Il connu sa première sélection en équipe nationale le 14 mai 1922 face à l’équipe de Hongrie qui remporta la partie 3 à 2. Klotz faisait partie des 3 joueurs juifs qui avaient été sélectionnés, le match se déroula au stade de Cracovie devant 15 000 spectateurs.
En 1925, Józef Klotz s’installa à Varsovie et rejoignit l’équipe du Makkabi Warszawa jusqu’en 1927. Il continua à jouer au football mais on ignore dans quel club.
Il mourut dans le ghetto de Varsovie en 1941, tué par les nazis.
Durant l’entre-deux guerres de très nombreuses équipes juives de football furent formées, principalement à l’initiative des mouvements juifs socialistes sionistes et antisionistes. Lire la page sur Le football dans la population juive d’avant guerre.
Une interview de Shelomo Selinger par Samuel Muller
Né en Pologne en 1928 à Szczakowa (aujourd’hui un quartier de Jaworzno en Silésie), Shelomo se retrouve enfermé dans le ghetto de Chrzanów avec son père durant la guerre. Il sera ensuite déporté en Allemagne et connaîtra 9 camps et 2 marches de la mort. Il sera sauvé in extremis à Teresin (Theresienstadt) par un médecin officier russe. C’est après la guerre, en Israël qui découvrira la sculpture.
Shelomo Selinger a réalisé le monument qui trône à l’entrée de l’ancien camp d’internement de Drancy.
La sculpture étant devenue pour lui un espace de liberté, il puise son inspiration dans la vie, l’amour, la liberté, les scènes bibliques et la mythologie grecque qu’il retranscrit dans le granit et le bois.
Le parcours atypique du compositeur de Flipper le dauphin
Henryk Warszawski est né en 1902 à Varsovie (alors sous domination russe) dans une famille de musiciens juifs. Sa plus jeune sœur était pianiste tandis que l’aînée était soliste à l’opéra de Varsovie et chantait également à la Scala de Milan. Henry Vars est décédé en 1977 à Los Angeles aux Etats-Unis où il était connu sous ce pseudonyme qui succéda à celui d’avant guerre de Henryk Wars. Henry Vars était pianiste, auteur-compositeur, arrangeur et chef d’orchestre.
Dans sa prime jeunesse, il habita en France avec sa famille, puis retourna en Pologne juste avant le déclenchement de la première guerre mondiale. Il commença à étudier à l’académie des Beaux-Arts puis entama une formation musicale grâce au violoniste et compositeur Emil Młynarski. En 1925 il obtint son diplôme du Conservatoire National Supérieur de Musique de Varsovie où il étudia le piano et la composition. Henryk Wars en 1944 (Cliquer pour agrandir) Photo auteur inconnu
Il commença à exercer le poste de directeur musical pour les Editions Syrena, une maison de production de disques très célèbre à cette époque en Pologne. Il composa sa première chanson en 1926 et se produisit comme chef d’orchestre dans de nombreux cabarets et théâtres de Varsovie. Il démarra ensuite sa carrière de compositeur de musique de films et d’auteurs de chansons pour comédies musicales dès 1930. Devenu très célèbre durant l’entre-deux guerres, il composa un tiers des musiques des 150 films du cinéma polonais d’avant guerre, aussi bien des accompagnements de comédies, de drames, de romances ou de comédies musicales.
Dans le cadre de l’exposition W sercu Kraju (au cœur du Pays) qui se tient au Pavillon Emilie Plater et qui présente une collection du Musée d’Art Moderne de Varsovie, est visible le triptyque vidéo de l’artiste israélienne Yael Bartana.
Cette création diffusée sous le titre And Europe will be stunned se compose de 3 courts métrages qui ont été réalisés en Pologne…
Jan Żabiński (1897-1974) était un physiologiste et zoologue. Il suivit des études universitaires à Varsovie et à Lublin. Il fut l’un des fondateurs du zoo de Varsovie et son premier directeur de 1928 à 1951 (zoo situé dans le quartier de Praga). Durant la guerre, avec l’aide de son épouse Antonina, il aida de nombreux juifs.
Durant l’entre-deux guerres, le zoo de Varsovie était l’un des plus grand d’Europe. Une partie du zoo fut bombardée les premiers jours de septembre 1939 durant le déclenchement de la guerre, de nombreux animaux furent blessés ou tués. D’autres animaux épargnés furent expédiés vers l’Allemagne. Durant de nombreux mois des oiseaux exotiques et des aigles volèrent dans le ciel de Varsovie et des phoques cherchèrent refuge dans la Vistule, on vit également errer des chameaux et des lamas. Beaucoup d’animaux furent tués à la demande des autorités. Durant le temps de l’occupation, le zoo fut fermé et par la suite les terrains furent utilisés pour les cultures potagères et l’élevage de porcs pour la population de Varsovie. Beaucoup de gens cherchèrent un abri également dans le zoo, notamment des juifs échappés du ghetto. De par sa qualité d’employé municipal, son statut lui permettait d’entrer dans le ghetto, au motif de surveiller les arbres des jardins publics qui se trouvaient dans le ghetto ou pour récupérer des déchets en vu de nourrir les porcs qui étaient élevés dans le zoo.Jan Żabiński
Il profita donc de cet accès pour rendre visite à des amis juifs et les aider. Lorsque la situation devint critique dans le ghetto, il offrit son aide à des juifs, aussi bien à ses anciens fournisseurs du zoo qu’à d’autres, inconnus, également par l’intermédiaire de l’organisation Żegota. Il fournit aussi bien des papiers que des abris sur le terrain du zoo dans les enclos abandonnés, des souterrains ou comme dans sa maison à une douzaine de juifs. Parmi ceux hébergés, la famille Kenigswein qui fut cachée dans les bâtiments techniques du zoo et les enfants hébergés chez les Żabiński. Les juifs étaient régulièrement déplacés dans le zoo, parfois les cheveux teints en blond. Des résistants polonais trouvèrent également refuge dans le zoo. Afin de prévenir de l’imminence d’un danger dans la maison, lors de visites inattendues, Antonina donnait le signal en entammant un air de l’opérette La Belle Hélène de Offenbach sur son piano. En tant que lieutenant de l’Armée de l’Intérieur, Jan Żabiński participa à l’insurrection de Varsovie de 1944, il fut gravement blessé et envoyé comme prisonnier en Allemagne. Sa femme continua à apporter l’aide aux juifs rescapés des ruines du ghetto et de la capitale durant son absence. Dès 1947, les 40 hectares du zoo furent clôturés et des travaux de restauration furent entrepris.
C’est en 1965 que Jan Żabiński et sa femme Antonina furent reconnus comme Juste parmi les Nations par Yad Vashem. Au moins une centaine de juifs ont été ainsi secourus par le couple Żabiński. Parmi les juifs cachés par le couple, on trouve la famille Lewi-Łebkowski, Maurycy Frenkiel, Wanda Englertowa, Mme Weiss, Mme Poznańska, la famille Keller, Jolanta Kramsztykówna, Marysia Aszerówna, Rachel Auerbach, la famille Kenigswein dont Regina Kenigwein la fille de Shmuel Sobol qui était l’un des fournisseurs en fruits et légumes pour les animaux avant la guerre, Magdalena Gross… Magdalena Gross était une sculptrice animalière qui se cacha plusieurs mois dans la maison des Żabiński.
Après la guerre, Jan Żabiński reprit ses activités de zoologue et la direction du zoo de Varsovie. Connu du public, il anima plus de 1500 conférences, notamment de vulgarisation à la radio polonaise.
Le 15 avril 2015 s’est tenu l’ouverture du musée de la villa où l’on pourra découvrir leur histoire ainsi que les pièces de la villa où ils vécurent et le sous-sol où vécurent cachés de nombreux juifs. Quelques sculptures de Magdalena Gross qui avait été cachée durant la guerre sont présentées dans le sous-sol. Jonny Daniels dont l’organisation From the Depths travaille à la récupération des nombreux fragments de pierres tombales juives qui avaient été utilisées pour la reconstruction du zoo après la guerre et à leur retour vers le cimetière juif de Bródno, a apporté son soutien à l’ouverture du musée de la villa des Żabiński. Moshe Tirosh, enfant juif sauvé par le couple Żabiński a participé à l’inauguration également en présence des enfants Żabiński, Ryszard et Teresa. Le grand pianiste polonais Janusz Olejniczak nous a offfert un concert en jouant notamment une pièce d’Offenbach que jouait Antonina Żabiński pour prévenir ses juifs lorsqu’un danger approchait.
Le zoo de Varsovie est aujourd’hui l’une des curiosités de la capitale à visiter. Comme de nombreux zoos à travers le monde, il permet la protection de nombreuses espèces. Il abrite également sur son site de nombreux vieux arbres dont certains multicentenaires.
» Le site web du zoo de Varsovie.
En 2017 sort sur les écrans le film The Zookeeper’s Wife réalisé par Niki Caro et qui retrace cet épisode de la vie des Żabiński durant la guerre et dont le scénario se concentre sur Antonina, dont le rôle est joué par l’actrice Jessica Chastain. The zookeeper’s wife
Rutka est née en 1929, probablement à Gdańsk, alors Danzig. Son père Jakub Laskier et sa mère Dvora Hampel étaient originaires de Będzin, une ville située au nord-est de Katowice en Haute Silésie, dans le sud de la Pologne. La présence des juifs à Będzin est très ancienne puisqu’elle remonte au début du XIIIème siècle. La famille Laskier était copropriétaire d’une minoterie à Będzin. Les parents de Rutka s’installèrent en Poméranie à Gdańsk après leur mariage en 1925 où Jakub exerça en tant qu’employé de banque. La famille fut de retour à Będzin en 1930 et le petit frère de Rutka, Heniuś naquit en 1937.
Début 1940, un ghetto fut établi à Będzin où furent confinés 30 000 juifs. Les Laskier emménagèrent avec d’autres familles dans une maison qui fut réquisitionnée à la famille polonaise Sapińska. Alors que le ghetto était encore ouvert, la jeune Stanisława Sapińska, un peu plus âgée que Rutka, se rendit dans la maison familiale et se lia d’amitié avec Rutka. Sentant le dénouement arriver le 24 avril 1943, dernier jour noté dans son cahier, elle fit part à Stanisława de l’existence du journal et lui demanda son aide pour le cacher afin qu’il puisse servir de témoignage. Le journal fut alors placé dans un faux-plancher de l’escalier. La famille Laskier fût transférée vers le ghetto fermé de Kamionka situé à un autre endroit de la ville et Rutka fut employée dans une usine. Rutka Laskier
La famille fut déportée vers le camp d’Auschwitz-Birkenau en août 1943. Un témoignage retrouvé rapporte qu’en décembre 1943, Rutka attrapa le choléra. Elle fut transportée jusqu’à la chambre à gaz par une amie codétenue, Zofia Minc, qui témoignera par écrit après la guerre. Sa mère, sa grand-mère et son petit-frère périront également. Le journal fut retrouvé par Stanisława après la liquidation du ghetto lorsque les polonais furent de nouveau autorisés à reprendre possession de leur maison. Stanisława garda le précieux journal dans sa bibliothèque durant 63 années. Ce n’est qu’en 2005, après l’intervention de Adam Szydłowski, alors président du Centre de culture juive de la région de Zagłębie et qui avait été informé de l’existence du journal, que celui-ci sera rendu public puis publié en polonais et enfin porté à la connaissance de Yad Vashem. Dans son journal qu’elle écrit en cachette, en polonais, elle raconte ses préoccupations d’adolescente, ses rapports avec ses amis, ses premiers émois amoureux dans lesquels il est question d’un certain Janek. Elle y relate également la dure vie dans le ghetto, les exactions et aussi la réalité de la prise de conscience du destin qui se noue, l’existence non loin de là à Auschwitz des chambres à gaz et des fours crématoires dont personne n’ignore l’existence. Extrait: « 20 février 1943 : J’ai le sentiment que j’écris pour la dernière fois. Il y a une rafle en ville. Je n’ai pas le droit de sortir et je deviens folle : emprisonnée dans ma propre maison ! Toute la ville suspend son souffle et attend. Cette attente est pire que tout et je souhaite que cela finisse vite ! Ce supplice est infernal. J’essaye de chasser ces pensées, mais le lendemain elles continuent de me harceler comme des mouches … Après la guerre Jakub Laskier qui survécu à la tragédie émigra en Israël, il se remaria et eut une fille prénommée Zahava. Celle-ci, alors âgée de 14 ans, appris l’existence de la première famille de son père après avoir découvert tardivement la photo de Rutka et de Heniuś dans un album photos.
En juin 2007, Stanisława Sapińska s’est rendue à Yad Vashem pour assister à la cérémonie de remise du journal de Rutka en présence de la demi-sœur de Rutka, Zahava, de l’ambassadeur d’Israël en Pologne, du maire de Zagłębie et du directeur de Yad Vashem. Le journal de Rutka Laskier rejoint celui d’Anne Frank, elles ont témoigné à travers des cahiers les derniers souffles de leur jeunesse perdue.
Un documentaire de 40 mn a été réalisé par Alexander Marengo pour le compte de la BBC et a été diffusé en 2009. Il relate le voyage de la demi-soeur de Rutka, Zahava Sherz en Pologne. The Secret Diary of the Holocaust (en) parties : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9.