Place Żelazna Brama à Varsovie

Vue de l’ancienne place Żelazna Brama (Porte de fer) en 1902.

La place Żelazna Brama en 1902
La place Żelazna Brama en 1902 (Cliquer pour agrandir)

Ce secteur a été complètement bouleversé et reconstruit après la guerre, il était situé au bout du jardin de Saxe, et les rues avoisinantes étaient surtout habitées par des juifs.
Le quartier fut fortement endommagé par les bombardements allemands de septembre 1939. La magnifique halle marchande Gościnny Dwór, où se trouvaient de nombreuses boutiques juives, et dont on aperçoit juste un bout de trottoir sur la droite, fut pulvérisée par les bombes.
Au premier plan, plusieurs juifs, à droite la maison du 12 de la rue Skorzana, rue aujourd’hui disparue. Sur la gauche des maisons situées rue Żabia, une rue également disparue, et derrière, les arbres du jardin de Saxe (Ogród Saski).
Il s’agissait donc d’une zone très commerçante où s’affairaient juifs et polonais le long des étals et des boutiques des halles Mirowski, du bazar Janasza, de la halle Gościnny Dwór et des étals du palais Lubomirski.
A cet endroit se dresse toujours la place Żelazna Brama où s’élève en son centre le monument dédié au patriote Tadeusz Kościuszko. La photo actuelle a été prise juste devant l’entrée du palais Lubomirski.

La place Żelazna Brama
La place Żelazna Brama d’après un tableau de Canaletto (Cliquer pour agrandir)

Vue de la place Żelazna Brama et du monument de la porte de fer au XVIIIème siècle d’après un tableau de Bernardo Bellotto dit Canaletto, et où on retrouve la maison (blanche à droite) encore présente au début du XXème siècle. A gauche le palais Lubomirski avec son architecture originale.

Le palais a été pivoté de 74° en 1970.

Vue aérienne datant de 1935 de la place Żelazna Brama
Vue aérienne datant de 1935 de la place Żelazna Brama (Cliquer pour agrandir)

Vue aérienne du secteur de la place de la Porte de fer en 1935. En jaune la direction de la prise de vue de la photo 1/3. En rouge la maison de la rue Skorzana, en vert les bâtiments aujourd’hui visibles.

 

Ancienne banque Wilhem Landau

Découverte de l’immeuble du 38 de la rue Senatorska

L’immeuble de style Art Nouveau qui abritait le siège de la banque Wilhem Landau a été édifié sous la houlette des architectes Stanisław Grochowicz et Gustaw Landau-Gutenteger (un architecte juif très talentueux qui réalisa également le siège de la banque Landau de Łódź ainsi que de nombreux autres immeubles de cete ville) entre 1904 et 1906. La banque, alors dirigée par les successeurs de Wilhem Landau (un banquier établi à Varsovie depuis le milieu du XIXème siècle et décédé en 1899), était l’une des plus importantes banques de la capitale. Elle fut liquidée en 1925 et le bâtiment devint propriété de la banque industrielle polonaise qui elle-même fut liquidée après le crack boursier de 1929. Dès le déclenchement de la guerre en septembre 1939, l’immeuble abrita un hôpital des chevaliers de l’ordre de Malte. Après la guerre, le lieu devint le centre de la propagande du parti communiste, c’est à cette époque que la grande coupole qui avait survécu à la guerre fut démolie. Néanmoins, l’immeuble conserva son aspect original. L’institut français siégea là dans les années 1990 et aujourd’hui c’est l’association Parc Miniature de la région de Mazovie qui expose ses superbes maquettes des bâtiments et monuments emblématiques disparus de la ville de Varsovie.

L'immeuble de l'ancienne banque Wilhem Landau
L’immeuble de l’ancienne banque Wilhem Landau à Varsovie (Cliquer pour agrandir)

L’immeuble offrait des solutions techniques modernes pour l’époque comme le chauffage central, la plomberie, la climatisation, une installation électrique et l’approvisionnement en gaz. Sous la coupole qui laissait passer la lumière se trouvait une grande verrière ornée de vitraux et en son centre dotée d’une horloge. Le sol de l’ancienne salle d’accueil de la clientèle est toujours décoré avec les faïences d’origine qui représentent des feuilles d’érable. La salle des coffres avec ses portes blindées est toujours visible.

La grande synagogue de la place Tłomackie se trouvait à une cinquantaine de mètres de là.
Découvrir le site web de l’Association Park Miniatur de la région de Mazovie.

La crypte des victimes militaires du massacre de Katyń

Des officiers juifs parmi les victimes

La crypte dédiée à la mémoire des victimes du massacre de Katyń avec les noms des officiers et sous-officiers polonais assassinés, dont des militaires juifs, est située dans l’église de la très Sainte Vierge Marie Reine de Pologne, rue Długa à Varsovie.

Crypte dédiée aux victimes militaires du massacre de Katyń
Crypte dédiée aux victimes militaires du massacre de Katyń (Cliquer pour agrandir)

Ce n’est qu’en 1990 que les autorités russes (URSS), à l’instigation de Mikhaïl Gorbatchev, reconnurent leur responsabilité dans le massacre de Katyń perpétré par le NKVD (police politique) durant le printemps 1940 en territoire russe, massacre qui fut longtemps attribué aux allemands qui découvrirent les charniers après l’opération Barbarossa (invasion de L’URSS) dès 1942 et celui de Katyń en 1943.

22 000 officiers et sous-officiers ainsi que de nombreux policiers et autres fonctionnaires furent exécutés par le NKVD et leurs corps ensevelis dans des fosses communes réparties sur plusieurs sites dont le plus emblématique reste celui de Katyń situé près de Smolensk. Les adresses des familles qui avaient reçu des lettres de leurs proches avant leur exécution furent utilisées pour les localiser et les déporter vers le Kazakhstan, plus de 60 000 personnes furent concernées.
La répression russe envers les populations polonaises, les cadres et fonctionnaires, les ecclésiastiques lors de l’occupation de la Pologne orientale entre 1939 et la mi-1941 fut particulièrement sévère et sanglante. Il est aujourd’hui difficile de quantifier le nombre de victimes et de personnes concernées, mais selon des études récentes, ce serait pas moins de 340 000 personnes qui auraient été déportées et plus de 500 000 victimes évaluées dont une partie mortes en camp ou fusillées.
Nombre de familles habitant alors la Pologne orientale furent touchées par ces exactions et ces déportations, de là s’instillât un fort ressentiment chez nombre de polonais envers les populations juives dont certaines avaient vu d’un bon œil l’arrivée de l’occupant russe en 1939. Cette animosité pris une tournure dramatique de la part de polonais contre leurs voisins juifs lors des pogroms qui intervinrent entre juillet et août 1941 en région de Podlachie (Jedwabne, Radziłów, Szczuczin, Stawiski…) Il est à noter que de nombreux juifs furent aussi déportés vers l’est durant l’occupation russe.

Un site de production d’armes secrètes qui n’a jamais vu le jour

Site de Wüstewaltersdorf

Egalement appelé site de Rzeczka, il est situé sur la commune de Walim en région de Basse-Silésie (sud-est de Wałbrzych).
Ce site fait partie d’un ensemble de 7 complexes militaires souterrains qui furent creusés entre 1943 et 1945 dans le massif des chouettes (Góry Sowie) dans le cadre du projet Reise, et dont le but était le transfert depuis l’Allemagne des sites de production des armes stratégiques (comme les fusées V1 et V2) qui étaient soumis aux bombardements alliés.

Wüstewaltersdorf (Rzeczka) initialement conçu pour la production d'armes secrètes du Reich
Le site de Wüstewaltersdorf (Rzeczka) initialement conçu pour la production d’armes secrètes du Reich (Cliquer pour agrandir)

Jusqu’en avril 1944, les sites furent creusés par des ouvriers ainsi que des travailleurs forcés et des prisonniers de guerre. En avril 1944, le projet passa sous le contrôle de l’Organisation Todt qui installa son siège au château de Fürstenstein (Książ) et une antenne au château de Bad Charlottenbrunn (Jedlina-Zdrój). La main d’oeuvre fut alors puisée dans les camps de concentration d’Auschwitz et de Gross Rosen et répartie dans 13 sous-camps regroupés sous le nom d’Arbeitslager Reise rattachés au camp de Gross Rosen, alors distant d’une quarantaine de kilomètres. Durant cette seconde phase, tous les prisonniers étaient juifs. Sur les 13 000 qui furent employés au creusement de ces souterrains, 5000 moururent.
Ces différents complexes ne furent jamais achevés et aucune arme n’y fut produite.
Après la guerre et conformément aux accords de Potsdam, les populations allemandes furent expulsées de la région et remplacées par des populations polonaises venues des territoires de l’est.
C’est également dans cette région qu’après la guerre, notamment autour des villes de Strzegom (Streigau) et de Świdnica (Schweidnitz), qu’une importante communauté juive qui s’était réfugié en URSS durant le conflit, vint s’installer et qu’un renouveau de vie juive pris forme jusqu’au début des années 1950.
C’est également dans ce massif que le mythe du train allemand caché s’est répandu dans les médias.

Découvrir le camp de concentration de Gross-Rosen.

Immeuble Michał Bergson dans le quartier de Praga

Le bâtiment Michał Bergson, ancien centre de la communauté juive du quartier de Praga
Le bâtiment Michał Bergson, ancien centre de la communauté juive du quartier de Praga (Cliquer pour agrandir)

Henri (Henryk) Bergson, le philosophe, était l’arrière petit-fils de Szhmuel Jakubowicz Sonnerberg dit Shmul Zbytkower qui avait également fait édifier une synagogue en bois dans le quartier de Praga au XVIIIème siècle. La lignée Bergson est originaire de Varsovie.
Cette synagogue a été détruite durant l’insurrection de novembre 1836 et a été édifié par la suite le grand bâtiment de la communauté juive de Praga, appelé Michał Bergson (du nom du père du philosophe) qui est aujourd’hui visible et qui abrite d’autres activités.

Sur la photo l’immeuble Bergson (rue Jagiellońska). Le petit jardin pour enfants sur la droite a été construit là où se trouvait la synagogue de Praga qui a été démolie après la guerre.

La maison en bois Burke

Témoin d’une architecture révolue

La maison en bois Burke à Varsovie
La maison en bois Burke à Varsovie (Cliquer pour agrandir)

Cette maison avait été édifiée en 1890 pour le compte de Edmund Burke. Il s’agit de l’une des 2 dernières maisons en bois que l’on peut voir dans le quartier de Szmulowizna à Praga (rive droite).
Le nom de Szmulowizna vient de l’ancien propriétaire de ces terres, Szmuel Jakubowicz Sonnerberg (1756-1801), également appelé Szmuel Zbytkower, banquier et commerçant sous le règne du roi Stanisław August Poniatowski dont il était l’un des protégés. C’est à lui que l’on doit la création et le financement du grand cimetière juif de Bródno où il fut inhumé.
Szmuel Zbytkower était également un ancêtre du philosophe Henri Bergson.
Szmulowizna est un quartier populaire que l’on peut visiter en toute sécurité, comme en fait tous les autres quartiers de Varsovie.