Tout le monde ou presque doit se souvenir de ce célèbre signe amical de reconnaissance effectué par le vulcain Spock, alias Leonard Nimoy, de la célèbre série télévisée Star Trek. Mais ce qu’il y a de plus intéressant est de découvrir comment ce signe de ralliement des vulcains a été imaginé.
Spok et son signe de reconnaissance
Leonard Nimoy, l’acteur américain qui interprète Spock dans la série de science fiction est issu d’une famille juive orthodoxe originaire de la ville russe de Iziaslav (aujourd’hui située en Ukraine) et a baigné durant toute son enfance et adolescence dans le quartier juif de West Side à Boston où il est né. Dans les rues de ce quartier aujourd’hui disparu, les immigrants juifs avaient reconstitué un véritable Shtetl où le yiddish était devenu la langue en usage à tel point que la grand mère de notre cher Spock n’apprit jamais la langue de Shakespeare. De même nombre de commerçants italiens qui étaient majoritaires dans cette partie de la ville connaissaient des rudiments ou plus de yiddish afin de commercer aisément avec leurs clientèle juive. Leonard Nimoy, qui lit, écrit et parle le yiddish, avait assisté durant sa jeunesse à des offices, accompagné de son frère, de son père et de son grand-père à la synagogue de Boston et il avait été intrigué et impressionné par la symbolique et la gestuelle de la bénédiction faite aux fidèles par les prêtres cohanim avec la disposition singulière des doigts de la main.
Cette symbolique gestuelle qui adopte la forme de la lettre hébraïque Shin est également la première lettre de l’un des noms utilisés pour nommer Dieu; (El) Shaddaï. Cette lettre figure également sur les mézouzah.
Lors de l’un des épisodes de la série où Spock devait entrer en contact avec ses coreligionnaires vulcains, les scénaristes cherchèrent en vain un signe de ralliement qui puisse symboliser cette rencontre et Leonard Nimoy se remémora alors le signe des cohanim à la synagogue et proposa de l’intégrer dans la série, ce qui fut accepté par la production. Dès le lendemain de la diffusion de l’épisode concerné, le signe de la main de Spock devint célèbre et utilisé dans toute l’Amérique par des téléspectateurs conquis.
On retrouve ce symbole sur les tombes des cohanim dans les cimetières juifs.
La particularité ici, c’est qu’on ne voit pas de soldats allemands mais une foule que l’on distingue en arrière plan le long du mur de cet ancien édifice. Une colonne de juifs les mains en l’air remonte la rue Copernic tandis qu’au premier plan, un homme porte un coup sur celui de gauche. A droite, un autre, cigarette dans une main et certainement l’autre plongée nonchalamment dans sa poche suit la foule en mouvement d’un air sûr et convaincu. Au centre, derrière le bras de celui qui porte le coup, on voit le visage apeurée d’une femme juive qui semble regarder du côté du photographe. Légèrement sur la gauche au second plan, deux hommes en casquette dont l’un souriant encadrent la colonne d’où toute échappatoire semble illusoire.
Durant cette période, environ 60 000 juifs furent tués par les sections Einsatzgruppen activement secondées par les milices et nationalistes ukrainiens.
L’incident de Bruxelles, cela claque comme un titre de journal…
Journaux du net toutes tendances confondues, j’ai lu hier des articles concernant la tuerie… non, l’incident qui est intervenu en Belgique. Oui, un incident.
Il est devenu impératif de mesurer ses propos en certaines occasions, des fois que l’on aurait eu affaire à un drame passionnel ou un à un hold-up qui aurait mal tourné, il faut effectivement prendre toutes ses précautions et parler simplement d’incident avant d’aller qualifier de tuerie le fait qu’un individu s’introduise dans un Musée Juif armé d’une kalachnikov pour tuer des gens qu’il ne connait pas.
Petit florilège:
« L’incident s’est déroulé en plein après-midi dans le quartier chic du Sablon »
« Le lien entre cette personne et l’incident n’est pas clair »
« Une personne, qui a admis qu’il était présent au moment de l’incident… »
« Une vidéo de l’incident montre un homme athlétique coiffé d’une casquette entrer calmement dans le Musée juif »
« le ministère de la Justice a lancé une enquête intensive sur l’incident »
« …témoins de l’incident affirment avoir vu deux hommes »
« Une personne, qui a admis qu’il était présent au moment de l’incident »
« …un renforcement de la sécurité et ce pour éviter tout autre malheureux incident »
« …reste « prudente » sur la nature antisémite de l’incident à ce stade de l’enquête »
Mon Larousse fatigué et écorné édition 1987 m’indique qu’un incident est un événement le plus souvent fâcheux ou une difficulté peu importante. Je suis donc heureux d’apprendre que nous n’ayons eu affaire qu’à un déplorable incident hier après-midi au Musée Juif de Belgique.
Visiter le site du Musée Juif de Belgique et lire le communiqué de presse sur cet incident… Musée Juif de Belgique – Cliquer pour visiter le site du Musée
A l’occasion de la commémoration de la Shoah en Israël et de la décision des autorités de ce pays d’aborder le thème de la Shoah dès la maternelle et la lecture de quelques autres articles de ces derniers jours autour de ce sujet, je jette un œil sur les commentaires de certains articles dans la presse française et je lis les sempiternelles rengaines sur l’arithmétique entre les génocides, les palestiniens et les bourreaux israéliens, le business autour de la Shoah…
Je voudrai simplement rappeler une chose ici.
Même si de terribles génocides sont malheureusement intervenus depuis la seconde guerre mondiale; les rwandais, ils sont toujours au Rwanda, les arméniens, ils sont toujours en Arménie, les cambodgiens, ils sont toujours au Cambodge…
Par contre, les juifs d’Europe centrale, hormis quelques rares communautés, c’est fini, c’est terminé !
Ils ont définitivement disparus !
Le Yiddishland n’est plus qu’une ombre, le peuple n’existe plus, la culture n’existe plus, le yiddish, leur langue a disparu du paysage.
J’aimerai sincèrement que beaucoup comprennent et assimilent cette petite différence fondamentale. Cette singularité de l’histoire qui fait que, grâce ou plutôt à cause d’une organisation politique, militaire, administrative et industrielle, organisations mûrement mises en place et exécutées, le génocide des juifs d’Europe centrale se singularise de tous les autres car tout un peuple a définitivement disparu au cours du XXème siècle.
Depuis bientôt 40 ans que l’on enseigne la Shoah dans les écoles françaises, je me demande où on va…
Nota: Pour ce qui concerne l’enseignement de la Shoah dans les écoles maternelles israéliennes, disons plutôt une approche du sujet d’après ce que j’ai compris, je présume que la chose a été mûrement pensée et réfléchie et je m’estime mal placé pour exprimer une quelconque opinion sur ce sujet éducatif précis que j’ignore. Disons que je fais confiance au peuple juif dans l’éducation de ses enfants comme il savait du reste déjà le faire dans les shtetl du Yiddishland pour ses jeunes enfants.
Nota 2: pour ceux qui ne comprennent pas le mot yiddishland, Wiki est ton ami !
En 1994, dans le cadre du projet And I can still see their faces (Et je peux toujours voir leurs visages) la directrice de la Fondation Shalom de Varsovie, Gołda Tencer lança un appel à travers le monde afin de collecter des photographies de juifs disparus durant la Shoah. Plus de 9000 clichés purent être ainsi collectés. Ils furent mis en valeur à travers une exposition présentée en Pologne ainsi que dans de nombreuses villes à travers le monde.
150 magnifiques clichés sont exposés et qui retracent ses déplacements et rencontres notamment avec des grands personnages de la vie publique polonaise, des photos prises dans les rues de Vilnius, à la frontière polono-soviétique, à Varsovie au grand théâtre, à travers les rues…
Plusieurs photographies saisies en plein quartier juif vers le croisement des rues Nalewki, Franciszkańska et Gęsia présentent des vues rares de la vie juive d’avant guerre. Le diaporama ci-dessous présente ces photographies signées Willem van de Poll Willem van de Poll – Autoportrait