Rue Stawki depuis les ruines du ghetto

Une photo pour raconter l’histoire

Insurrection de Varsovie 1944, ruines du ghetto
Insurrection de Varsovie 1944, ruines du ghetto (Cliquer pour agrandir) Photo Józef Jerzy Karpiński Source Musée de l’Insurrection de Varsovie – Google Maps

La photo ci-dessus présente une perspective est-ouest de la rue Stawki avec au fond l’immeuble 4/6 de la rue Stawki (actuellement le numéro 10), situé sur la zone de Umschlagplatz, l’ancienne gare de marchandises utilisée pour la déportation des juifs de la capitale et de ses environs. Cet immeuble était utilisé comme zone de confinement pour les juifs, notamment la nuit, lorsque ces derniers ne pouvaient être embarqués dans les convois à destination du camp d’extermination de Treblinka.
Au premier plan, un insurgé polonais scrute à la jumelle la zone située au nord vers le quartier de Żoliborz, l’action se situe début août 1944, les premiers jours de l’insurrection de Varsovie. Au premier plan, les ruines du ghetto (grand ghetto), au niveau des gravas des immeubles 13 et 15 de la rue Stawki.
La zone nord du ghetto de Varsovie, dans le quartier de Muranów, l’ancien quartier juif, fut systématiquement détruite par les allemands et leurs supplétifs, principalement ukrainiens, durant l’insurrection du ghetto qui intervint entre le 19 avril 1943 et 16 mai 1943, et pendant laquelle 13 000 juifs furent tués et le reste de la population du ghetto, environ 58 000 juifs, furent déportés. Entre la date du bouclage du ghetto de Varsovie en novembre 1940 et le déclenchement de l’insurrection, entre 90 000 et 100 000 juifs moururent de faim et de maladie et 300 000 furent déportés depuis Umschlagplatz. La zone entièrement détruite du grand ghetto fut nivelée entre l’été 1943 et juillet 1944 lorsqu’un camp de concentration fut établi sur ses ruines (KL Warschau), dépendant dès 1944 du camp de concentration de Majdanek, avec pour objectif le déblaiement des ruines du ghetto et le tri des matériaux, réalisé par des prisonniers juifs (notamment d’origine grecque) envoyés depuis Auschwitz.
Le 1er août 1944 fut déclenché l’insurrection de Varsovie contre l’occupant allemand. Ce soulèvement dura jusqu’au 2 octobre 1944 et plus de 200 000 personnes, combattants mais surtout civils furent tués. A la fin de l’insurrection, la ville fut vidée de ses habitants et systématiquement détruite par les allemands.

Quelques chiffres pour cerner la dimension du nombre de victimes

En comptant le nombre de tués durant le siège de Varsovie en septembre 1939, le nombre de polonais tués durant la guerre, le nombre de juifs morts pendant la période du ghetto puis tués pendant son soulèvement et le nombre de polonais morts durant l’insurrection de 1944, on peut avancer un chiffre d’une fourchette basse de 400 000 morts à Varsovie, répartis entre 70% de non juifs et 30% de juifs, ces derniers ayant été exterminés principalement au camp de Treblinka.
A cela si on rajoute les 300 000 juifs de Varsovie et de sa proche région exterminés en camp, le chiffre total du nombre de victimes habitant à Varsovie et sa proche région durant la seconde guerre mondiale s’élève à une fourchette avoisinant les 650 000/700 000 personnes.
Des chiffres qui donnent une petite idée de ce qu’à pu représenter les pertes dans la capitale polonaise et comprendre ce marqueur toujours vivace dans la société de ce pays. 200 000 tués lors de l’insurrection de 1944, c’est plus que le nombre de victimes à Hiroshima et Nagasaki réunis. Ce qui revient à dire que le nombre total de victimes à Varsovie et sa proche région dépasse de 15% environ le nombre total de français morts durant la seconde guerre mondiale.
Au delà de Varsovie, la seconde guerre mondiale a provoqué une cassure irrémédiable dans l’histoire de la Pologne et dans la structure même de sa population avec la disparition définitive d’une société multiple, composée avant guerre à 30% environ de polonais ethniquement russes, ukrainiens, biélorusses, lituaniens et allemands, sans parler des 10% de juifs.
Aujourd’hui, la population juive revendiquée dans les communautés s’élève entre 6000 et 8000 personnes, et environ 25 000 autres qui se revendiquent d’origine juive, ou juifs.

La photo ci-dessous présente l’actuelle vue de la photo du haut.

Situation de la rue Stawki aujourd'hui
Situation de la rue Stawki aujourd’hui (cliquer pour agrandir) – Photo Google Earth

> Découvrir l’histoire de Umschlagplatz.

The zookeeper’s wife

Un couple de Justes parmi les Nations

Ces temps-ci sort sur les écrans le film The Zookeeper’s Wife, une production américano-britannique réalisée par Niki Caro et qui retrace un épisode de la vie du directeur du zoo de Varsovie Jan Żabiński et de son épouse Antonina, et qui sauvèrent la vie de nombreux juifs en les cachant dans l’enceinte du zoo et dans la cave de leur villa.
Le scénario du film est bâti autour d’Antonina, dont le rôle est joué par l’actrice Jessica Chastain.

The zookeeper's wife, un film réalisé par Niki Caro et qui retrace la vie du couple Żabiński durant la guerre et qui sauvèrent de nombreux juifs
The zookeeper’s wife, un film réalisé par Niki Caro et qui retrace la vie du couple Żabiński durant la guerre et qui sauvèrent de nombreux juifs (Cliquer pour agrandir)
En 2015, à l’initiative de Jonny Daniels, fondateur de l’organisation From the Depths qui oeuvre pour la sauvegarde du patrimoine juif en Pologne et pour une reconnaissance plus visible des polonais honorés du titre de Justes parmi les Nations, le musée de la villa des Żabiński a été inauguré en présence des enfants Żabiński, Ryszard et Teresa, et de Moshe Tirosh un enfant juif qui vécut caché dans les caves de la villa.

> Découvrir l’histoire des Żabiński et les photos de l’inauguration du musée au zoo de Varsovie.

The zookeeper's wife
The zookeeper’s wife

Zenek Moskowicz, jeune garçon du ghetto

Retour sur une image du ghetto

Enfants du ghetto au croisement des rues Żelazna et Leszno (Cliquer pour agrandir)
Enfants du ghetto au croisement des rues Żelazna et Leszno . Photo Google Maps et ZIH (Cliquer pour agrandir).

Une photo emblématique du ghetto de Varsovie, extraite d’un film tourné à l’époque et montrant des enfants et adolescents arrêtés à la porte du ghetto qui était située au croisement des rues Żelazna et Leszno (actuelle avenue Solidarność). Les enfants sont obligés sous la contrainte des soldats allemands (visibles sur la vidéo originale) de déposer les légumes qu’ils avaient cachés sous leurs vêtements afin d’apporter quelques provisions pour leur famille enfermées dans le ghetto.
Sur la photo sont visibles un policier polonais sur la gauche et un soldat allemand sur la droite. Les portes des ghettos étaient gardées par des soldats et des gendarmes allemands, des policiers polonais et des membres de la police juive.
Souvent, grâce à leur petite taille et leur agilité, nombre d’enfants se sont faufilés à travers des ouvertures pratiquées dans le mur du ghetto afin de partir à la recherche de quelque nourriture pour leur famille, du côté de la zone aryenne et beaucoup d’entre-eux furent arrêtés. D’autres qui eurent moins de chance furent blessés ou tués.

Sur une autre photo (ci-dessous) prise ce même jour, on distingue 2 adolescents, 2 garçons et une fille. L’adolescent situé à gauche a été identifié et s’appelle Zenek Moskowicz.

Zenek Moskowicz dans le ghetto de Varsovie
Zenek Moskowicz  (ici à gauche) à une des entrées du ghetto de la rue Leszno. Photo Yad Vashem

Zenek (Moskowicz) Maor est né en 1923 à Włocławek, il était le fils de Yaakov et Lea, propriétaires d’une fabrique de papier qui fut confisquée par les allemands au début de la guerre. La famille se rendit à Varsovie en janvier 1940 pour fuir les persécutions des allemands de Włocławek.
Zenek avait alors 16 ans, il était déjà un membre du Hachomer Hatzaïr depuis plusieurs années. Lorsque le ghetto fut bouclé en 1940, Zenek travailla dans une laverie pour les allemands et dans d’autres brigades de travail dans le ghetto et à l’extérieur (comme à l’aérodrome d’Okęcie). Il fut par la suite dirigé vers un camp de travail situé à Września, une ville située à l’est de Poznań. De là, il fut redirigé, avec son frère Henryk (Heniek), vers d’autres camps puis vers le camp établi dans la mine de charbon de Janina et qui dépendait du complexe concentrationnaire d’Auschwitz où il travailla dans des conditions extrêmement rudes à 300 mètres sous terre.

Zenek Moskowicz lors d'une sélection
Zenek Moskowicz à gauche (devant le soldat) lors d’une sélection. Photo Yad Vashem (Cliquer pour agrandir)

Équipés de lampes à acétylène, les prisonniers n’avaient pas la possibilité d’utiliser des allumettes ou des briquets et travaillaient constamment dans la pénombre. Zenek mis au point une technique permettant d’allumer les lampes à l’aide de fils électriques connectés sur une sonnette d’alarme. Accusé de sabotage et condamné à mort, le commandant du camp n’exécuta pas la sentence, ayant compris que Zenek voulait simplement modifier le système d’allumage de la lampe.
Zenek participa à la marche de la mort de janvier 1945. Son frère s’échappa du groupe qui fut la cible de tirs des soldats allemands. Zenek fut libéré avec l’avancée de l’armée rouge. Convaincu de la mort de son frère, il se rendit à Włocławek où aucun membre de sa famille ne réapparut. Il retrouva plus tard son frère en Bavière qui émigra par la suite aux Etats-Unis. Zenek émigra pour sa part en Palestine. Plus tard en Israël, il changea son nom de Zenek Moskowicz en Zenek Maor.
Il se rendit en Pologne en 1982, dans la mine où il avait travaillé durant la guerre et constata que les mineurs utilisaient toujours le même modèle de lampe. Il en ramena une pour la collection de Yad Vashem.
Zenek Maor mourut en 2009.

Zenek Maor en 2007
Zenek Maor à gauche sur la photo en 2007. Photo (www.senatspressestelle.bremen.de)

Porte du ghetto de la rue Leszno

Sur la photo montage au début de l’article, en arrière plan de l’image en noir et blanc, l’immeuble du 93 Żelazna/79 Leszno, en ruines mais encore debout à la fin de la guerre. A la droite sur la photo récente, l’immeuble 81 Leszno où une partie de ses habitants étaient juifs. Ces deux immeubles situés à cet endroit furent intégrés dans le grand ghetto pour la période allant de novembre 1940 à probablement avril 1941.

Immeuble Leszno 81
Immeuble Leszno 81 ( Source Referat Gabarytów, ville de Varsovie)

Liste des abonnés du téléphone du 81 Leszno pour la période 1938-1939:

Ajlenberg M. atelier de gravure,
Borenstein Ajzyk,
Kahane Sjoma,
Kasztelańska B.,
Korabielnik Stella et Michał,
Rotlewki J.,
Rozenblum Ruchla, épicerie fine,
Schor M., professeur de collège,
Szefner Boruch, journaliste,
Wolteger Henryk, avocat,
Ecoles publiques communales n°86 et 109.

Dans cet immeuble édifié au début du XXème siècle et qui appartenait à Herman Sieraczki se trouvaient également les bureaux de la fabrique de chapeaux « Eleganto« . Seule la façade est de cet immeuble survécut au temps.
L’immeuble, inhabité depuis plusieurs années, a été démoli en 2014.

Ci-dessous, la vue d’avant guerre de l’endroit où se trouvait la porte du ghetto et cette photo des enfants du ghetto:

Immeubles Leszno 79 et 81
Immeubles Leszno 79 à gauche et 81 à droite. La rue Żelazna est située à gauche. Voir la vue actuelle ( Source Referat Gabarytów, ville de Varsovie)

 

 

Des étangs à Umschlagplatz, une histoire

L’histoire d’un lieu disparu mais toujours présent

Le mémorial de Umschlagplatz
Le mémorial de Umschlagplatz
Dès le XVIème siècle, on recensait dans ce qui allait devenir la rue Stawki des moulins et une quinzaine d’étangs.
Les premières maisons d’habitation firent leur apparition vers 1770.
C’est vers la fin du XVIIIème siècle que la rue fut officiellement ouverte. Elle prit naturellement le nom de rue des étangs, ulica Stawki…
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Luba Blum-Bielicka

Enseigner et soigner à tout prix

Luba Blum-Bielicka à Otwock
Luba Blum-Bielicka à Otwock, à droite, en compagnie d’une jeune puéricultrice – Source Mark Shreberman – Yad Vashem (Cliquer pour agrandir)

Luba Blum-Bielicka est née en 1905 à Wilno (Vilnius) et est décédée en 1973. Elle était infirmière de métier, directrice d’école d’infirmières et activiste dans le monde social juif et membre du Bund.

Luba Blum-Bielicka et Abraham Blum
Luba Blum-Bielicka et Abraham Blum (Cliquer pour agrandir)

Née dans une famille nombreuse juive orthodoxe, elle se maria avec Abrasha (Abraham) Blum, également militant du Bund et insurgé durant le soulèvement du ghetto de Varsovie, qu’elle avait rencontré dès le collège.
Elle termina des études en école d’infirmières en 1925 à l’hôpital orthodoxe juif de Varsovie et devint assistante du directeur en 1939.

Elle s’occupait également des formations d’infirmières pour les sections ouvertes de Paris et Bruxelles.

Après le déclenchement de la guerre,  elle continua a exercer et pris la direction de l’école de formation.

Elèves infirmières durant la période du petit ghetto
Elèves infirmières durant la période du petit ghetto (Cliquer pour agrandir)

L’école déménagea dans le petit ghetto en novembre 1941 dans un bâtiment situé à l’angle des rues Mariańska et Pańska. L’établissement avait pris en charge la formation d’une soixantaine d’élèves infirmières. Les formations se tenaient bien évidemment dans des conditions difficiles durant cette période du ghetto. C’était le seul centre de formation qui avait été autorisé dans le ghetto par les allemands. Lors de la liquidation du petit ghetto durant les grandes déportations de l’été 1942, les élèves infirmières furent arrêtées et dirigées vers Umschlagplatz et de là envoyées vers le camp d’extermination de Treblinka.

Les enfants du couple Blum-Bielecka, Wiktoria et Aleksander, furent raflés à ce moment là avec le groupe d’élèves et également dirigés vers Umschlagplatz, cependant ils purent être exfiltrés et sauvés grâce à l’action d’infirmières polonaises.

Bâtiment de l'ancienne école d'infirmières durant la période du petit ghetto, aujourd'hui Centre médical public, rue Mariańska
Bâtiment de l’ancienne école d’infirmières durant la période du petit ghetto, aujourd’hui Centre médical public, rue Mariańska Emplacement actuel (Cliquer pour agrandir)

L’école fut de nouveau déplacée au 33 de la rue Gęsia dans le grand ghetto et son activité s’arrêta brutalement en 1943. Lors de la liquidation, les patients furent tués ainsi que des nouveaux-nés et une partie du personnel. Luba et ses enfants survécurent en se cachant dans la cave de l’hôpital.
C’est durant l’insurrection du ghetto que Luba passa du côté aryen avec sa fille. Son fils était quant à lui caché dans une famille polonaise. Abraham, son mari, combattit activement durant l’insurrection du ghetto au sein de l’organisation juive de combat dont il était l’un des leaders. Il passa du côté aryen avant la fin de l’insurrection où il se cacha, mais il fut arrêté puis tué par la Gestapo.

L'immeuble de l'ancienne école d'infirmière du petit ghetto, dans les années 60
L’immeuble de l’ancienne école d’infirmière du petit ghetto, dans les années 60 et l’immeuble Lejb Osnos en retrait sur la droite. (Cliquer pour agrandir)

Après la guerre, Luba s’occupa d’un orphelinat de 130 enfants à Otwock non loin de Varsovie et devint en 1949 directrice de la nouvelle école d’infirmières n°3 de Varsovie.

Plus tard, elle émigra aux Etats-Unis et travailla à l’hôpital de New-York.
Elle mourut en 1973 et fut inhumée dans le cimetière juif de Varsovie.

Plaque commémorative sur la façade de l'ancienne école du petit ghetto
Plaque commémorative sur la façade de l’ancienne école du petit ghetto (Cliquer pour agrandir)

Luba Blum-Bielicka a été décorée de la médaille Florence Nightingale qui est une haute distinction décernée par la Croix Rouge internationale.
Alina Margolis a été l’une des étudiantes infirmières durant la période de l’école dans le petit ghetto, elle est devenue plus tard la femme de Marek Edelman.

Petite histoire de tramways

Un tramway ancien, comme témoin du passé

Deux rames de tramway utilisées lors du tournage du film « Le Pianiste » de Roman Polański.
La particularité est que l’une des deux, la numéro 43 (au bas de l’article), a traversé le ghetto de Varsovie en octobre 1941 avec un macaron à l’étoile de David installé au dessus de la cabine du chauffeur.

Film le pianiste, reconstitution de la passerelle du ghetto
Film le pianiste, reconstitution de la passerelle du ghetto – Photo Jacek Kaczmarek (Cliquer pour agrandir)

Tramway N° 257 Type C – Fabricant : Lilpop, Rau et Loewenstein, Varsovie – Equipements électriques : Siemens Schuckert
Longueur avec les tampons : 9,70 mètres
Largeur maximale : 2,20 mètres
Hauteur maximale : 3,425 mètres
Poids : 11,5 tonnes
Places assise/debout : 24-26/39
Date de fabrication : 1925
A circulé jusqu’en janvier 1973 et a été restaurée dans les années 90.

Un tramway témion du ghetto de Varsovie
Un tramway témion du ghetto de Varsovie (Cliquer pour agrandir)

Tramway N° 43 Type A – Fabricant : Falkenried, Hamburg – Equipements électriques : Siemens Schuckert à Hamburg
Longueur avec les tampons : 9,70 mètres
Largeur maximale : 2,20 mètres
Hauteur maximale : 3,425 mètres
Poids : 11,5 tonnes
Places assise/debout : 24-26/39
Date de fabrication : 1907
Restaurée en 1996.

Comme quelques autres rames de tramways anciennes, elles sont inscrites au registre des monuments.

Vestiges dans la rue Zielna

Quand l’histoire refait surface

La rue Zielna est une rue perpendiculaire à la rue Próżna, l’ancienne rue juive en partie restaurée et aujourd’hui parcours incontournable des visites guidées. Sur les 52 immeubles qui s’élevaient dans la rue Zielna avant la guerre, il n’en reste plus que 3 visibles aujourd’hui.
Le numéro 33, qui a sombré dans l’oubli depuis bien longtemps, refait surface avec les travaux d’aménagement qui ont mis au jour une partie de ses caves. Comme toujours, à Varsovie, quand on gratte un peu le sol, un bout d’histoire refait surface. En 1945, de cet immeuble de 2 étages,il ne restait plus que quelques murs.

Vestiges d'avant guerre au 33 de la rue Zielna à Varsovie
Vestiges d’avant guerre au 33 de la rue Zielna à Varsovie (Cliquer pour agrandir)

Une de ses particularités ? son arrière-cour donnait directement sur l’ancien bazar juif (Pociejów) de la rue Bagno, un réseau d’arrière-cours situé de part et d’autre de la rue Bagno aujourd’hui disparues et où des juifs s’étaient établi au XIXème siècle et commerçaient ferrailles, chiffons et rebuts en tous genres.
Après le bouclage du ghetto en novembre 1940, cet immeuble se retrouva positionné juste à la limite est du petit ghetto, un mur devait très certainement couper son arrière-cour en deux comme toutes les autres arrière-cours de la rue Zielna, laissant ses immeubles du côté aryen.

A la lecture de l’annuaire des abonnés du téléphone pour la période 1937-1938, il semble qu’une partie de ses habitants étaient juifs.
Cukierowie S. et J. Médecin dentiste et ingénieur,
Imprimerie « Warszawska »,
Goldstern M. N.,
Kalinowkier Izaak,
Kuczbard Róża, atelier de réparation de radios,
Rajs Frajda, brasserie,
Trefler N.,
Tysler Aron Chaim.

Topologie du côté de la rue Zielna à Varsovie
Topologie du côté de la rue Zielna à Varsovie – Source mapa.um.warszawa.pl (Cliquer pour agrandir)

En vert l’ancien bazar juif Pociejów, en rouge les murs du ghetto qui ferment les rues.