Les mains levées en signe de bénédiction des cohanim

La filiation des Cohen

Toutes les pierres tombales présentant la symbolique des mains levées en signe de bénédiction désignent un Cohen (pluriel: cohanim), descendant de Aaron, le premier grand prêtre (archiprêtre) Cohen Gadol et les prêtres du Temple.
A la synagogue ce sont eux qui bénissent (Birkat cohanim) l'assemblée lors de certaines prières lors du Shabbat ou de Yom Kippour. Les mains représentées sur les tombes des cohanim représentent le symbole de la bénédiction sacerdotale et l'affiliation du défunt avec la lignée des cohanim.
shin
Cette symbolique gestuelle qui adopte la forme de la lettre hébraïque Shin est également la première lettre de l'un des noms utilisés pour nommer Dieu; (El) Shaddaï.
Cette lettre figure également sur les mézouzah.
Aaron était le frère de Moïse de la tribu de Levi et de Miriam. Tous les cohanim appartiennent donc à la tribu de Levi. Ils officiaient dans le Tabernacle lors de la période de l'exode depuis l’Égypte, puis à Jérusalem les cohanim officiaient dans le Temple et avaient également la charge de mener les sacrifices. Ne possédant pas de propriété ils jouissaient néanmoins de certains privilèges liés à leurs fonctions ainsi des parts des offrandes apportées au Temple leur revenaient. C'est parmi l'assemblée des Cohen qu'était nommé le grand prêtre Cohen Gadol qui présidait également le Sanhédrin, l'assemblée en charge de l'interprétation et de l'observance de la loi juive à Jérusalem.
Une fois l'an, lors de Yom Kippour, le grand prêtre Cohen Gadol pénétrait dans le Saint des Saints du Temple pour recevoir le pardon pour le peuple juif.
La fonction de Cohen Gadol prit fin en 70 de notre ère après la destruction du second Temple. Le dernier grand prêtre fut Pinhas ben Shmuel qui officiait depuis 67 et mourut lors de la destruction du Temple. D'après la tradition chrétienne et le Nouveau Testament, Jésus comparu devant le grand prêtre Caïphe.
Aujourd'hui les Cohen perpétuent la tradition religieuse lors de certaines cérémonies à la synagogue. C'est devant l'Arche Sainte, tourné vers l'assemblée que le Cohen porte la bénédiction sacerdotale.
the-jewish-cemetery-of-ziebice-48 Au sein de la communauté religieuse, les cohanim sont soumis à de strictes observances (rituelles, règles de vie, mariage...) dans le souci de protection contre les impuretés religieuses par rapport à leurs fonctions spécifiques au sein de la communauté. Ils ont notamment l'interdiction de toucher ou approcher un défunt, excepté lorsqu'il s'agit d'un membre de leur proche famille. De fait, un Cohen ne peut pas entrer dans un cimetière.
Dans le cimetière juif, les cohanim sont généralement inhumés à des endroits permettant à d'autres cohanim de se recueillir sur leurs tombes sans avoir à approcher les autres tombes voisines à moins de 2 mètres. Les restrictions et recommandations édictées aux cohanim puisent leur source dans la Torah.

Aujourd'hui, du fait de l'histoire de la dissémination de la diaspora à travers les siècles, le patronyme Cohen s'est étendu à des lignées qui ne sont plus forcément rattachées à celle des cohanim. On peut même rencontrer des Cohen qui ne sont plus juifs.
De fait il peut s'avérer nécessaire de remonter dans l'ascendance afin de vérifier l'appartenance d'une personne aux cohanim à travers la tombe d'un ancêtre qui présenterait le symbole de la bénédiction. Cependant peu de Cohen peuvent aujourd'hui prouver une ascendance rigoureuse à la lignée des cohanim, ils sont donc présumés en faire partie. De nos jours, les Cohen perpétuent la tradition religieuse à travers certaines cérémonies et observances religieuses. Suivant les mouvances religieuses les cohanim sont soumis soit à des règles très strictes chez les juifs orthodoxes ou à des règles plus souples chez les juifs progressistes. Les défunts rattachés à la lignée des cohanim portent donc le patronyme de Cohen et ses diverses déclinaisons en fonction des terres d'accueil tout au long de leur histoire comme Cahen, Kohen, Kohn, Cohn, Kahn, Cahn, Kahane, Kaplan, Conn, Cohan, Sacerdoti, Kagan, Kogan, Cogan... Les tombes de cohanim visibles en Pologne appartiennent souvent à des rabbins, des tsadik. Cohen signifie dévoué.

Spok et les Cohanim, quand Spok reprend à son compte le symbole des Cohanim dans la série Star Trek...

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