Warszawa 1935

Un film événement très attendu en Pologne.

Il s’agit d’une reconstitution animée 3D en images de synthèse d’une exceptionnelle qualité sur le thème de la Varsovie d’avant-guerre.

Warszawa 1935 - Animation 3D sur la Varsovie d'avant guerre © Studio Newborn
Warszawa 1935 - Animation 3D sur la Varsovie d'avant guerre © Studio Newborn

Un impressionnant travail de précision historique a été mené par Tomasz Gomoła et l’équipe du Studio Newborn. Les amoureux et curieux qui, comme moi, ont découvert l’histoire de la capitale détruite durant la deuxième guerre mondiale, à travers récits, photos et cartes postales anciennes, seront enthousiasmés par le réalisme de ce film.
L’animation s’ouvre sur des vues du centre ville autour de l’avenue Marszałkowska et de la gare Wiedeński. Une automotrice fait son entrée en gare, il fait encore nuit et une légère brume recouvre les rues de la capitale. Les lampadaires diffusent une lumière blafarde sur les façades des immeubles de style de la belle avenue d’antan. Un détour dans les environs du Philharmonique, puis par la place Napoléon et un envol autour du Prudential, le premier gratte-ciel de la capitale, nous fait découvrir une vue aérienne splendide. Et c’est ainsi que nous déambulons dans les rues de la capitale au petit matin puis dans la journée sous une lumière qui habille de manière spectaculaire l’animation du centre ville de Varsovie, avec ses voitures anciennes, ses bus et ses calèches qui déambulent autour des tramways rouges. Ainsi se déroule la première partie de ce film.
Après cette mise en bouche du plus bel effet, je me prépare à découvrir d’autres lieux emblématiques de la capitale.
Warszawa 1935 - La Varsovie d'avant guerre. Avenue Marszałkowska © Studio Newborn
Warszawa 1935 - La Varsovie d'avant guerre. Avenue Marszałkowska © Studio Newborn
La seconde partie s’annonce un peu décousue, je cherche le fil conducteur. De la place Dąbrowski on se retrouve à la place Tłomackie avec un grand bâtiment que les non connaisseurs auront du mal à identifier dans un premier temps si ce n’est par l’un des chandelier à cinq branches qui ornaient l’entrée de la grande synagogue. De là, je m’attends à remonter vers le nord, à arriver devant l’arsenal, j’espère découvrir l’imposant immeuble du passage Simons puis remonter la rue Nalewki, le cœur de la Varsovie juive qui concentrait la plus forte animation de la capitale… Non. La caméra revient au milieu du jardin de Saxe et se faufile entre les arbres, j’aperçois au loin des colonnes du palais de Saxe … Un jeu d’ombres révèle devant mes yeux les colonnes du palais, et… on repart… Comment ça on repart ? Et le palais de Saxe ?
Une vue aérienne se dessine, je reconnais la diagonale caractéristique de la rue Twarda aujourd’hui amputée par l’axe nord-sud Jean-Paul II. Encore un saut d’hirondelle un peu plus au nord qui nous amène au dessus de l’église Karol Boromeusz au bout de la rue Chłodna, d’où nous nous envolons vers l’est, un peu trop en altitude, au dessus de la caserne des pompiers, des halles Mirowski, de la halle marchande Gościnny Dwór, de la place Żelazna brama… La promenade aurait été tellement plus belle vue de la route avec la configuration disparue devant les halles Mirowski, le palais Lubomirski dans sa position initiale, l’étonnante halle de la rue Rynkowa et tout ce quartier disparu… Et le film termine avec une promenade en statique. L’avenue s’est figée, seule la caméra zigzague entre les tramways fixes, parmi des gens, des voitures, des bus.
J’aurai tellement aimé retrouver la place Grybowski, emprunter la rue Próźna et déboucher à Marszałkowska et aussi beaucoup d’autres lieux emblématiques disparus. Si je me retrouve facilement au gré de la topologie de la Varsovie d’avant-guerre que j’ai appris à assimiler avec les plans d’autrefois et les vieilles cartes postales, je pense que les voyageurs varsoviens d’un instant seront un peu perdus, déboussolés, tant bien même quelques indications écrites seront présentées à l’écran. Par moments, il manque des vues en transparence entre les images d’antan et celles d’aujourd’hui, il manque un guide, il manque une mise en scène dans le voyage.
A l’issue du visionnage de ce film, une curieuse impression s’empare de moi, la même que je peux avoir lorsque je suis plongé dans un rêve et que la sonnerie brutale du réveil vient me surprendre. Pourquoi un si impressionnant travail de 3 années de reconstitution historique de grande qualité artistique et technique, pour un film qui ne dure que 20 minutes ? Avec Warszawa 1935, j’ai été transporté dans une ville magnifique, insoupçonnée, mais je reste sur ma faim. J’attends donc, j’espère donc une version 2D nettement plus longue et qui saura me prendre par la main pour déambuler à travers tous ces coins de ville reconstitués mais que je n’ai vus que de trop loin et de trop haut.
Autant avec les dix premières minutes j’ai été subjugué, avec les dix suivantes j’ai l’impression d’avoir vu la bande annonce du prochain film.
Tout de même un grand bravo à l’équipe pour cette magnifique réalisation.
Alors ? A quand la suite ?
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La disparition de Stella

Stella Müller-Madej, une rescapée de la liste de Schindler est décédée

Pour beaucoup d’entre-vous, ce nom ne dit certainement pas grand chose, pourtant Stella représente à elle seule toute l’histoire des juifs de Cracovie durant la guerre.
Après s’être retrouvée enfermée à 11 ans dans le ghetto de Cracovie avec sa famille, elle fut transférée vers le camp de travail de Płaszów * (puis camp de concentration) dans la périphérie sud de Cracovie, puis dans l’usine de Oskar Schindler à Brunnlitz en Moravie. Elle faisait partie de la liste des 1000 juifs sauvés par Schindler. Après un séjour aux États-Unis dans les années 1950, elle retourna à Cracovie où elle passa le reste de sa vie.
Elle a retracé toute son expérience de la guerre à travers un livre saisissant, unique témoignage d’un rescapé de la liste de Schindler, Le livre de Stella, paru aux éditions Arte / Editions du Félin en 1997.

Stella Müller-Madej - © Gazeta Krakowska
Stella Müller-Madej - © Gazeta Krakowska
Avec Stella Müller-Madej, c’est l’un des derniers témoins du destin des juifs de Cracovie qui disparait.
(*) Le camp de Płaszów est utilisé comme cadre du film La liste de Schindler et avait été reconstitué dans l’une des anciennes carrières du camp.

Płońsk se rappelle Ben Gourion

Un destin raconté sur un mur

Aujourd’hui, de passage par Płonsk, la ville où est né David Ben Gourion.
Sur la façade de la dernière maison qu’il a habité avant son départ pour la Palestine, une plaque commémore le jeune juif polonais devenu Premier Ministre de l’État d’Israël.

Plaque commémorative:
Dawid Ben Gurion (Gruen) 1886-1973, né à Płońsk.

Maison de David Ben Gourion à Płońsk avant son départ pour la Palestine - © www.shabbat-goy.com
Maison de David Ben Gourion à Płońsk - © www.shabbat-goy.com
«Il fut à la tête du mouvement national de libération du peuple juif qui a lutté pour reconquérir l’indépendance de leur patrie historique. Durant les années 1935-1948 il a été le Président de l’Organisation sioniste mondiale et l’un des principaux créateurs de l’Israël moderne. Il a été le premier Premier ministre (pendant les années 1948-1953 puis 1955-1963) et a modelé l’État comme une société monolithique issue de l’immigration, caractérisée par la tradition juive et un pluralisme moderne.
Il a vécu dans cette maison avant de partir pour Palestine en 1906.
La Ville Płońsk 1995.»

…Parce que nés juifs

Les enfants de Belleville

Une photo que j’avais réalisée il y a ans dans le quartier de Belleville à Paris.
Des affichettes avaient été collées sur les portes et les murs des maisons d’où avaient été raflés et déportés les enfants juifs du quartier.
1100 enfants du XXème arrondissement ont été arrêtés le 16 juillet 1942 avec leur famille.

L’événement avait été initié par le comité «Ecole de la rue Tlemcen» constitué d’anciens élèves de cette école.
Aujourd’hui, des plaques commémorent ces tragiques événements des déportations réalisées avec la complicité du Gouvernement de Vichy, sur les murs de plus de 60 écoles et lycées parisiens.

Evénement comité Tlemcen - © www.shabbat-goy.com
Evénement comité Tlemcen - © www.shabbat-goy.com

Le tramway du souvenir

The Ghetto Tram

Le tramway du souvenir - © www.shabbat-goy.com
Le tramway du souvenir © www.shabbat-goy.com

27 janvier 2013 : A l’occasion de la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste, un ancien tramway a circulé à travers les rues de Varsovie. Le vieux tramway rouge et or aux couleurs de la capitale était vide afin de symboliser la disparition de la communauté juive de Varsovie. Surmonté d’un macaron à l’étoile de David à l’identique des tramways qui traversaient le ghetto durant la guerre, son panneau indiquait Muranów-Leszno; Muranów du nom de l’ancien quartier juif devenu ghetto et la rue Leszno qui séparait pour partie le petit et le grand ghetto. Sur la photo ci-contre et dessous, le tramway arrêté devant Umschlagplatz.
Umschlagplatz, la gare de transbordement située dans la rue Stawki est le lieu d’où ont été déportés les juifs de Varsovie et de sa région vers le camp d’extermination de Treblinka.
Le monument symbolise un wagon à ciel ouvert avec sur son entrée une représentation en forme de pierre tombale juive ornementée d’une forêt coupée qui rappelle la représentation de fin de vie à travers l’arbre coupé tel qu’on peut l’observer sur des tombes dans les cimetières juifs.
Le bâtiment situé à droite était utilisé pour rassembler les juifs qui ne pouvaient être déportés le jour même.
On estime à 300 000 le nombre de juifs qui ont foulé les pavés de Umschlagplatz avant d’être embarqués pour Treblinka.
Le tramway juif passe devant Umschlagplatz (Cliquer pour agrandir) - © www.shabbat-goy.com
Le tramway juif passe devant Umschlagplatz (Cliquer pour agrandir) – © www.shabbat-goy.com

Évènement organisé par la fondation Shalom en partenariat avec Stołeczna Estrada et Tramwaje Warszawskie.

Reflet de la mémoire

Images de disparus

© www.shabbat-goy.com - Reflet de disparus (cliquer pour agrandir)
© www.shabbat-goy.com - Reflet de disparus (cliquer pour agrandir)
Photo d’un regard en passant par la rue Próżna de Varsovie.

Sur les anciens immeubles récemment restaurés se reflète dans l’une des fenêtres l’ombre d’une disparue qui parmi d’autres est affichée sur les vieux immeubles d’en face.

Ces affiches ont été apposées dans le cadre du projet And I still see their faces qui avait été initié par Gołda Tencer, directrice du théâtre juif de Varsovie et de la Fondation Shalom.

And I still see their faces
Images of polish jewsIndex