Présentation du camp de travail de Jawischowitz

Jawiszowice (Nom allemand: Jawischowitz)  
Małopolskie – (Voïvodie de Petite Pologne) 
Adresse: ul. Dworcowa 
 Latitude: 49°58’23.02″N – Longitude: 19° 8’13.52″E

Le mémorial du camp de travail de Jawischowitz (Jawoszowice)
Le mémorial du camp de travail de Jawischowitz (Jawoszowice) Cliquer pour agrandir – Photo www.shabbat-goy.com


Histoire:

Le camp de la mine

Le camp a été établi dans la ville de Jawiszowice à la mi-août 1942. Les prisonniers étaient utilisés comme main d’oeuvre pour l’exploitation du charbon dans 2 puits de mine, le premier situé dans la ville et le second dans la ville voisine de Brzeszcze.
Le premier contingent de déportés était constitué de 150 juifs français, c’était les premiers prisonniers du système concentrationnaire à travailler sous terre. La mine appartenait à Hermann Göring et les prisonniers travaillaient pour le compte de la Reichswerke AG für Bergund Huttenbetriebe qui était plus communément appelée Hermann Göring Werke – HGW. On recensa ensuite principalement des prisonniers juifs en provenance de France, de Pologne, d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Italie et de Hongrie. Il se trouvait également des prisonniers originaires de Pologne, d’URSS et d’Allemagne.
On dénombra en moyenne 2500 prisonniers dans le camp, encadrés par 70 SS et soldats de la Wehrmacht et commandés par le SS-Unterscharführer Wilhelm Kowol. En juin 1944, on dénombrait 3000 prisonniers.
Kowol prit le commandement du camp en août 1942. Il était très souvent sous l’emprise de la boisson et n’hésitait pas à abattre des prisonniers lorsqu’il était ivre. Il participait à certaines sélections lorsque des prisonniers épuisés physiquement à la tâche étaient renvoyés à Birkenau pour y être gazé. Il fut démit de ses fonctions en août 1944 à cause de ses négligences, de son comportement, notamment avec les femmes, de son ivresse chronique. Il fut remplacé par le SS-Hauptscharführer Josef Remmele qui dirigea le camp jusqu’à son évacuation.
Les prisonniers travaillaient dans des galeries profondes et des boyaux étroits à extraire le charbon et à le convoyer sur des wagons dans la mine. Un quota d’extraction était exigé. Des enfants et des adolescents étaient employés pour trier le charbon en sortie des convoyeurs. L’ensemble des détenus travaillent 12 heures par jour. 2 équipes se relayaient pour travailler en continu. Des mineurs polonais et des contremaîtres allemands supervisaient le travail des déportés.
L’administration de la mine était supervisée par Otto Heine qui était beaucoup plus conciliant que les SS avec les prisonniers mineurs de fond. Ces derniers effectuaient un travail exténuant et difficile de par les conditions exigées. Certains prisonniers furent également employés à la construction d’une centrale électrique à Brzeszcze. Les témoignages rapportèrent que presque tous les mineurs polonais et les contremaîtres allemands employés à l’encadrement des prisonniers dans le puits et les galeries firent de leur mieux pour faciliter le travail des déportés, parfois au risque de leur vie. Chaque prisonnier polonais avait un prisonnier juif comme assistant. Après la guerre, plusieurs juifs mentionnèrent que des mineurs polonais ramenaient des sandwiches et de la nourriture qu’ils mangeaient ensemble. Lorsque les quotas d’extraction n’étaient pas atteints, les allemands mettaient la pression sur les mineurs polonais et les relations avec les déportés s’en trouvaient très affectées. Les accidents et les décès étaient monnaie courante et souvent des déportés remontaient du puits avec des dépouilles de camarades d’infortune sur le dos. La nourriture du camp était faible en calorie et l’approvisionnement toujours le même, de fait que lorsque la population de prisonniers augmenta, il fallu rationner les doses. Les prisonniers étaient 200 dans des baraques prévues pour 54. Ils disposaient de 2 tenues. Une infirmerie – Krankenbau, se trouvait dans le camp et on y soignait tant bien que mal les blessures et les nombreuses maladies. Une fois par mois, des docteurs SS dont le docteur Horst Fisher venaient effectuer une sélection à l’infirmerie du camp où pouvaient se trouver une centaine de malades et blessés. Kowol participait souvent à cette sélection. 1800 prisonniers furent renvoyés au camp principal (Auschwitz) durant la période allant de octobre 1942 à décembre 1944. De nouveaux contingents de prisonniers étaient alors envoyés pour remplacer les précédents. La mortalité était élevée. Le camp de Jawischowitz était connu de réputation du camp principal d’Auschwitz, et y être envoyé n’était pas bon signe. Des prisonniers se suicidèrent en se jetant sur les barbelés électrifiés autour du camp.
Une unité de résistance vit le jour au camp de Jawischowitz, menée par des prisonniers autrichiens, allemands, français, polonais et russes dont quelques juifs et quelques kapos. Ils établirent des contacts avec les mouvements de résistance à Auschwitz et le mouvement de résistance extérieur dans le secteur comme l’AK (Armia Krajowa, Armée de l’intérieur – résistance polonaise, via les mineurs polonais), le parti communiste, le parti socialiste polonais. Il perpétrèrent des sabotages dans la mine, aidèrent les plus jeunes et les malades en faisant rentrer dans le camp de la nourriture et des médicaments, et ils organisèrent des tentatives d’évasion. Quelques prisonniers purent ainsi s’échapper, ceux qui furent rattrapé furent exécutés.
Le 18 janvier 1845, devant l’avancée de l’Armée rouge, les SS brûlèrent tous les documents et les archives du camp en prévision de l’évacuation. Les prisonniers furent rassemblés à 15 heures, on leur donna une ration, ils s’équipèrent d’une couverture mais par la suite, lors de la marche de la mort, comme la neige tombait et les alourdissait, la plupart des prisonniers s’en séparèrent le long de la route. Le 19 janvier, les prisonniers de Jawischowitz se joignirent à la colonne des prisonniers d’Auschwitz-Birkenau pour la marche de la mort. Une centaine de prisonniers malades furent laissé au camp avec 2 docteurs mais sans la moindre nourriture et médicament. La plupart d’entre-eux moururent avant l’arrivée des russes. 1948 (ou 1998 selon une autre source) prisonniers de Jawischowitz s’élancèrent dans cette marche. Durant la marche, les plus faibles étaient rassemblés chaque matin, sur la route, et exécutés. Ceux qui résistèrent à cette marche arrivèrent à Wodzisław Śląski (Loslau) après un trajet de 55 kilomètres en plein hiver. Ils furent dirigés ensuite vers l’Allemagne, en train, vers les camps de Mauthausen et de Buchenwald.
Le camp fut libéré le 29 janvier 1945 et les survivants furent pris en charge par la croix rouge polonaise.

Année de la visite: 2017
Remarques:
Le site de l’ancien camp est un parc aujourd’hui.
Un mémorial a été érigé en 1983 pour honorer les victimes du camp. Un peu plus loin de ce monument se trouvent deux statues de mineurs. Elles ont été réalisées par un prisonnier du camp, Jacques Markiel, en 1944, à la demande du commandant du camp. Juif polonais natif de Łódź, Jacques Markiel fut déporté depuis Drancy. Il fut exempté de travail harassant et il réalisa des objets sculptés pour des officiers allemands. Il en réalisa également pour ses camarades prisonniers, certaines furent données à des habitants de Brzeszcze et de Jawiszowice en remerciement de leur aide. Il retourna en France après la guerre.
Une baraque du camp, douches, a été restaurée et est visible aujourd’hui ainsi qu’un lampadaire en béton.



Vue du site de l'ancien camp de travail de Jawischowitz (Jawiszowice)
Vue du site de l’ancien camp de travail de Jawischowitz (Jawiszowice) Cliquer pour agrandir – Photo www.shabbat-goy.com

Visiter le site Web de la ville de Jawiszowice