Un festival de la culture juive à Paris en plein air !

Rêvons un peu, juste quelques instants…

Oui, imaginons un grand festival d’une semaine au cœur de la capitale française, sur le thème du judaïsme, avec pour point d’orgue des concerts qui se dérouleraient tout un week-end durant sur une grande scène dressée par exemple place de la République ou place de la Nation.

Je parle ici d’un festival en extérieur, ouvert à tous, comme ceux qui se déroulent à Cracovie depuis 25 ans et à Varsovie depuis 11 ans, avec certaines retransmissions télévisées, avec des affiches un peu partout à travers la capitale et des annonces à la radio nationale.

Festival Singer à Varsovie
Festival Singer à Varsovie (cliquer pour agrandir) – © www.shabbat-goy.com

Imaginons donc un festival avec pour démarrer la fin de semaine une célébration du Shabbat en plein air sur l’une de ces places parisiennes, autour d’une grande tablée de 40 mètres de long ou plus, d’où s’élèveraient la cérémonie proprement dite puis des chants enthousiastes et plein d’entrain en hébreu.
Imaginons quelques balades à thèmes organisées dans certains quartiers, accompagnées par un groupe de musique klezmer, imaginons des visites guidées dans certains arrondissements sur l’histoire d’un quartier, de personnages emblématiques du monde juif, imaginons un cour de danse juive en plein air, des ateliers, des concerts, des rencontres, des expositions, un marché ouvert à tous, sans protection particulière…
Oui imaginons juste cela.
Simplement pour comprendre qu’une telle chose est tout simplement irréalisable à Paris, même dans l’imagination. Et également impossible à organiser dans d’autres grandes villes de France au risque de manifestations, de perturbations, voire d’émeutes.
Pourtant, en Pologne, ces grands festivals en plein air, au cœur de grandes villes, c’est possible, et depuis longtemps déjà.

En 2014 se sont déroulés plus d’une quarantaine de festivals et manifestations à travers le pays consacrés à la culture juive.

Les festivals de la culture Juive en Pologne

Un engouement indéniable et constant

C’est en 1990 que le premier grand festival de la culture juive a été donné à Cracovie. Depuis, cet événement rassemble chaque année des milliers de personnes une semaine durant autour de rencontres culturelles, historiques et musicales.
Agnieszka Giś, une bénévole du Centre de la communauté juive de Cracovie a rassemblé ci-dessous la liste des principaux festivals qui se sont déroulés cette année en Pologne. Cette longue liste met en exergue l’intérêt croissant qu’éprouvent nombre de polonais pour la culture et l’histoire juives de leur pays. A ce jour, la Pologne est le seul pays européen où se déroulent autant de manifestations et d’intérêt pour la culture juive, une manière de donner une autre perception de ce pays qui assiste à une renaissance de la vie juive avec plusieurs communautés très actives à travers le pays et une découverte de la culture juive pour les uns ou celle de racines juives pour les autres.

Festival de la Culture Juive de Cracovie
Festival de la Culture Juive de Cracovie (Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

Liste des festivals sur le thème du Judaïsme qui se sont déroulés en 2014 en Pologne

Szczecin (18-21 mars) 3ème édition des Journées de la culture Juive Adlojada (3th Adlojada Days of Jewish Culture).

Varsovie (22-27 avril) 10ème édition du Festival du film Juif (10th Jewish Motifs Film Festival).

Poznań (10-11 mai) 2ème édition du Festival de rue Juif (2nd Jewish Street Festival).

Varsovie (22-25 mai) 5ème édition du Festival de la nouvelle musique Juive (5th New Jewish Music Festival).

Varsovie (25-28 mai) 17ème édition du Festival des journées du livre juif (17th Jewish Book Days festival).

Wrocław (6-10 juin) 16ème édition du Festival Simcha de la culture Juive (16th Simcha Jewish Culture Festival).

Chmielnik (14 juin) 12ème édition des rencontres avec la culture Juive (12th Meeting with Jewish Culture).

Cracovie (7 juin) 7ème édition de la nuit des Synagogues (7@Nite festival – Night of the Synagogues).

Białystok (13-15 juin) 1ère édition du Festival Zachor son et couleur (1st Zachor Festival Color & Sound).

Oświęcim (25-28 juin) 5ème édition du Festival de la vie ( 5th Oswiecim Life Festival).

Zduńska Wola (27-29 juin) 2ème édition du Festival des trois cultures (2nd Festival of Three Cultures).

Cracovie (27 juin-6 juillet) 24ème édition du Festival de la culture Juive (24th Jewish Culture Festival).

Szczekociny (7 juillet) 7ème édition du Festival Yahad de la culture Juive (7th Jewish Culture Festival Yahad).

Sud-ouest Pologne (12-26 juillet) 4ème édition des journées éducatives et artistiques – Sur les pas de Singer; organisées par le Centre Brama Grodzka de Lublin et le Théâtre NN (4th festival In the Footsteps of Singer festival).

Kazimierz Dolny (25-28 juin) 5ème édition du Festival Rencontre avec la culture Juive (5th Pardes Festival).

Lelów (22-24 août) 12ème édition du Festival Ciulim-Tcholent (12th Ciulimu-Czulentu festival).

Varsovie (23-31 août) 11ème édition du Festival Singer de la culture Juive (11th Singer’s Warsaw Festival ).

Source: Tablet Magazine on the News.

Le festival des 4 cultures de Łódź ou le festival Silésien de la culture Juive organisé en Silésie ainsi que d’autres rencontres durant des manifestations culturelles s’ajoutent à cette liste déjà longue et où on constate que certains d’entre-eux sont désormais installés de longue date dans le paysage culturel polonais.

Document PDF à télécharger ci-contre, la liste exhaustive des festivals de culture Juive recensés en Pologne pour l’année 2014 par Agnieszka Giś.

Blog ci-contre sur son blog Jewish Heritage Travel, Ruth Ellen Gruber nous présente les listes des festivals de Culture Juive qui se sont déroulés en Europe ces dernières années.

> Extrait d’une interview de Konstanty Gebert parue dans le magazine Moment:
Quelles genre de relations existe t-il aujourd’hui entre les juifs polonais et les polonais non-juifs ?
Les choses les plus fascinantes qui se déroulent aujourd’hui dans la vie juive en Pologne se produisent à la jonction entre la communauté juive et la société polonaise dans sa globalité. On assiste à une épidémie de festivals de la culture juive dans toute la Pologne et ils sont généralement produits par des non-Juifs. Et le public est non-juif. Les participants sont généralement ou souvent juifs. Il s’agit d’une tentative par les Polonais de recréer ce que fut pendant des siècles un élément important de la vie polonaise. C’est à dire une présence juive et une culture juive. Les juifs sont impliqués, mais c’est essentiellement une initiative polonaise.

Les articles sur les festivals sur Shabbat Goy.

Concerts de clôture du Festival Singer de Varsovie

Le festival phare de la culture juive en Pologne

Hier soir s’est achevé la XIème édition du Festival Singer de la Culture Juive avec 2 concerts de grande qualité offerts au public venu très nombreux assister à l’événement, sur la scène de la place Grzybowski située au cœur de l’un des anciens quartiers juifs de la capitale.
Placé sous le signe de la mémoire de Szymon Szurmiej (1923-2014), le directeur du théâtre juif de
Varsovie
disparu cette année, ce festival confirme d’année en année sa place dans les grands événements culturels de promotion de la culture juive en Pologne et en Europe.

Frank London et Yaakov Lemmer

Festival Singer 2014 - Varsovie - Yaakov Lemmer
Festival Singer 2014 – Varsovie – Yaakov Lemmer (cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

Le premier concert réunissait Frank London et la voix puissante et magique de Yaakov Lemmer autour d’une pléiade de musiciens comme Christian Dawid, Sanne Möricke, Guy Shalom accompagnés à la contrebasse par Benjy Fox-Rosen.

 

David D’Or et Sanya Kroitor

Festival Singer 2014 - Varsovie - David D'Or
Festival Singer 2014 – Varsovie – David D’Or (cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

David D’Or a enflammé l’espace et les cœurs avec sa voix magistrale et ses musiciens qui nous ont offert de grands moments de rythme et d’émotion.

 

Gołda Tencer, fondatrice et directrice du Festival Singer de Varsovie, co-directrice du Théâtre Juif de Varsovie et Présidence de la Fondation Shalom nous rappelait la mémoire de Szymon Szurmiej, ancien directeur du Théâtre Juif de Varsovie.

Festival Singer 2014 - Gołda Tencer
Festival Singer 2014 – Gołda Tencer (cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

Se succédaient sur scène Zvi Rav-Ner, ambassadeur de l’Etat d’Israël en Pologne, Zygmunt Rolat, philantrope et grand activiste de la culture juive à travers le monde, des membres de l’organisation du festival et le grand Rabbin de Pologne Michael Schudrich qui faisait remarquer avec justesse qu’il y avait aujourd’hui très peu de capitale en Europe où l’on pourrait organiser un grand festival de la culture juive !

Un grand bravo à destination de Gołda Tencer et de toute son équipe pour ce désormais célèbre et brillant festival !

Le site du Festival Singer de la Culture Juive.
Le site de la Fondation Shalom.
Le site du Théâtre Juif de Varsovie.

Festival Singer de la Culture Juive 2014

Shabbat Shalom à Varsovie

Ce vendredi 29 août, célébration du Shabbat sur la place Grzybowski de Varsovie où se déroule la XIème édition du Festival Singer de la Culture Juive (23-31 août 2014).

Festival Singer 2014 - Shabbat Shalom
Festival Singer 2014 – Shabbat Shalom (Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com

Des invités et acteurs du théâtre juif se sont retrouvés autour de Gołda Tencer, la Présidente de la Fondation Shalom et organisatrice et fondatrice du Festival Singer de la Culture Juive, actrice, chanteuse et directrice du théâtre juif de Varsovie.
Le festival qui rencontre toujours un grand succès se déroule du 23 au 31 août 2014 sur la place Grzybowski, autrefois le centre de l’un des quartiers juifs de la capitale.

Découvrir l’histoire de la place Grzybowski de Varsovie.

Le Festival Singer à Leoncin

Leoncin célèbre Isaac Bashevis Singer, l’enfant du pays

Dans le cadre de la XIème édition du Festival Singer de la Culture Juive qui se tiendra à Varsovie du 23 au 31 août 2014, le festival a fait pour la première fois une étape à Leoncin non loin de Varsovie le 17 août 2014 pour fêter l’enfant du pays, Isaac Bashevis Singer dont une stèle a été inaugurée pour l’occasion dans le parc attenant à la mairie par le représentant des lieux Adam Krawczak.

Isaac Bashevis Singer - Leoncin
Stèle Isaac Bashevis Singer à Leoncin (Cliquer pour agrandir) – © www.shabbat-goy.com

Hormis les amoureux et curieux de culture juive en Pologne venus pour l’occasion, l’événement n’a pas rassemblé la foule escomptée sur ce canton qui compte près de 5000 habitants. Un atelier de lecture et d’initiation aux traditions juives à destination des enfants de Leoncin a été mené au sein de la bibliothèque du groupe scolaire, le programme a été quelque peu modifié, néanmoins les visiteurs ont pu apprécier le magnifique concert donné par des artistes du Théâtre Juif de Varsovie venus pour l’occasion et la soirée s’est terminée par un autre concert donné par Adam Nowak (ancien leader du groupe Raz, Dwa, Trzy) et Karim Martusewicz.

Isaac Bashevis Singer (1902-1991), de son véritable nom Izaak Zynger (le pseudonyme Baszewis provenant du nom de sa mère – Bathsheba) est né à Leoncin, une petite bourgade située à 25 km au nord-ouest de Varsovie. Né dans une famille juive orthodoxe (son père est rabin et sa mère fille du rabin de Biłgoraj), il ne restera que jusqu’à sa cinquième année à Leoncin. Devenu l’un des écrivains emblématiques en langue yiddishe, il émigre aux Etats-Unis en 1935. Il recevra le Prix Nobel de littérature en 1978 pour son oeuvre.

Découvrir Isaac B. Singer sur Wikipedia.

Isaac Bashevis Singer, 1975 - © Bruce Davidson / Magnum Photos
Isaac Bashevis Singer, 1975 – © Bruce Davidson / Magnum Photos

Commander l’excellente biographie sur Isaac Singer écrite par Agata Tuszyńska : Singer, Paysages de la mémoire.

10ème édition du Festival International « Thèmes Juifs » de Varsovie

Les films récompensés

Soldier on the roof de Esther Hertog.
Youth de Tom Shoval.
Ponevezh Time de Yehonatan Indursky.
The Women Pioneers de Michal Aviad.
Father and son de Paweł Łoziński.
Regina de Diana Groó.
The lady in number 6 de Malcolm Clarke.

10th International Festival Film Jewish Motifs
10th International Festival Film Jewish Motifs

Ci-dessous, une petite liste parmi les films présentés, que j’ai apprécié particulièrement.

Broadway musicals: a Jewish legacy
(Zydowska spuścizna na Broadwayu – Le patrimoine juif de Broadway)
Michael Kantor. USA 2013.
Le film décrit l’apport essentiel des mélodistes et compositeurs juifs dans la création des chansons et comédies musicales de Broadway durant une cinquantaine d’années. Un film extrêmement instructif où la contribution créative musicale juive, souvent inspirée de thèmes et mélodies d’Europe centrale, a été le noyau essentiel du développement de la comédie musicale de Broadway.
Extrait

Colette
Milan Cieslar. République Tchèque/Slovaquie 2013.
Le film retrace l’histoire fictive d’un homme et d’une femme, prisonniers à Birkenau, qui tombèrent amoureux l’un de l’autre pour se perdre à la fin de la guerre, puis se retrouver cinquante ans plus tard à New York lors d’un dîner initié par son fils et son amie qui s’avère être la fille de cet ancien amour qu’il retrouve à cette occasion. Au delà de l’histoire touchante et peut être improbable, c’est la première fois que je vois une reconstitution du camp de Birkenau avec certaines vues d’ensemble assez saisissantes.
Extrait

Soldier on the roof
(Zołnierz na dachu – Le soldat sur le toit)
Esther Hertog. Pays-Bas 2013.
Hébron, plantée dans cette ville biblique, l’histoire d’une colonie juive forte de 8000 âmes qui vit à côté de 120 000 palestiniens, continuellement protégé par un bataillon de l’armée israélienne. Un îlot au milieu du monde arabe où tout contact est banni d’un côté comme de l’autre.
Extrait

Le Métis de Dieu
(Zydowski Kardinał – The jewish cardinal)
Ilan Duran-Cohen. France 2013.
L’histoire de l’Archevêque de Paris Jean-Marie Aron Lustiger, né dans une famille juive d’origine polonais et convertit à l’âge de 14 ans. Le film nous entraine dans son ascension dans le clergé français et son implication auprès du Pape Jean-Paul II durant l’affaire du carmel d’Auschwitz, avec un Laurent Lucas parfaitement crédible dans ce personnage atypique.
Extrait

Farewell, Herr Schwarz
(Do Widzenia, Herr Schwarz – Au revoir monsieur Schwarz)
Yael Reuveny. Allemagne/Israël 2013.
L’auteur raconte son parcours à la quête de ce qui a bien pu mener sa grand-mère et son grand-oncle à une rupture radicale lors d’un rendez-vous manqué en 1945 à Łódź à la fin de la guerre lorsque elle est partie s’installer et vivre en Israël et lui changer de nom et partir vivre en Allemagne dans une ville où il avait été interné dans un camp pour refaire sa vie. Elle découvre une autre partie de sa famille, allemande, un oncle qui considère la branche israélienne comme une part de sa famille et un cousin tourné vers le monde et l’héritage juifs et qui aspire à vivre en Israël. Un film très bien cadré et construit.
Extrait

Father and son
(Ojciec i Syn – Père et fils)
Paweł Łowiński. Pologne 2013.
Tous deux réalisateurs, le père et le fils partent sur les routes et entament une réflexion sur leur vie familiale, leur rapport l’un à l’autre, leur vie, leur vision des années passées. Une confrontation père fils très intéressante sans lien avec leur judéité.
Extrait

Special interview
(Szczególny wywiad – Une interview spéciale)
Nitzan Rozenberg. Israël 2012.
Un très bon film dont le thème s’articule autour de la différence et du handicap. Efrat, une jeune fille trisomique et Matanel, handicapé léger rêvent de poser chacun une question au Président Obama. Elle de savoir ce qu’il compte faire pour l’égalité envers les handicapés et lui de savoir sa démarche dans la libération du soldat Gilad Shalit. Un sujet où les protagonistes nous émerveillent par leur humour, leurs angoisses et… leur naturel.
Extrait

Before the revolution
(Przed rewolucją – Avant la révolution)
Dan Shadur. Israël 2013.
Un film très intéressant qui nous ramène à l’aube de la révolution iranienne à Téhéran où vivait une forte communauté israélienne expatriée dans le cadre de la coopération économique et militaire avec l’Iran. Une communauté qui vivait dans une bulle et qui ne s’imaginait pas les bouleversements à venir et leur fuite éclair vers Israël.
Extrait

Holocauste – Is it a wall paper paste ?
(Holokaust – Klej do tapet ? – Holocauste – C’est de la colle pour papier peint ?)
Mumin Shakirov. Russie 2013.
A l’occasion d’un jeu télévisé, 2 soeurs jumelles russes font sensation lors d’une réponse à à question qu’est ce que l’Holocauste. A la suite de cet épisode, l’auteur prend contact avec les jumelles et décide de les emener visiter Auschwitz. Au delà de l’histoire par moment émouvante de ce voyage, le film met en lumière l’enseignement de la Shoah dans certains pays. Lors d’une édition passée du festival, j’avais pu visionner un autre film sur ce même sujet, tourné en Autriche où l’enseignement de l’Holocauste est souvent réduit à sa plus simple expression.
Extrait

Ponevezh time
(Czas Poniewieża)
Yehonatan Indursky. Israel 2012.
Une passionante plongée dans le monde du judaïsme ultra orthodoxe filmé dans le monde clos de la grande yeshiva Ponevezh en Israël qui rassemble 1200 étudiants. A travers plusieurs personnages, l’auteur décortique et analyse le fonctionnement de l’institution, avec certains étudiants à travers leurs moments de joie, de peine et de solitude.
Extrait

In between
(Pomiędzy – Entre deux)
David Ofek, Neta Shoshani. Israel 2013.
Dana et Amit se sont rencontrés lorsqu’ils avaient 25 ans. Depuis, ils se sont mariés et ont eu 2 enfants. Puis un jour, Amit a commencé à changer et est devenu un juif orthodoxe. La caméra de l’auteur vient s’insérer au milieu d’une nouvelle situation du couple face à son avenir avec Dana qui souhaite continuer à vivre comme avant et Amit qui lui reproche ses tenues légères et souhaite inscrire ses enfants à l’école religieuse. Un très bon film sur un problème de couple somme toute universel et transposable.
Site

The Stigma ?
(Piętno – Stigmatisation)
Martí Sans. Espagne 2013.
Un excellent film sur l’histoire de l’antisémitisme en Espagne depuis le début de notre ère puis durant l’expulsion des juifs de 1492 et ses répercussions désastreuses sur la vie économique, culturelle et religieuse espagnole jusqu’aux formes d’antisémitisme moderne et ses faces parfois pernicieuses sous couvert d’antisionisme que l’on retrouve également en France. Mais ma grande surprise aura été d’apprendre aujourd’hui en Espagne et notamment en Catalogne, région indépendantiste dominée par les parties de gauche, la présence d’un antisémitisme aux contours variés profondément ancré dans la population, un antisémitisme sans juifs dont la profondeur dépasse de loin celui qui existe aujourd’hui en France et même en Pologne !
Extrait

Edition 2013 du festival.
Edition 2012 du festival.

Dixième édition du festival international « Thèmes juifs »

Kino Muranów – Edition 2014

Du 22 au 27 avril 2014 se déroule au cinéma Muranów (ul. Andersa 5) à Varsovie la 10ème édition du festival international cinématographique «Thèmes juifs».

Une trentaine de films et documentaires sont présentés lors de ce festival ainsi que 4 films d’Andrzej Wajda projetés lors d’une rétrospective du réalisateur.

Programmation des films.

Cette dixième édition confirme le succès de cette manifestation. Financé par de nombreux mécènes et partenaires, l’accès aux 2 salles est gratuit et ouvert à tous. Les films sont sous-titrés en anglais et/ou en polonais selon leur origine.

Site web du Festival.
Site web du cinéma Kino Muranów.

Dixième édition du festival international « Motifs juifs »
Dixième édition du festival international « Motifs juifs » © www.shabbat-goy.com

Dixième édition du festival international « Motifs juifs »
Dixième édition du festival international « Motifs juifs » © www.shabbat-goy.com

Le Musée Errant du Juif non-peint

The Wandering Museum of the Jew not Painted

La Fondation du Musée Errant du Juif non-peint a rassemblé un fonds de plus de 10 000 journaux polonais et étrangers datant du XIXème siècle dans lesquels de superbes illustrations, réalisées par la technique de la gravure sur bois, mettent en scène des personnages de tous horizons, origines et cultures, notamment des illustrations de juifs, soit imaginées par leur auteur, soit reproduits à partir de personnages réels.
L’Imaginaire et le Réel, tel est le thème de l’exposition présentée par Paweł Szapiro, au foyer du Théâtre juif de Varsovie durant le Festival Singer de la culture juive.

Sont exposées de nombreuses gravures de personnalités juives, acteurs, hommes d’affaires, philanthropes, artistes, médecins, religieux, écrivains, éditeurs, etc, qui étaient alors choisis par rapport à leur assimilation dans la société polonaise, leur émancipation ou leur appartenance à un judaïsme réformé.

Le Musée Errant du Juif non-peint - Żyd Niemalowany Muzeum Wieczny Tułacz
Baer Meisels – Le Musée Errant du Juif non-peint (cliquer pour agrandir) © www.zyd-niemalowany.pl

Le site du Musée Errant du Juif non-peint.
Un extrait du catalogue de l’exposition.
Adresse : Place Grzybowski 12/16. Varsovie.

9ème festival international du film «Thèmes Juifs»

>La neuvième édition du festival international du film juif qui s’est tenue au cinéma Muranów de Varsovie vient de récompenser le film The flat (l’appartement) de Arnon Goldfinger.

J’ai pu assister ce week-end au visionnage de certains films et documentaires dont vous trouverez mes impressions ici ainsi que la liste des récompenses.
» Lire la suite

Situé dans le quartier de l’ancien ghetto, le Kino Muranów (5 rue du général Anders), est un cinéma à 2 salles très convivial, où se déroulent de nombreux festivals cinématographiques à thème.

9ème festival international du film juif
9ème festival international du film juif

Neuvième édition du festival international « Motifs juifs »

Kino Muranów – Edition 2013

Du 23 au 28 avril 2013 se déroulera au cinéma Muranów (ul. Andersa 5) à Varsovie la 9ème édition du festival international cinématographique «Motifs juifs».

Découvrir la liste des films sur le site du festival.

Les films et documentaires sont présentés au public tout le long de la semaine. Les projections sont réalisées avec un système de sous-titrage en anglais et en polonais.

Edition 2012.

Huitième édition du festival international « Motifs juifs »

Samuel Willenberg, l’un des deux derniers de Treblinka

Dans le cadre du 8ème festival international cinématographique «Motifs juifs» qui s’est tenu à Varsovie du 25 au 29 mai 2012 au cinéma Muranów (situé dans le quartier où se trouvait le grand ghetto) à l’occasion duquel une trentaine de films et documentaires ont été présentés, on a pu assister à la projection du documentaire Just the two of us (juste les deux derniers d’entre-nous, Tylko nas dwóch) réalisé par Tzipi Baider. Ce film émouvant présente les deux derniers rescapés encore en vie du camp d’extermination de Treblinka, Samuel Willenberg (sur la photo) et Kalman Taigman.

Samuel Willenberg et Tzipi Baider (droite)
Samuel Willenberg et Tzipi Baider (droite)
© shabbat-goy.com

Samuel Willenberg est un sculpteur et peintre israélien né en 1923 à Częstochowa, Pologne, d’un père professeur d’art dans une école juive et d’une mère orthodoxe russe convertie au judaïsme.
En 1939, alors âgé de 16 ans, il est sérieusement blessé dans les environs de Chełm lors d’un engagement contre l’Armée Rouge. Par la suite, sa famille s’installe à Varsovie en 1942 puis Samuel rejoint Opatów où il se retrouve enfermé dans le ghetto. En octobre 1942, il est déporté vers le camp d’extermination de Treblinka.
Après avoir déclaré travailler comme maçon, il échappe miraculeusement à l’extermination de tout le convoi et est dirigé vers le Sonderkommando. Il se retrouve à travailler aux tri des affaires et des biens des victimes assassinés et un jour il reconnait parmi les vêtements ceux de ses 2 sœurs disparues à Treblinka.
Une de ses fonctions consistait également à la coupe des cheveux des femmes, tache dramatique puisqu’elle se déroulait dans la chambre à gaz juste avant la dernière étape. De cette terrible expérience, il en gardera le souvenir indélébile d’une jeune femme, Ruth Dorfman dont l’image reviendra souvent hanter sa mémoire, image qu’il retranscrira à travers ses créations futures.
Le 2 août 1943, il s’évade lors de la révolte du camp de Treblinka, et réussi à s’échapper malgré une blessure par balle à la jambe. Il rejoint la capitale polonaise où il se cache puis il participe à l’insurrection de Varsovie en 1944 en combattant au sein du bataillon Ruczaj de l’Armia Krajowa. Il continua ensuite le combat avec les partisans.
Après la guerre, il s’installe en Israël et exerce une carrière d’ingénieur dans la construction.
L’âge de la retraite venu, il se dirige vers une activité artistique et suit des cours aux Beaux-Arts et à l’université de Jérusalem où il étudie la sculpture. Son travail s’articule essentiellement sur le thème de la Shoah et ses travaux sont vite reconnus.
Ses œuvres sont exposées à Varsovie en 2003 puis à Częstochowa en 2004. Samuel est le créateur du monument inauguré en 2009 à Częstochowa à la mémoire des victimes du ghetto.
Depuis 1983, il accompagne des groupes de jeunes israéliens en visite en Pologne.
En 1994, il reçoit de nouveau la nationalité polonaise.

Le camp d'extermination de Treblinka < br /> shabbat-goy.com
Le camp d'extermination de Treblinka
© shabbat-goy.com

Le documentaire Just the two of us a été réalisé par la Tzipi Baider en 2011 et met en scène Samuel Willenberg et Kalman Taigman qui revient en Pologne pour la première fois depuis la guerre. Le film retrace ce parcours vers Treblinka depuis Tel Aviv jusqu’à Varsovie puis dans cette forêt du nord est de la Pologne, en passant par le camp de Majdanek.
Avec les mots qui illustrent les souvenirs difficiles et les réparties autant comiques qu’ironiques de son compagnon de voyage Kalman, les 2 rescapés entament sur ce qui était le quai de transbordement du camp, dernière étape de la tragédie, cette fameuse et terrible chanson de Treblinka que les juifs prisonniers devaient apprendre, celle-la même que l’ancien officier SS Unterscharführer Franz Suchomel entonna devant Claude Lanzmann lors du tournage du film Shoah, et qu’il conclut en s’exclamant : «Vous êtes content ? C’est un original. Plus un seul juif ne connait ça…»

La chanson de Treblinka:
Le pas ferme, le regard sur le monde,
droit et loin,
les commandos marchent au travail.
Pour nous il n’y a plus aujourd’hui que Treblinka
qui est notre destin.
Nous avons assimilé Treblinka
en un clin d’œil.
Nous ne connaissons que la parole du commandant,
et seulement l’obéissance et le devoir,
nous voulons servir, servir encore,
jusqu’à ce que le petit bonheur, un jour,
nous fasse signe. Hourra !

Le documentaire se termine sur cette simple phrase de Samuel :
«Dieu n’était pas à Treblinka. Il devait être en vacances»…

Samuel Willenberg était l’un des 68 membres recensés du Sonderkommando de Treblinka, il portait le matricule 937. A ce jour, il est l’un des 2 derniers survivants du camp d’extermination de Treblinka. Il est l’auteur du livre Révolte à Treblinka.
Le camp d’extermination de Treblinka sur Shabbat Goy.

8ème Festival international du film juif
8ème Festival international du film juif - © shabbat-goy.com