Présentation du camp de travail de Bobrek

Matricule 78651. Simone Jacob, une déportée anonyme à Bobrek

Site de l'ancien camp de travail de Bobrek. Au second plan, la halle principale d'origine de l'usine
Site de l’ancien camp de travail de Bobrek. Au second plan, la halle principale d’origine de l’usine (Cliquer pour agrandir) – Photo www.shabbat-goy.com
Le camp de travail de Bobrek était rattaché au camp d’Auschwitz III Monowitz. Il fonctionna jusqu’à l’évacuation des prisonniers en janvier 1945, lors de la marche de la mort. Il était commandé par le SS-Scharführer Hermann Buch. Il était situé à environ 5 kilomètres au nord des camps de Auschwitz I et de Auschwitz II (Birkenau), à proximité du village de Bobrek.
La halle de l'ancien camp de travail en 1966
La halle de l’ancien camp de travail en 1966 (Cliquer pour agrandir)
Ce camp de travail avait été établi dans une usine de fertilisants agricoles qui appartenait avant la guerre à Anna Kuppermann et Rywka Jakubowicz. C’est après les bombardements sur Berlin de l’automne 1943 que la compagnie Siemens déplaça son usine électrique en Pologne à Bobrek, à proximité du camp d’Auschwitz, avec ses contremaîtres allemands et leur famille de l’usine Siemens-Schuckertwerke GmbH. En novembre 1943, l’ingénieur Kurt Bundzus arriva à l’usine et se rendit au camp de Birkenau où il sélectionna 120 ouvriers spécialisés dans la métallurgie et des manœuvres.
En janvier 1944, 213 prisonniers et 38 prisonnières travaillaient dans cette usine. Jusqu’à cette date, les ouvriers-prisonniers logeaient au camp de Birkenau et étaient envoyés à pied à l’usine le matin et renvoyés vers le camp le soir. D’autres prisonniers furent employés par la suite pour construire une cuisine, des toilettes, des douches et un bâtiments pour les gardiens SS, ainsi qu’une clôture barbelée et quelques autres installations. Dès le mois d’avril 1944, les prisonniers restèrent confinés au sein de l’usine. Ils travaillaient dans une grande halle où se trouvaient les ateliers et les machines-outils et logeaient dans un bâtiment extérieur dans l’enceinte du camp de travail. Comme il s’agissait d’ouvriers spécialisés, difficiles à remplacer, ils n’étaient pas battus ou maltraités.

Simone Jacob
Simone Jacob – Photo Centre de Documentation Juive de la Shoah. Mémorial de la Shoah.
Simone Jacob, qui devint Simone Veil en 1946 après son mariage avec Antoine Veil, fut déportée avec sa mère et sa sœur au camp de Birkenau en mai 1944 puis assignée dès juillet 1944 au camp de travail de Bobrek.
Le travail des femmes consistait au départ en des travaux de terrassement, de transport de briques et de ciment. Elles commencèrent à travailler dans l’usine même dès décembre 1944. Quoique difficiles, les conditions de vie étaient légèrement meilleures qu’au camp de Birkenau. La garde était assurée par une vingtaine de SS dirigés par le SS-Unterscharführer Anton Lukoschek. La garde des SS était plutôt assouplie, ces derniers s’en remettant à l’encadrement des contremaîtres allemands dans la halle principale de l’usine. Les femmes logeaient aux dessus de la grande halle.

Devant l’avancée de l’Armée Rouge en janvier 1945, le camp de Bobrek fut évacué. Simone Veil, sa soeur, sa mère et les autres prisonniers rejoignirent à pied le camp de Monowitz, et de là le sous-camp de Gleiwitz II (Gliwice) distant de 65 km, puis continuèrent vers le camp de Blechhammer puis plus tard vers l’Allemagne par convois sur rail. 88 prisonniers sur 120 survécurent à cette marche de la mort.


L’ancien site du camp de travail de Bobrek abrite aujourd’hui une entreprise de recyclage de métaux non-ferreux.
Une plaque à l’entrée de la société rappelle le passé de ce site.

Vidéo : Témoignage – Simone Veil, déportée à Birkenau, Bobrek et Bergen-Belsen (2h51)
Simone Veil sur Wikipedia.