Découverte d’un panneau du ghetto de Legionowo

Une valeur historique unique

En décembre 2016, un panneau d’information en bois, datant de la seconde guerre mondiale, a été proposé à la vente par un particulier, sur un site de vente aux enchères sur internet. Ce panneau, retrouvé dans le grenier d’une maison lors de travaux, sur la commune de Legionowo (aujourd’hui un quartier situé au nord de Varsovie, rive droite), avait été mis à prix pour la somme de 10 000 złoty, soit un peu moins de 2500 euros, et le prix s’est envolé peu de temps après à 50 000 złoty, soit plus de 11 500 euros.

Le panneau du ghetto de Legionowo
Le panneau du ghetto de Legionowo (Cliquer pour agrandir) – Photo Musée Historique de Legionowo

Ce panneau, d’une valeur historique unique, est écrit en allemand, et avait été installé aux abords du ghetto de Legionowo qui avait été établi dès le 15 novembre 1940 par l’occupant et qui fut liquidé en octobre 1942, le jour de la fête de Sim’hat Torah. Les juifs de Legionowo furent alors dirigés vers la ville de Radzymin et de là vers le camp d’extermination de Treblinka.

Le panneau du ghetto de Legionowo durant la guerre
Le panneau du ghetto de Legionowo durant la guerre (Cliquer pour agrandir) – Photo Collection privée
Cette mise en vente intéressait le Musée Historique de Legionowo mais également l’Institut Historique Juif de Varsovie qui ne voulait cependant pas entrer dans ce genre de transaction.
En janvier 2017, la police a été alertée, et après avoir pris connaissance de la position de l’Union des Communautés Juives de Pologne, le panneau a été retiré de la vente et déposé au musée de Legionowo dans l’attente d’une décision.
Selon le code civil, toute découverte par un particulier d’un objet possédant une valeur scientifique ou historique importante doit être remise aux autorités compétentes de l’Etat qui en devient propriétaire tandis que la personne à l’origine de la découverte doit être rétribuée.
Le musée de Legionowo attend donc la décision permettant d’intégrer le panneau du ghetto à leur collection.

Sur ce panneau sont notées les mentions Quartier juif et Entrée strictement interdite aux allemands et aux polonais.

Source de l’article : Virtual Shtetl – Krzysztof Bielawski

La procession de Jasionówka

Une image irréelle…

…aperçue lors de recherches sur les juifs de Jasionówka.
Jasionówka (nom yiddish Yashinovka) en région de Podlachie (nord-est)

Le 28 juin 1941, les allemands entrèrent à Jasionówka qui était auparavant occupée par les russes. Ils rassemblèrent les juifs sur la place de l’église de la Sainte Trinité et mirent le feu à de nombreuses maisons juives.
La photo ci-dessous présente une procession qui passe sur la place à côté des juifs. Un prêtre marche en tête en portant une croix tandis qu’une douzaine de fidèles suivent derrière. Au fond, on distingue sur la droite un véhicule à l’arrêt, certainement allemand, et des polonais le long des maisons en bois. Les juifs regardent passer la procession, une femme juive qui s’est certainement approchée de la procession revient vers la foule. Les soldats allemands observent la scène. La source de la photo indique qu’une mitrailleuse est pointée vers les juifs. Sur d’autres photos prises sur la droite de la place, on distingue de nombreux soldats allemands, des side-cars et des camions. La fumée de l’incendie des maisons juives est visible sur la photo.

La procession de Jasionówka
La procession de Jasionówka (cliquer pour agrandir) © Deutsches Historisches Museum/Gerhard Gronefeld

Durant ces tragiques événements, le curé de la paroisse, Cyprian Łozowski, intercéda auprès des autorités allemandes pour qu’aucun mal ne soit fait à l’encontre des juifs. Un officier allemand lui répondit qu’aucun innocent ne serait tué à la condition qu’il n’y ait pas de communiste. Il s’éleva également fermement avec l’aide de polonais contre les exactions perpétrés par des voyous polonais qui déclenchèrent un pogrom à l’encontre des juifs pendant ces premiers jours d’occupation durant lequel il y eut 74 morts. Auparavant, après le départ des russes, il avait exhorté les paroissiens à empêcher et à battre les polonais qui venaient piller les maisons juives.
Fin janvier 1943, tous les juifs de Jasionówka furent déportés.

Le diaporama ci-dessous présente des photos prises par le photographe Gerhard Gronefeld pour le compte du journal Signal. Gronefeld suivit la Wehrmacht durant la campagne de Russie. Sur quelques photos, on distingue la fumée de l’incendie des maisons juives.

Découvrir l’histoire et le cimetière des juifs de Jasionówka.

Ghetto de Varsovie: Chronologie d’un enfermement

Histoire de la création du ghetto

En Europe centrale et en Europe de l’est, on a recensé plus de 1000 ghettos qui ont été établis pas les nazis entre 1939 et 1941, depuis les pays Baltes jusqu’en Crimée. La Pologne à elle seule en dénombrait plus de 300. Parmi les plus emblématiques, celui de Cracovie, celui de Łódź (Litzmannstadt) le second par la taille et celui de Varsovie, ce dernier enfermant la plus grande population juive.
Destinés à rassembler et concentrer les juifs, ils devinrent les antichambres des camps.
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Ghetto de Varsovie - Zone d'épidémie de typhus
Ghetto de Varsovie – Zone d’épidémie de typhus

La disparition de Stella

Stella Müller-Madej, une rescapée de la liste de Schindler est décédée

Pour beaucoup d’entre-vous, ce nom ne dit certainement pas grand chose, pourtant Stella représente à elle seule toute l’histoire des juifs de Cracovie durant la guerre.
Après s’être retrouvée enfermée à 11 ans dans le ghetto de Cracovie avec sa famille, elle fut transférée vers le camp de travail de Płaszów * (puis camp de concentration) dans la périphérie sud de Cracovie, puis dans l’usine de Oskar Schindler à Brunnlitz en Moravie. Elle faisait partie de la liste des 1000 juifs sauvés par Schindler. Après un séjour aux États-Unis dans les années 1950, elle retourna à Cracovie où elle passa le reste de sa vie.
Elle a retracé toute son expérience de la guerre à travers un livre saisissant, unique témoignage d’un rescapé de la liste de Schindler, Le livre de Stella, paru aux éditions Arte / Editions du Félin en 1997.

Stella Müller-Madej - © Gazeta Krakowska
Stella Müller-Madej - © Gazeta Krakowska
Avec Stella Müller-Madej, c’est l’un des derniers témoins du destin des juifs de Cracovie qui disparait.
(*) Le camp de Płaszów est utilisé comme cadre du film La liste de Schindler et avait été reconstitué dans l’une des anciennes carrières du camp.

Les derniers vestiges du mur du ghetto de Varsovie

Les dernières sections du mur du ghetto

Le mémorial de la rue Sienna a été érigé sur la façade est de l’un des deux fragments de mur du ghetto aujourd’hui existant.
Ces 2 sections de quelques mètres de long sont les derniers vestiges du mur qui enserrait le ghetto de Varsovie (une autre section est visible du côté du cimetière juif et dans la rue Waliców).

On doit aujourd’hui la sauvegarde de ces fragments du mur grâce à l’intervention énergique d’un polonais, Mieczyslaw Jędruszczak qui habitait dès les années 1950 au 55 de la rue Sienna et qui intervint lors du démantèlement d’une partie du mur durant des travaux au milieu des années 1970.
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Le ghetto de Cracovie

Kraków (Nom allemand: Krakau) (Nom yiddish: Kroke)
Małopolskie – (Voïvodie de Petite Pologne)
Longtemps capitale des rois de Pologne, Cracovie a été un grand centre culturel et universitaire avec notamment la fondation de la plus ancienne université européenne après celle de Prague, l’université Jagellon, créée en 1364 par le roi Casimir…
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Un lieu chargé de souffrance où la tragédie se lit au coin de chaque rue.

Le ghetto de Częstochowa

Częstochowa (Nom allemand: Tschenstochau)
Śląskie – (Voïvodie de Silésie)
Les allemands entrèrent dans Częstochowa en 1939, 3 jours après le début de la guerre et plus de 300 juifs furent tués durant ces premiers jours.
Un Judenrat fut mis en place. Plus de 1000 travailleurs juifs furent envoyés dans les camps de travail…
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Des trottoirs, des rues, un quartier dont on ne soupçonne même pas les tragédies qui s’y sont passées.