La statue de cire réalisée par Maurizio Cattelan et représentant Adolf Hitler se reccueillant à genoux est exposée dans une cour intérieure de l’immeuble situé au 14 de la rue Próżna, rue qui faisait partie intégrante du petit ghetto une année durant.
Les avis sont extrêmement partagés et les polémiques battent leur plein dans le monde entier.
Ne voulant nullement entrer dans ce débat, je dirai simplement pour résumer ma pensée que je préfère ne retenir que l’image forte d’un Willy Brandt s’agenouillant devant le monument du ghetto à Varsovie en 1970, celui là même qui avait été déchu de sa nationalité allemande par les nazis en 1940.
Je note juste que la palissade qui borde l’arrière-cour a été rehaussée pour la circonstance afin d’empêcher tout accès et qu’une voiture de sécurité est garée contre. Comme quoi l’aspect polémique de l’installation de cette statue dans ce lieu symbolique a bien été envisagé…
Le sénateur John Kerry vient d’être nommé à la tête du département d’État en remplacement de Hillary Clinton.
Parallèlement à des racines françaises puisque Brice Lalonde (ancien Ministre de l’environnement sous l’ère Mitterrand) est l’un de ses cousins germains, John Kerry a des racines juives.
John Kerry - Photo Domaine Public
Son arrière grand-père, Benedikt Kohn (Cohen), est né en 1824 en Moravie (Europe centrale) et exerçait le métier de maitre brasseur. Après la mort de son mari en 1876, sa seconde femme Mathilda (Fränkel) parti pour Vienne avec ses deux fils Fritz et Otto, et sa fille Ida. Afin d’échapper à l’ambiance antisémite qui sévissait déjà à Vienne à cette époque, Fritz et Otto se convertirent au christianisme. Ils changèrent de nom et pour ce faire pointèrent au hasard un endroit sur un atlas qui indiqua un lieu, le comté de Kerry en Irlande. Son grand-père Fritz (Fred Kerry) émigra ensuite aux Etats-Unis. Des membres plus ou moins éloignés de ses ancêtres sont enterrés dans le cimetière juif de Głogówek (anciennement Oberglogau avant la guerre) dans le sud de la Pologne. Pour les visiteurs de passage à Głogówek, c’est dans le château que Beethoven termina l’écriture de sa 4ème symphonie.
Des tags, aperçus au gré de mes visites, à travers la Pologne, cette dernière décennie. Si les invectives antisémites restent affichées auprès d’une minorité extrême et une autre de supporters de foot, les anti-antisémites et anti-racistes donnent également de la voix et s’affichent ouvertement.
C’est le 20 octobre 2012 qu’a été inaugurée la maison la plus petite du monde, à Varsovie. Réalisée sous la houlette de l’architecte polonais Jakub Szczęsny, la Keret House est une réalisation artistique initiée par Etgar Keret, un écrivain, cinéaste et scénariste de bandes dessinées israélien. D’origine juive polonaise, Etgar Keret a émit le souhait de venir habiter à Varsovie quelques temps.
Inside the Keret House
C’est pour lui un retour à ses racines puisque sa famille originaire de la région de Varsovie a péri durant la seconde guerre mondiale, sa mère étant la seule à avoir survécu au ghetto. Lire la suite/Continue…
Shlomo Venezia s’est éteint le 30 septembre 2012 à Rome à l’âge de 89 ans. Issu de la communauté juive de Thessalonique, il est déporté en 1944 à Birkenau et se retrouve affecté au Sonderkommando de l’un des crématoires du camp. Il échappe à la mort qui attend généralement les membres des Sonderkommandos. A la fin de la guerre, moins d’une centaine d’hommes affectés aux Sonderkommandos ont survécus.
Shlomo Venezia
En 2007, il publie ses mémoires à travers un livre d’entretiens menés par Béatrice Prasquier qui nous transmet son témoignage unique et saisissant. » Commander le livre Sonderkommando, dans l’enfer des chambres à gaz.
Shlomo Venezia au mémorial de la Shoah
A découvrir sur le site www.sonderkommando.info, créé par Véronique Chevillon, la conférence organisée au mémorial en janvier 2007 dédiée sur le Sonderkommando et son livre témoignage.
Dimanche 14 octobre 2012, les discussions vont bon train sur Twitter. Voici donc un petit florilège de doux messages (avec les fautes de français) qui circulent sur le Web en France:
– Un bon juif est un juif mort
– Un bon juif ne travaille pas a Gaz de France
– Un bon juif, c’est dur à cuire lol
– Un Bon Juif va se doucher gentiment et naïvement
– Un bon juif on le fait cuire à la place du pain au chocolat
– Un Bon Juif va toujours tendre sa joux pour qu’on le frappe et qu’il pose plainte
– Un Bon Juif est un juif qui sent le cramer (source Huffington Post)
A good jew is a dead jew...Rappelons que pour la seule période du 19 mars au 30 avril 2012, le SPCJ a recensé 148 actes antisémites en France, c’est à dire un mois après les événements de Toulouse et Montauban.
La tuerie de Toulouse, rappel des faits
Le 11 mars 2012, le militaire parachutiste Imad Ibn Ziaten, 30 ans, est abattu par Mohamed Merah à Toulouse. Le jeudi 15 mars suivant, 2 autres militaires, également parachutistes, Aben Chennouf, 25 ans et Mohamed Legouad, 24 ans sont tués. Un troisième soldat, Loïc Liber est quant à lui grièvement blessé. Le lundi 19 mars, devant l’école juive Ozar-Hatorah de Toulouse, Mohamed Merah exécute Jonathan Sandler, 30 ans, ses deux fils Arieh, 5 ans et Gabriel, 3 ans. Dans la cour de l’école, il rattrape par les cheveux la petite Myriam Monsonego, 8 ans, et l’exécute d’une balle en pleine tête, puis blesse un adolescent de 17 ans. Après diverses tentatives, les policiers du RAID abattent Mohamed Merah à Toulouse, dans son appartement où il s’était retranché.
Recrudescence des actes antisémites
Depuis cette tragédie, on assiste curieusement à une recrudescence des actes envers la communauté juive en France. Si de nombreux actes s’appuient sur la situation au proche-orient avec le conflit israélo-palestinien ou d’autres conflits inter communautaires, on s’inquiète également d’une montée de l’antisémitisme dans certaines minorités de la population française de confession musulmane ou dans d’autres parties de la population.
Pour l’année 2011, le SPCJ a recensé 129 actes (Homicide ou tentative, violence, attentat ou tentative, drégradation et vandalisme) et 260 menaces (propos, gestes menaçants, démonstrations injurieuses, tracts et courriers, inscriptions), soit un total de 389 actes. Depuis des années, ce chiffre ne descend jamais en dessous de 300, à savoir en moyenne un acte antisémite quotidien en France.
« Chercher une mémoire en Pologne m’a fait prendre conscience d’une ambivalence. Si la mémoire des juifs n’est plus à l’est mais à l’ouest, la mémoire juive est en partie à l’est. Que la mémoire soit dispersée est une banalité. Qu’elle passe aussi par la Pologne, même si le monde juif y fit englouti, fut pour moi une perception nouvelle. J’avais longtemps pensé, par principe, qu’il n’y avait rien à trouver, donc à chercher, du côté du monde englouti. C’était à tort. Seuls ceux qui ont décidé qu’il n’y avait rien à voir ne verront effectivement rien. »