bronstein

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La visite de 13 cimetières juifs autour de Białystok

27 et 28 février 2014 – 320 kilomètres – 13 cimetières

Je vais profiter de ces deux jours pour visiter les cimetières juifs qui se trouvent au sud-est et au nord-est de Białystok, le chef-lieu de la voïvodie de Podlachie (Podlaskie), au nord-est de la Pologne, le long de la frontière avec la Biélorussie.
C’est l’hiver, le temps est gris mais l’absence de neige facilitera les déplacements. Curieusement il ne fait pas trop froid pour une fin février, à peine 2 degrés…
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Le cimetière - The cemetery - Jasionówka © www.shabbat-goy.com

Le cimetière – The cemetery – Jasionówka (Cliquer pour agrandir)
© www.shabbat-goy.com

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Józef Klotz, premier marqueur de l’équipe nationale de football

A la découverte d’un joueur juif

A l’heure où nombre de supporters s’invectivent de qualificatifs surprenants comme « Juifs« , « Mort aux juifs » dans certaines tribunes de stades de football polonais, il s’avère bon de rappeler qui était Józef Klotz.
Il est en effet loin d’être anecdotique d’apercevoir dans certains endroits (du côté de Łódź en particulier) des tags avec des étoiles de David associées aux initiales de clubs pour fustiger l’équipe adverse. Depuis plusieurs années les autorités ont pris la mesure du phénomène et initient des actions en justice.

Józef Klotz - Toile de Adam Adach - 2012

Józef Klotz © Adam Adach 2012

Le premier but de la sélection polonaise

Le 28 mai 1922 au stade olympique de Stockholm lors de la rencontre avec l’équipe de Suède, alors que l’équipe nationale polonaise est menée 1 à 0, à la 27ème minute, Józef Klotz égalisa en marquant sur penalty le premier but dans l’histoire de la représentation nationale polonaise en logeant le ballon dans le coin gauche de la lucarne. Le match fut remporté par la Pologne sur le score de 2 à 1 après un nouveau but de Joseph Garbień. Il s’agissait de la troisième rencontre internationale pour l’équipe de Pologne.
Pour Klotz, c’était sa deuxième et dernière sélection en équipe nationale.

Equipe Jutrzenka Kraków en 1922. Józef Klotz au premier rang assis à droite © Jakub Ociepa / Agencja Gazeta

Equipe Jutrzenka Kraków en 1922. Józef Klotz au premier rang assis à droite © Jakub Ociepa / Agencja Gazeta

Józef Klotz était le fils d’un cordonnier juif de Cracovie. Il était né le 28 mai 1900. Il évoluait dans le championnat de Pologne au sein de l’équipe Jutrzenka Kraków (Cracovie) qui avait la particularité de n’être composée que de joueurs juifs. Il jouait comme défenseur et l’équipe Jutrzenka était positionnée comme farouche adversaire de l’autre équipe juive du Makkabi Kraków. Klotz avait intégré l’équipe cracovienne à l’âge de 10 ans et il y joua jusqu’en 1925.

Il connu sa première sélection en équipe nationale le 14 mai 1922 face à l’équipe de Hongrie qui remporta la partie 3 à 2. Klotz faisait partie des 3 joueurs juifs qui avaient été sélectionnés, le match se déroula au stade de Cracovie devant 15 000 spectateurs.
En 1925, Józef Klotz s’installa à Varsovie et rejoignit l’équipe du Makkabi Warszawa jusqu’en 1927. Il continua à jouer au football mais on ignore dans quel club.

Il mourut dans le ghetto de Varsovie en 1941, tué par les nazis.
Durant l’entre-deux guerres de très nombreuses équipes juives de football furent formées, principalement à l’initiative des mouvements juifs socialistes sionistes et antisionistes.
Lire la page sur Le football dans la population juive d’avant guerre.
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La rune Sowilo du cimetière juif de Gogolin

A la découverte d’un symbole germain

Lorsque j’ai visité le cimetière juif de Gogolin quelques années en arrière, j’ai été surpris par la stèle d’une tombe allemande située dans la partie chrétienne, car ce petit cimetière abrite un secteur juif situé au nord-ouest et un secteur chrétien situé lui dans sa partie sud-est. Les tombes juives possèdent des épitaphes gravées en allemand et en hébreu.
Mais mon regard fut attiré dès l’entrée par le graphisme du symbole qui apparaissait au sommet de cette stèle taillée dans le bois, car ce symbole possédait une forme identique aux mêmes caractères doublés et de sinistre mémoire des SS (SchutzStaffel), aussi sa présence dans un cimetière juif me laissa t-elle très perplexe sur le moment, d’autant plus que la personne avait été enterré pendant la guerre.

La rune Sowilo du cimetière juif de Gogolin

La rune Sowilo du cimetière juif de Gogolin (Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

Un peu plus tard, après quelques recherches, je découvris qu’il s’agissait en fait d’un caractère très ancien appelé rune Sōwilō et qui appartenait à l’alphabet runique (Futhark) qui était utilisé par les anciens peuples germaniques.
La rune Sowilo (Sōwilō) appelée Sigel ou Sól symbolise le Soleil.
Cette rune Sowilo (caractère) possède un symbolisme qui est très lié avec celui de la roue solaire. De fait, il exprime les forces cycliques liées à l’astre solaire et plus particulièrement ici du cycle de la mort et de la renaissance du soleil. Gravé sur la stèle d’une tombe, il symbolise la renaissance du défunt.
Les 2 autres runes (ψ) symbolisent dès la fin du XIXème siècle la vie et la mort d’après les théories plus ou moins historiques de Guido von List, un runologue qui inspira les nazis pour leur symbolique (croix gammée, idéologie nazie).

La petite ville de Gogolin est située au sud de la ville de Opole (Haute-Silésie).
Visiter le cimetière juif de Gogolin sur Shabbat Goy.

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Antisémitisme, une politique éducative ciblée

Julian Żebrowski, un illustrateur… comment dire…antisémite !

77 ans séparent les 2 images présentées ici.
L’illustration antisémite ci-dessous est parue dans un journal d’extrême droite en Pologne en 1937 (Journal «Podbipięta», numéro 14, page 8), elle a été réalisée par l’illustrateur Julian Żebrowski qui a été on peut le dire assez «créatif» durant les années d’avant guerre.
Ce dessin représente l’entrée de l’université de Varsovie située à Krakowskie Przedmieście avec les polonais recalés à gauche et les juifs reçus à droite pour dénoncer une politique éducative privilégiant la communauté juive. Le juif était caricaturé d’une manière très similaire à ce que l’on pouvait également lire dans une certaine presse en France.

La politique éducative ciblée © Żydowski Instytut Historyczny (Cliquer pour agrandir)

La politique éducative ciblée – Les recalés, les reçus © Żydowski Instytut Historyczny (Cliquer pour agrandir)

La seconde qui suit présente l’entrée actuelle de l’université de Varsovie, aujourd’hui ouverte aux étudiants du monde entier.
Université de Varsovie © www.shabbat-goy.com
Cette illustration fait partie de la superbe exposition (Obcy i Niemili/Alien and unpleasant) qui se tient à l’Institut Historique Juif de Varsovie jusqu’à la fin du mois de février 2014 et qui présente une grande collection d’illustrations antisémites parues dans la presse polonaise entre 1919 et 1939.
Comme indiqué en présentation de l’exposition, ces illustrations étaient publiées dans des journaux et hebdomadaires liés de près ou de loin avec les mouvements nationalistes et l’extrême droite pour lesquels la «question juive» était l’un des éléments de préoccupation.

Dès le début des années 1920, après la restauration de l’indépendance polonaise de 1919 (après les partages de la Pologne de la fin du XVIIIème siècle jusqu’au Traité de Versailles signé en 1919), et après l’arrêt de l’avancée bolchevique vers l’ouest intervenue lors de la bataille de Varsovie en 1920, les sentiments nationalistes s’exacerbèrent et se développèrent en période de crise dès les années 1920 et surtout après la mort de Józef Piłsudski en 1935 où l’on vit en Pologne une forte montée des mouvements nationalistes et de l’antisémitisme dans la presse, même si celui-ci était déjà présent 10 ans plus tôt.

Je vous présenterai une collection d’illustrations antisémites de cette période dans un prochain article.

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