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Menachem Kipnis, mémoire du folklore yiddish

Le parcours d’un chanteur et spécialiste émérite de la musique juive

Menachem Kipnis (1878-1942), essayiste, auteur de chansons en langue yiddish et spécialiste de la tradition musicale juive, satiriste et photographe, est né à Uszomierz dans la région de Volhynie (nord-ouest de l’Ukraine actuelle) d’une famille de rabbins et de hazzan hassidiques.

Menachem Kipnis
Menachem Kipnis

Devenu orphelin dès l’âge de 8 ans, il fut élevé par son grand-frère qui était chantre, comme leur père, à la synagogue de Czernobyl (Tchernobyl, Ukraine). Celui-ci lui transmit une formation musicale de yiddish. Jusqu’à 14 ans, Menachem accompagna son frère dans le chœur du Beth Midrash de Tchernobyl puis se produisit comme ténor dès l’âge de 16 ans après la mue de sa voix dans de nombreux chœurs de la région notamment celui de la synagogue de Jitomir; il commença également à étudier sérieusement la musique. Il se rendit à Novohrad-Volynskyï (Volhynie) ou il chanta en tant que soliste dans le chœur du chantre Berl Mulier, également dans le choeur de Berdytchiv (Oblast de Jitomir) avec le chantre Nissen Belzer et également dans le choeur de Zejdl Rowner avec qui il se produisit en Lituanie, en Podolie, en région de Volhynie et en Pologne où ils chantèrent lors des offices de shabbat et durant des concerts. C’est pendant cette période qu’il étudia l’hébreu et la Haskala à l’école de musique de Abraham Ber Birnbaum à Częstochowa.
En 1901, il s’établit à Varsovie où il s’inscrivit au conservatoire et étudia en privé avec le compositeur Matisyahu Bensmail. Il remporta le concours de l’Opéra national / Grand théâtre de Varsovie et intégra le chœur en tant que premier ténor; il fut le premier juif à intégrer l’Opéra de Varsovie, en 1902. Il y officia durant 16 années.
C’est à partir de ce moment là qu’il commença à étudier les racines de la musique juive et les chansons du folklore populaire juif. Il publia son premier article dans le journal hébreu Ha-Melitz de Saint-Pétersbourg puis dans le journal Ha-Tsofe du théâtre juif de Varsovie. Parallèlement, il publia aussi des histoires humoristiques dans des journaux en hébreu et yiddish comme Hamelic, Der Szrtral.
Il a été l’un des précurseurs à allier la tradition de la musique juive avec d’autres cultures étrangères, comme le yiddish et l’ukrainien. Il a concrétisé ce travail de vingt années de recherche à travers 2 recueils édités par la maison d’édition A.Gitlin en 1918 (60 chansons du folklore yiddish – Zechcik folks-lider) et en 1925 (80 chansons du folklore yiddish – Achcik folks-lider), il a également écrit d’autres ouvrages sur le folklore yiddish en Pologne, sur les musiciens, les chanteurs et les chantres renommés. Plus tard il édita un recueil de 140 chansons populaires juives dont plusieurs furent publiées dans la revue Hajnt (« Aujourd’hui »).

Il se maria avec Zimra Zeligfeld qu’il emmena durant des tournées, notamment en France et en Allemagne durant la première guerre mondiale. Zimra Zeligfeld était une interprète et chanteuse yiddish. Le couple se produisit en duo et obtint un grand succès. De son côté, Kipnis développa une expertise reconnue dans tout le pays à tel point qu’on venait le voir pour lui demander conseil et l’écouter. Il acquit une solide réputation de meilleur interprète de chansons yiddish.
C’était aussi une des figures des cercles culturels juifs de Varsovie. Il était un membre actif de l’union littéraire yiddish qui se réunissait au 13 de la rue Tłomackie, en face de la grande synagogue de Varsovie et qui abritait également l’association des écrivains et journalistes juifs. Il fut un membre du chœur de la grande synagogue de Varsovie durant une dizaine d’années. Il écrivit plusieurs livres et essais sur le thème de la musique juive et yiddish. Dans un autre registre, il publia en 1930 Histoires de Chełm – Di Chelemer majses, un livre à succès qui relatait des récits de la population locale, dans la région de Lublin, connue à travers toute la Pologne pour les moqueries et satires qu’elle inspirait. Dès cette même année, il organisa des événements musicaux. Avec la montée de l’antisémitisme au milieu des années 30 et l’exclusion des musiciens juifs, il mit en place un orchestre symphonique juif.

Sa seconde passion pour laquelle il est plus connu du public aujourd’hui était la photographie. Il collabora pour le journal américain Fortwerts. De son travail, il nous reste une superbe collection de photographies de la vie juive prises dans des villes et des villages d’Europe centrale de l’entre-deux guerres, et qui fut envoyée aux Etats-Unis avant la guerre. Elle est aujourd’hui conservée au YIVO Institute de New York. Si Kipnis n’avait pas travaillé pour le journal Fortwerts, aucune de ses photos ne nous seraient parvenue jusqu’à aujourd’hui.

Kipnis, le témoignage par l’image


Menachem Kipnis ne chercha pas à fuir Varsovie à l’entrée en guerre. Il se retrouva enfermé avec sa femme dans le ghetto et participa activement à la vie culturelle et à porter son aide aux écrivains et musiciens juifs grâce à des fonds du Joint.
Menachem Kipnis mourut dans le ghetto de Varsovie probablement le 15 mai 1942, suite à un accident vasculaire cérébral. Il fut enterré au cimetière juif de la rue Okopowa. Sa femme Zimra refusa que toutes ses archives sur le folklore et la musique juives, ses notes et documents, ses manuscrits, son appareil photo, sa collection de photographies soient transférées vers les futures archives du ghetto mises en place par Emanuel Ringelblum. Elle fut peu de temps après raflée et assassinée au camp d’extermination de Treblinka lors de la première grande action de déportation de l’été 1942. Toutes les archives furent détruites et perdues par la suite, seuls ne subsistent que ses publications d’avant guerre et ses reproductions de photos qui avaient été envoyées aux Etats-Unis durant l’entre-deux guerres.

Menachem Kipnis - 14 Waliców street
Menachem Kipnis – 14 Waliców street (cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

Durant l’entre-deux guerres, Menachem Kipnis habitat le fameux immeuble du 14 de la rue Waliców qui avait été édifié durant le XIXème siècle dans le quartier de Mirów, on ne sait pas précisément quand. Il s’agit de cet immeuble décrépi (à gauche sur la photo) aujourd’hui insalubre et passage incontournable des circuits de visite touristique sur le thème de la Varsovie juive.
La façade a été détruite durant la guerre et ce sont les élévations de l’arrière-cours qui sont aujourd’hui visibles. De novembre 1940 jusqu’en août 1942 (période des grandes déportations), cet immeuble a été enserré dans le petit ghetto. A l’extrême droite de la photo est visible le mur d’une ancienne fabrique qui délimitait la zone ouest du ghetto à cet endroit. Le mur du ghetto coupait la rue en deux depuis l’extrémité de ce mur jusqu’au bout de la rue. Le poète Władysław Szlengel habitat également cet immeuble durant la guerre.

Histoires de Chełm – Khelemer Mayses, 1930 Menachem Kipnis (lang. Yiddish).

Twarda 28, l’immeuble Lejb Osnos

Avant la guerre, la rue Twarda était une rue animée et habitée par beaucoup de juifs. La rue s’élance de la place Grzybowski vers le sud-ouest du côté de l’avenue Jerozolimskie, autrefois, elle comportait environ 80 immeubles. Aujourd’hui il n’en reste plus que trois de cette époque, les numéros 62, 49 (récemment restauré) et l’immeuble numéro 28 Lejb Osnos, du nom de son propriétaire durant l’entre-deux guerres.

L'immeuble Lejb Osnos de la rue Twarda à Varsovie
L’immeuble Lejb Osnos de la rue Twarda à Varsovie (Cliquer pour agrandir)

Cet immeuble, à l’origine de style moderne, a été édifié vers 1910 et la plupart de ses habitants étaient juifs. Le rez de chaussée comportaient de nombreux magasins. Etaient recensés une station essence POL-Benz, une épicerie, le magasin de laitage Merder, la charcuterie Lapmann, la parfumerie Lustman, le salon de coiffure Geller, l’entrepôt de vins Fetman.
Encore habité plusieurs années en arrière, le bâtiment est aujourd’hui vidé de ses habitants et mis en vente. Sa position idéale en centre-ville au pied de la nouvelle seconde ligne de métro du rond-point ONZ en fait une cible de choix pour les promoteurs qui s’activent dans les alentours.
Enregistré depuis sur la liste des monuments, l’immeuble devrait être en partie préservé puisque les élévations extérieures doivent être conservées.
La rue Twarda fut insérée en partie dans le petit ghetto dont l’immeuble Lejb Osnos.
Nota: sur de très nombreux sites web, il est noté le nom Osmos, mais le nom correct est Lejb Osnos.

Liste des abonnés du téléphone de l’immeuble Twarda 28 (période 1938-1939):
Altman Maksymilian, ingénieur
Aneksztejn Bernard
Awerbuch Gabriel
Bragilewski J.
Braun Tunia
Fetman Szaja, négociant en vins et vodkas
Finkelstein M.
Frosz M., patisserie
Geller Aron, coiffeur
Grynbaum Jakub
Janowski Ilja, médecin
Klossekowa Wanda
Kunowska Regina, dentiste
Langman B.
« Lepe », Lejman F. et Petszaft S.
Midler Lejb Uszer
Minchenberg Herman
Osnos Lejb

Papelbaum Ludwik
« Przegląd Garnarsko-Techniczny »
Rajchenbach Włodziemierz, avocat
Rzechte Izaak M.
Spriter Dawid
Welt Szymon
Wilderbaum Jakub
Zarch R. M.

L'immeuble Lejb Osnos de la rue Twarda à Varsovie
L’immeuble Lejb Osnos de la rue Twarda à Varsovie (Cliquer pour agrandir)

Place Żelazna Brama à Varsovie

Vue de l’ancienne place Żelazna Brama (Porte de fer) en 1902.

La place Żelazna Brama en 1902
La place Żelazna Brama en 1902 (Cliquer pour agrandir)

Ce secteur a été complètement bouleversé et reconstruit après la guerre, il était situé au bout du jardin de Saxe, et les rues avoisinantes étaient surtout habitées par des juifs.
Le quartier fut fortement endommagé par les bombardements allemands de septembre 1939. La magnifique halle marchande Gościnny Dwór, où se trouvaient de nombreuses boutiques juives, et dont on aperçoit juste un bout de trottoir sur la droite, fut pulvérisée par les bombes.
Au premier plan, plusieurs juifs, à droite la maison du 12 de la rue Skorzana, rue aujourd’hui disparue. Sur la gauche des maisons situées rue Żabia, une rue également disparue, et derrière, les arbres du jardin de Saxe (Ogród Saski).
Il s’agissait donc d’une zone très commerçante où s’affairaient juifs et polonais le long des étals et des boutiques des halles Mirowski, du bazar Janasza, de la halle Gościnny Dwór et des étals du palais Lubomirski.
A cet endroit se dresse toujours la place Żelazna Brama où s’élève en son centre le monument dédié au patriote Tadeusz Kościuszko. La photo actuelle a été prise juste devant l’entrée du palais Lubomirski.

La place Żelazna Brama
La place Żelazna Brama d’après un tableau de Canaletto (Cliquer pour agrandir)

Vue de la place Żelazna Brama et du monument de la porte de fer au XVIIIème siècle d’après un tableau de Bernardo Bellotto dit Canaletto, et où on retrouve la maison (blanche à droite) encore présente au début du XXème siècle. A gauche le palais Lubomirski avec son architecture originale.

Le palais a été pivoté de 74° en 1970.

Vue aérienne datant de 1935 de la place Żelazna Brama
Vue aérienne datant de 1935 de la place Żelazna Brama (Cliquer pour agrandir)

Vue aérienne du secteur de la place de la Porte de fer en 1935. En jaune la direction de la prise de vue de la photo 1/3. En rouge la maison de la rue Skorzana, en vert les bâtiments aujourd’hui visibles.

 

Visite de l’ancienne synagogue de Piotrków Trybunalski

La synagogue devenue bibliothèque municipale

La grande synagogue a été édifiée entre 1791 et 1793 probablement sous la houlette du célèbre architecte David Friedlander. Restaurée durant la seconde moitié du XIXème siècle dans un style oriental mauresque elle fut dévastée durant la guerre puis reconstruite dans les années 1960.

Ancienne salle de prières de la synagogue de Piotrków Trybunalski
Ancienne salle de prières de la synagogue de Piotrków Trybunalski (Cliquer pour agrandir)

Les élévations extérieures ont fait l’objet d’une complète rénovation ces dernières années. Une ancienne maison de prière est mitoyenne à la synagogue.
Les juifs sont arrivé à Piotrków Trybunalski au début du XVIème siècle. Quelques décennies plus tard, ils représentaient un peu moins de la moitié de la population avec 2000 personnes. Durant l’entre-deux guerres, on dénombrait plus de 11 000 juifs en ville, soit 24% de la population.
Les allemands établirent un ghetto en octobre 1939 regroupant plus de 9000 juifs dans un secteur constitué par le quartier juif. Il s’agissait alors du premier ghetto installé par les allemands en Pologne occupée. De nombreux autres juifs d’autres villes rejoignirent le ghetto et sa population s’éleva à 29 000 habitants l’année suivante. Il fut liquidé en octobre 1942.
Après la guerre, on dénombrait encore 372 juifs à Piotrków Trybunalski qui quittèrent le pays les années suivantes.

Depuis les années 1960, de très nombreux films ont été tournés à Piotrków Trybunalski, dans ce cadre particulier et préservé d’un centre ville à l’architecture typique d’une ville polonaise agencée autour de sa place du marché. C’est notamment le cas du film Jacob le menteur (Jakob the liar) avec comme vedette principale Robin Williams. Le centre ville ayant été rénové ces dernières années, le cadre un peu délabré de la vieille ville a disparu et risque de moins attirer les producteurs en recherche d’une identité plus ancienne.

Petite histoire de tramways

Un tramway ancien, comme témoin du passé

Deux rames de tramway utilisées lors du tournage du film « Le Pianiste » de Roman Polański.
La particularité est que l’une des deux, la numéro 43 (au bas de l’article), a traversé le ghetto de Varsovie en octobre 1941 avec un macaron à l’étoile de David installé au dessus de la cabine du chauffeur.

Film le pianiste, reconstitution de la passerelle du ghetto
Film le pianiste, reconstitution de la passerelle du ghetto – Photo Jacek Kaczmarek (Cliquer pour agrandir)

Tramway N° 257 Type C – Fabricant : Lilpop, Rau et Loewenstein, Varsovie – Equipements électriques : Siemens Schuckert
Longueur avec les tampons : 9,70 mètres
Largeur maximale : 2,20 mètres
Hauteur maximale : 3,425 mètres
Poids : 11,5 tonnes
Places assise/debout : 24-26/39
Date de fabrication : 1925
A circulé jusqu’en janvier 1973 et a été restaurée dans les années 90.

Un tramway témion du ghetto de Varsovie
Un tramway témion du ghetto de Varsovie (Cliquer pour agrandir)

Tramway N° 43 Type A – Fabricant : Falkenried, Hamburg – Equipements électriques : Siemens Schuckert à Hamburg
Longueur avec les tampons : 9,70 mètres
Largeur maximale : 2,20 mètres
Hauteur maximale : 3,425 mètres
Poids : 11,5 tonnes
Places assise/debout : 24-26/39
Date de fabrication : 1907
Restaurée en 1996.

Comme quelques autres rames de tramways anciennes, elles sont inscrites au registre des monuments.

Une journée à Płock

Traces d’une vie juive disparue

Płock est une ville située à 110 km nord-ouest de Varsovie dans la région de Mazovie.
L’ancien cimetière juif n’existe plus, c’est aujourd’hui un parc. Le nouveau cimetière juif est toujours présent, quelques tombes subsistent à côté d’un mémorial déjà ancien. La dernière inhumation remonte à 1968. La synagogue a été entièrement restaurée et fait aujourd’hui partie intégrante du musée de Mazovie, elle est dédiée à la culture juive. L’ancien mikveh a été entièrement restauré et abrite une galerie d’art. Ces 2 derniers bâtiments ont été brillamment restaurés et révèlent leur architecture originale.

La synagogue de Płock avant sa restauration
La synagogue de Płock avant sa restauration (Cliquer pour agrandir)

La synagogue de Płock une fois restaurée
La synagogue de Płock une fois restaurée (Cliquer pour agrandir)

Subsistent également le bâtiment de l’ancien hôpital juif Izaak Fogl qui abrite des petites entreprises locales et quelques immeubles de l’ancien quartier juif puis ghetto durant la guerre.

Ancienne banque Wilhem Landau

Découverte de l’immeuble du 38 de la rue Senatorska

L’immeuble de style Art Nouveau qui abritait le siège de la banque Wilhem Landau a été édifié sous la houlette des architectes Stanisław Grochowicz et Gustaw Landau-Gutenteger (un architecte juif très talentueux qui réalisa également le siège de la banque Landau de Łódź ainsi que de nombreux autres immeubles de cete ville) entre 1904 et 1906. La banque, alors dirigée par les successeurs de Wilhem Landau (un banquier établi à Varsovie depuis le milieu du XIXème siècle et décédé en 1899), était l’une des plus importantes banques de la capitale. Elle fut liquidée en 1925 et le bâtiment devint propriété de la banque industrielle polonaise qui elle-même fut liquidée après le crack boursier de 1929. Dès le déclenchement de la guerre en septembre 1939, l’immeuble abrita un hôpital des chevaliers de l’ordre de Malte. Après la guerre, le lieu devint le centre de la propagande du parti communiste, c’est à cette époque que la grande coupole qui avait survécu à la guerre fut démolie. Néanmoins, l’immeuble conserva son aspect original. L’institut français siégea là dans les années 1990 et aujourd’hui c’est l’association Parc Miniature de la région de Mazovie qui expose ses superbes maquettes des bâtiments et monuments emblématiques disparus de la ville de Varsovie.

L'immeuble de l'ancienne banque Wilhem Landau
L’immeuble de l’ancienne banque Wilhem Landau à Varsovie (Cliquer pour agrandir)

L’immeuble offrait des solutions techniques modernes pour l’époque comme le chauffage central, la plomberie, la climatisation, une installation électrique et l’approvisionnement en gaz. Sous la coupole qui laissait passer la lumière se trouvait une grande verrière ornée de vitraux et en son centre dotée d’une horloge. Le sol de l’ancienne salle d’accueil de la clientèle est toujours décoré avec les faïences d’origine qui représentent des feuilles d’érable. La salle des coffres avec ses portes blindées est toujours visible.

La grande synagogue de la place Tłomackie se trouvait à une cinquantaine de mètres de là.
Découvrir le site web de l’Association Park Miniatur de la région de Mazovie.

Vestiges dans la rue Zielna

Quand l’histoire refait surface

La rue Zielna est une rue perpendiculaire à la rue Próżna, l’ancienne rue juive en partie restaurée et aujourd’hui parcours incontournable des visites guidées. Sur les 52 immeubles qui s’élevaient dans la rue Zielna avant la guerre, il n’en reste plus que 3 visibles aujourd’hui.
Le numéro 33, qui a sombré dans l’oubli depuis bien longtemps, refait surface avec les travaux d’aménagement qui ont mis au jour une partie de ses caves. Comme toujours, à Varsovie, quand on gratte un peu le sol, un bout d’histoire refait surface. En 1945, de cet immeuble de 2 étages,il ne restait plus que quelques murs.

Vestiges d'avant guerre au 33 de la rue Zielna à Varsovie
Vestiges d’avant guerre au 33 de la rue Zielna à Varsovie (Cliquer pour agrandir)

Une de ses particularités ? son arrière-cour donnait directement sur l’ancien bazar juif (Pociejów) de la rue Bagno, un réseau d’arrière-cours situé de part et d’autre de la rue Bagno aujourd’hui disparues et où des juifs s’étaient établi au XIXème siècle et commerçaient ferrailles, chiffons et rebuts en tous genres.
Après le bouclage du ghetto en novembre 1940, cet immeuble se retrouva positionné juste à la limite est du petit ghetto, un mur devait très certainement couper son arrière-cour en deux comme toutes les autres arrière-cours de la rue Zielna, laissant ses immeubles du côté aryen.

A la lecture de l’annuaire des abonnés du téléphone pour la période 1937-1938, il semble qu’une partie de ses habitants étaient juifs.
Cukierowie S. et J. Médecin dentiste et ingénieur,
Imprimerie « Warszawska »,
Goldstern M. N.,
Kalinowkier Izaak,
Kuczbard Róża, atelier de réparation de radios,
Rajs Frajda, brasserie,
Trefler N.,
Tysler Aron Chaim.

Topologie du côté de la rue Zielna à Varsovie
Topologie du côté de la rue Zielna à Varsovie – Source mapa.um.warszawa.pl (Cliquer pour agrandir)

En vert l’ancien bazar juif Pociejów, en rouge les murs du ghetto qui ferment les rues.

Disséquer une vidéo du ghetto de Varsovie

ou comprendre l’image

Vues de l'intérieur du ghetto de Varsovie
Vues de l’intérieur du ghetto de Varsovie (Cliquer pour lancer la video)

Arrivée de réfugiés juifs à l’ancienne bibliothèque hébraïque (vue actuelle), aujourd’hui institut historique juif de Varsovie. La grande synagogue (disparue) se trouvait juste à la gauche du caméraman.
5:00 – Adam Czerniaków Président du Judenrat s’entretient avec des membres. Adam Czerniaków a été nommé président du Judenrat par l’occupant, son rôle était de coordonnéer la vie dans le ghetto en fonction des contraintes imposées par les allemands. Il s’est suicidé le 23 juillet 1942, lors des premières aktion des grandes déportations. A l’origine, le Judenrat se trouvait dans le bâtiment de la communauté juive de Varsovie, rue Grzybowska, il fut par la suite transféré, après la liquidation du petit ghetto, rue Zamenhof dans le bâtiment de l’ancienne prison militaire, autrefois caserne des gardes de la couronne. Le musée de l’histoire des juifs polonais se situe aujourd’hui à peu près au même endroit.
7:30 Police juive du ghetto.
Nombreuses séquences tournées dans la rue Gęsia. Un grand marché à ciel ouvert se tenait dans les environs, à côté de la prison, à l’intersection actuelle de la rue Anielewicz et de l’avenue Jean-Paul II. Plusieurs marchés avaient pris forme dans le ghetto où les juifs commerçaient tout ce qui pouvait l’être en échange de denrées ou de quelques monnaies pour acheter un peu de nourriture.
12:00 Juifs emmenés à la prison de la rue Gęsia (ancienne prison militaire). Des rafles et arrestations étaient effectuées à l’intérieur du ghetto par la police juive, c’était souvent les plus démunis qui se retrouvaient là. Ils furent les premiers déportés lors de l’été 1942.
Séquences tournées dans une cour de la prison (gérée par le Judenrat).
16:20 vue extérieure de la prison depuis la rue Gęsia (aujourd’hui rue Anielewicz-vue actuelle).
16:30 vue du marché où les juifs troquaient un peu de tout pour pouvoir survivre (vue actuelle).
16:40 rue Gęsia (vue actuelle). En marchant 200 mètres plus loin (vers l’ouest), on arrive aujourd’hui au Musée de l’Histoire des Juifs Polonais.
16:45 rue Gęsia avant le marché, direction est. Au bout de cette rue se trouve le cimetière juif de la rue Okopowa.
Vues du marché et de la prison. Séquences qui suivent, la prison. Cette prison ne doit pas être confondue avec la grande prison Pawiak de la capitale, située non loin.
26:45 Séquences tournées rue Okopowa qui était coupée en 2 par le mur du ghetto.
27:20 Croisement des rues Okopowa et Gęsia (vue actuelle). Sur la gauche une ouverture dans le mur du ghetto afin de pouvoir accéder au cimetière juif (celui qui est visité aujourd’hui). Séquences suivantes dans le cimetière juif.
Les juifs étaient enterrés pour certains soit dans le cimetière juif, pour l’immense majorité des autres dans des fosses communes creusées là où se trouvaient avant la guerre les deux terrains de football mitoyens au cimetière, du club Skra (Stadion Sportowego Klubu Robotniczo-Akademickiego) où jouaient les équipes juives Skra et Gwiazdy (Etoiles).
31:00 Juifs avec des brouettes chargées de cadavres longent le mur du cimetière juif (non visible à gauche – Vue actuelle). Au fond les immeubles de la rue Okopowa, à droite les anciens terrains de football (site où se trouvaient les stades de football du club Skra).
Les fosses ont été mises à jour dans les années 1960 lors de l’urbanisation du quartier. Les ossements ont été rassemblés dans un mémorial aujourd’hui visible à proximité du cimetière, à côté de l’immeuble de la fondation Nissembaum (site actuel du mémorial des fosses communes et de l’association Nissenbaum).
Toutes les séquences de la prison et du marché ont été tournées à l’endroit actuel visible ici (intersection actuelle de la rue Anielewicz et de l’avenue Jean-Paul II ) Tout a disparu lors de la destruction du grand ghetto en avril/mai 1943.

> Ce film tourné en 35 mm est datée de mai 1942 et a été réalisé par une équipe de la propagande allemande. Cette date de tournage au mois de mai est relevée dans les archives de Czerniaków et de Ringelblum.
Il a été tourné à des fins de propagande afin de montrer au public un mode de vie dégradant qui aurait été dans l’habitude des juifs, en omettant bien-sûr, nombre d’aspects concernant l’enfermement, les restrictions, les maladies et l’oppression de l’occupant allemand.
Le personnage qui est arrêté et emmené par la police juive (7:50 mn) me semble être une mise en scène, car cette séquence est filmée sous 3 plans différents et le prisonnier porte des bottes comme les policiers qui l’entourent.

Voir la carte intéractive du ghetto de Varsovie.

Sur les traces de Shoah à Grabów

Grabów en région de Łódź (Łódzkie) est une bourgade située à une quinzaine de kilomètres du centre d’extermination de Chełmno.

La synagogue de Grabów
La synagogue de Grabów (Cliquer pour agrandir)

L’ancienne synagogue de Grabów est aujourd’hui située sur un terrain privé et inutilisée. Édifiée durant la seconde moitié du XIXème siècle, elle fut dévastée par les allemands, puis transformée en entrepôt et magasin de meubles après la guerre.
C’est devant la synagogue que Claude Lanzmann, pour son film Shoah, a lu la lettre du rabbin de Grabów, Jakub Schulman, lettre que ce dernier avait envoyé à ses amis de Łódź.
Grabów le 19 janvier 1942
Mes très chers,
Je ne vous ai pas répondu jusqu’ici car je ne savais rien de précis sur tout ce qu’on m’a dit. Hélas, pour notre grand malheur, nous savons déjà tout maintenant. J’ai eu chez moi un témoin oculaire, qui grâce à un hasard, fut sauvé. J’ai tout appris de lui. L’endroit où ils sont exterminés s’appelle Chełmno, près de Dąbie, et on les enterre tous dans la forêt voisine de Ruchów. Les juifs sont tués de deux manières, par les fusillades ou par les gaz. Depuis quelques jours, on a même des milliers de juifs de Łódź et on en fait de même avec eux. Ne pensez pas que tout ceci soit écrit par un homme frappé de la folie, hélas c’est la tragique, l’horrible vérité. Horreur, horreur, homme ôte tes vêtements, couvre ta tête de cendres, cours dans les rues et danse, pris de folie. Je suis tellement las que ma plume ne peut plus écrire, créateur de l’univers, viens-nous en aide.

Découvrir l’ancien Le shtetl de Grabów, la synagogue et le cimetière juif.

Vestiges de l’immeuble 22 rue Ciepła

Dès que l’on creuse un peu, sous Varsovie, apparaissent les vestiges de l’ancienne capitale (pour sa partie nord). Ici, sur le chantier de réfection de la ligne de tramway de l’avenue Jean Paul II, vers l’intersection avec la rue Grzybowska, quelques traces de la vie d’avant.

Fondations de l'immeuble 22 Ciepła
Fondations de l’immeuble 22 Ciepła (Cliquer pour agrandir)
Fondations de l'immeuble 22 Ciepła
Fondations de l’immeuble 22 Ciepła (Cliquer pour agrandir)

Les fondations de l’immeuble qui était situé au 22 de la rue Ciepła et des élévations en briques qui devaient se trouver dans les caves. Beaucoup de juifs habitaient cette rue. Les immeubles 22 et 24 ont été édifiés pour le compte des propriétaires Tychoński et Szejn qui possédaient également une propriété du côté du quartier de Praga (Ząbkowska 2).

Non loin, des ferrailles mises à jour et divers objets, au niveau de l’immeuble qui s’élevait au 32 de la rue Grzybowska, dont une casserole éventrée (en bas à gauche sur le tas), et un pochoir en anglais réalisé pour marquer des expéditions vers l’international. L’immeuble se trouvait à une cinquantaine de mètres de celui de la communauté juive de Varsovie (Grzybowska 26/28). Plusieurs juifs résidaient dans l’immeuble selon l’annuaire téléphonique d’avant guerre.

Fondations de l'immeuble 22 Ciepła
Fondations de l’immeuble 22 Ciepła (Cliquer pour agrandir)

Cette zone fut insérée dans le petit ghetto et la topologie des environs a été bouleversée avec la construction de l’avenue Julian Marchlewski, devenue par la suite avenue Jean-Paul II, en lieu et place de cette section de l’ancienne rue Ciepła.

Le dernier témoin de Sobibór n’est plus

Le dernier survivant de la révolte du camp d’extermination de Sobibór, Philip Bialowitz (Fiszel Białowicz), est décédé le 6 août dernier à l’âge de 91 ans.

Philip Bialowitz, le dernier survivant de la révolte de Sobibór
Philip Bialowitz, le dernier survivant de la révolte de Sobibór – Source Virtual Shtetl (Cliquer pour agrandir)

Né à Izbica, dans un shtetl de Basses Carpates, il se retrouva enfermé dans le ghetto de transit que les allemands avaient établi là, non loin du camp d’extermination de Bełżec. Il fut déporté avec sa famille vers le camp de Sobibór en avril 1943. Il prit part au soulèvement des prisonniers du 14 octobre 1943 et vécu ensuite dans la clandestinité. Après la guerre, il émigra aux Etats-Unis. Il retraça son expérience dans son livre « A jewish boy’s story of revolt and survival in nazi-occupied Poland ».
Il consacra sa vie à voyager à travers le monde afin de témoigner des dangers du nationalisme, de la xénophobie, de l’antisémitisme.
Son dernier passage en Pologne remontait à 2014, à la synagogue Nożyk.
A proximité du site du camp d'extermination de Sobibór
A proximité du site du camp d’extermination de Sobibór – Photo Jacques Lahitte – © www.shabbat-goy.com

Edward Kocur, un polonais ordinaire

Le gardien du cimetière n’est plus

Il y a un an disparaissait Edward Kocur, « un homme qui aimait la vie et les gens, et qui aimait surtout le cimetière juif (de sa commune) où on pouvait le rencontrer très souvent ».
Il entretenait du mieux qu’il pouvait le cimetière.

Edward Kocur
Edward Kocur, le gardien du cimetière de Sędziszów Małopolski – Source AntySchematy

Source AntySchematy.

Visiter le Le cimetière de Sędziszów Małopolski.

Les abonnées du téléphone du 14 rue Waliców

Un immeuble pas si anonyme

Annuaire téléphonique de Varsovie pour la période 1938-1939.
Les immeubles numéro pairs (côté est) avaient été insérés dans le petit ghetto dont le mur séparait en partie la rue, en son milieu. Encore habité quelques années en arrière, l’immeuble très délabré laisse apparaître les élévations qui se dressaient dans l’arrière-cour, la façade donnant sur la rue ayant été en partie détruite durant la guerre. Władysław Szlengel, le poète, a habité l’immeuble durant la période du ghetto.
Un autre personnage de marque qui a habité le lieu durant l’entre-deux guerres jusqu’à la première grande déportation de l’été 1942, et qui est répertorié ici dans l’annuaire, fut Menachem Kipnis, journaliste, essayiste, musicologue et grand spécialiste des musiques et traditions folkloriques et yiddish, et également photographe.
Découvrir un article sur Menachem Kipnis.

Menachem Kipnis - 14 Waliców street
Menachem Kipnis – 14 Waliców street (cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

Breindler M., directeur fabrique de placages
Chorzewski Aleksander
« Chromax », Lipszyca M., ingénieur pour la fabrique de galvanisation
Fersztendik Ignacy
Fersztendik Regina
Gryff Feliks et Halina
Halpern S.
Kipnis Menachem, journaliste
Krajterkraft Adam, ingénieur construction
Liberman Michał
Libraderowa Ewa
Lipszyc Mieczysław, ingénieur
Machlejd Jerzy, directeur fabrique C. Ulrich
Machlejd Józef
Mange Marek
Mendelsohn Jakub
Rozenblum A.
Rozowska B. L.
Szlam Jakub
Szulman D.
Warszawski Henryk
Zajdel Róża, chimiste