Restauration de la synagogue de Cieszanów

Renaissance d'une synagogue en région de Basses-Carpates

La restauration de la synagogue de Cieszanów
La restauration de la synagogue de Cieszanów (Cliquer pour agrandir) - Photo www.shabbat-goy.com
Lors d'un récent déplacement dans cette région du sud-est de la Pologne, qui m'a mené à découvrir et revoir certains sites de l'histoire juive, je me suis arrêté à Cieszanów, une petite ville située au nord de Przemyśl (Galicie) à proximité de la frontière ukrainienne, à une quinzaine de kilomètres du site de l'ancien camp d'extermination de Bełżec. J'ai pu découvrir la très belle restauration de la synagogue de Cieszanów dont seules les ruines étaient visibles depuis les années 1990. Les travaux, menés par la Fondation pour la Préservation du Patrimoine Juif en Pologne (FODZ), devraient se terminer au mois de mai 2017. > Découvrir la synagogue de Cieszanów.

La dernière synagogue de style oriental en Pologne

Landé, une famille qui a marqué l'histoire des juifs d'Ostrów Wielkopolski

Il est une synagogue quasiment inconnue du grand public qui s'intéresse à l'histoire de la Pologne et qui ne figure pas sur les circuits touristiques dédiés au patrimoine juif. Pourtant cette synagogue possède quelque chose d'unique dans son architecture puisque c'est la dernière grande synagogue de style oriental que l'on peut admirer aujourd'hui en Pologne, à Ostrów Wielkopolski, en région de Grande Pologne (ouest), à une centaine de kilomètres au nord-est de Wrocław. Elle est à mes yeux l'une des plus belles synagogues aussi bien par le style mauresque unique de ses élévations et de ses deux tours que par sa double galerie en bois qui surplombe l'ancienne grande salle de prières. Elle fût inaugurée en 1860 et son architecte et bâtisseur s'appelait Moritz Landé.
La synagogue de Ostrów Wielkopolski restaurée en 2010
La synagogue de Ostrów Wielkopolski restaurée en 2010 (Cliquer pour agrandir) - Photo www.shabbat-goy.com
Moritz Landé
Moritz Landé (Cliquer pour agrandir) - Photo Domaine public
Moritz Landé est né en 1829 à Ostrów Wielkopolski, une ville polonaise alors appelée Ostrowo lorsque la province de Posen (Poznań) était sous domination germanique durant le XIXème siècle. Né dans une famille juive, il était le fils de Löbel Landé, un commerçant prospère établi en ville. Les origines de la famille remontent probablement à leur présence dans la ville de Landau dans le land de Rhénanie-Palatinat et serait affiliée à la lignée de la famille sacerdotale des Lévites. Dans cette ville germanique, les familles Landau étaient installées depuis de très longues générations, et, selon la tradition familiale, installées dès les premiers siècles de la chrétienté avec l'arrivée des légions romaines. Avec la persécution des juifs en terre germanique dès le XIème siècle, les familles émigrèrent vers l'est dans les territoires de la Pologne et de l'actuelle République Tchèque. Des enregistrements des familles sont notés à Cracovie, à Opatów et à Tarnopol en Ukraine. Beaucoup de descendants sont devenus prêtres et rabbins conformément à la tradition des lévites. C'est vers le XVIIIème siècle que le nom de Landau a été transformé en Lande. L'accentuation du nom, Landé, n'étant apparue qu'à partir du début du XIXème siècle à Ostrowo. Le premier représentant de la famille présent à Ostrów était Jakob ben Jicchak ha-Levi Lande, arrivé en ville très probablement depuis Kalisz vers 1770 pour prendre les fonctions de premier rabbin permanent. Il se maria avec Vögele, la fille d'un scientifique dénommé Samuel Cohen. Le rabbin Lande mourut en 1787 et fut enterré dans le cimetière juif de Ostrów. Jakob eut deux fils, Hirsh et Moses, et une fille Torza. Plusieurs générations de la filiation de Moses se sont succédée à travers ses 4 fils et 2 filles. Seul Löbel Landé (1788-1869) est resté à Ostrów alors devenue Ostrowo. un autre fils, Jakob, s'installa à Wrocław (Breslau) et Dawid, entrepreneur et industriel, géra ses affaires au travers d'une mine de tourbe, une trentaine d'ateliers de tissage situés à Kalisz et une filature de coton à Łódź. Löbel se maria avec Blume Zuckermann et ils eurent 14 enfants dont 5 filles et 5 garçons (les autres étant morts en bas-âge). Il exerça de façon prospère à Ostrowo comme commerçant notamment avec l'approvisionnement en fruits exotiques. Il a été le fondateur d'une synagogue et l'un des principaux bienfaiteur d'une école juive. Il fut l'un des premiers juifs naturalisé prussien en 1833. Parmi les enfants du couple Löbel et Blume, il y eut le futur architecte Moritz et Josef, qui devint un commerçant célèbre à Ostrowo puis à Berlin. Il est à noter qu'après la première guerre mondiale, on assista à une forte émigration des juifs d'Ostrowo, redevenue Ostrów, vers l'Allemagne. Hugo, le fils de Josef ouvrit un cabinet d'avocats en Allemagne à Elberfeld, il se maria avec sa cousine Tekla Landé, la fille de Moritz, et le couple fut très actif dans les mouvements socialistes et dans leur ville où Tekla fût l'une des premières femmes d'Allemagne à siéger dans un conseil municipal. Ils eurent quatre enfants. Leur fils aîné, Alfred Landé devint un grand scientifique, professeur à l'Université de Tübingen, puis chercheur à l'université Colombus, Ohio, aux Etats-Unis. Leur fille Charlotte exerça en tant que pédiatre, Franz devint musicien, compositeur et critique, il mourut à Auschwitz; et Eva qui fit carrière en tant que professeur puis œuvra au sein d'une organisation chrétienne d'Amérique dans la lutte contre la pauvreté. Moritz Landé fut éduqué par un percepteur puis il poursuivit ses études à Breslau (Wrocław). Il partit vivre chez son oncle Jacob Landé qui était architecte. Il se maria avec Sophie Block en 1857. Il dessina et dirigea l'édification de la synagogue de Ostrów Wielkopolski dont la construction s'étala entre 1857, avec la pose de la première pierre, et son inauguration en 1860 en présence du rabbin Aron Moses Stössel et des autorités de la ville. La synagogue fut réalisée dans un style architectural oriental mauresque. C'était alors l'un des bâtiments les plus prestigieux de la ville. Un grave accident survint en 1872 à la synagogue le jour de Yom Kippour où une coupure de gaz, qui était utilisé pour éclairer l'intérieur de l'édifice, provoqua un mouvement de foule durant lequel 19 personnes moururent piétinées. Le bâtiment édifié en briques s'inscrit dans un plan perpendiculaire avec une arche Sainte (Aron ha-Kodesh) située au sud de la grande salle de prières qui est surmontée par deux majestueuses galeries réalisées en bois. Les élévations intérieures et les boiseries sont ornées de polychromies. Les élévations extérieures furent réalisées avec des décorations architectoniques inspirées du style mauresque oriental qui se développa alors durant le XIXème siècle en Europe. Les deux tours situées côté rue à chaque extrémité de la synagogue offrent à l'ensemble une architecture unique et grandiose. Moritz Landé a été un bâtisseur et architecte de grand talent. Il a été le concepteur de l'un des cimetières juifs de Berlin. En 1864, il s'installa avec sa famille à Berlin où il mourut en 1888. Il fut inhumé dans le grand cimetière juif de Berlin de Weißensee.
Intérieur de la synagogue de Ostrów Wielkopolski restaurée en 2010
Intérieur de la synagogue de Ostrów Wielkopolski restaurée en 2010 (Cliquer pour agrandir) - Photo www.shabbat-goy.com
> Découvrir la synagogue de Ostrów Wielkopolski.

Visite de l’ancienne synagogue de Piotrków Trybunalski

La synagogue devenue bibliothèque municipale

La grande synagogue a été édifiée entre 1791 et 1793 probablement sous la houlette du célèbre architecte David Friedlander. Restaurée durant la seconde moitié du XIXème siècle dans un style oriental mauresque elle fut dévastée durant la guerre puis reconstruite dans les années 1960.
Ancienne salle de prières de la synagogue de Piotrków Trybunalski
Ancienne salle de prières de la synagogue de Piotrków Trybunalski (Cliquer pour agrandir)
Les élévations extérieures ont fait l'objet d'une complète rénovation ces dernières années. Une ancienne maison de prière est mitoyenne à la synagogue. Les juifs sont arrivé à Piotrków Trybunalski au début du XVIème siècle. Quelques décennies plus tard, ils représentaient un peu moins de la moitié de la population avec 2000 personnes. Durant l'entre-deux guerres, on dénombrait plus de 11 000 juifs en ville, soit 24% de la population. Les allemands établirent un ghetto en octobre 1939 regroupant plus de 9000 juifs dans un secteur constitué par le quartier juif. Il s'agissait alors du premier ghetto installé par les allemands en Pologne occupée. De nombreux autres juifs d'autres villes rejoignirent le ghetto et sa population s'éleva à 29 000 habitants l'année suivante. Il fut liquidé en octobre 1942. Après la guerre, on dénombrait encore 372 juifs à Piotrków Trybunalski qui quittèrent le pays les années suivantes. Depuis les années 1960, de très nombreux films ont été tournés à Piotrków Trybunalski, dans ce cadre particulier et préservé d'un centre ville à l'architecture typique d'une ville polonaise agencée autour de sa place du marché. C'est notamment le cas du film Jacob le menteur (Jakob the liar) avec comme vedette principale Robin Williams. Le centre ville ayant été rénové ces dernières années, le cadre un peu délabré de la vieille ville a disparu et risque de moins attirer les producteurs en recherche d'une identité plus ancienne.

Une journée à Płock

Traces d'une vie juive disparue

Płock est une ville située à 110 km nord-ouest de Varsovie dans la région de Mazovie. L'ancien cimetière juif n'existe plus, c'est aujourd'hui un parc. Le nouveau cimetière juif est toujours présent, quelques tombes subsistent à côté d'un mémorial déjà ancien. La dernière inhumation remonte à 1968. La synagogue a été entièrement restaurée et fait aujourd'hui partie intégrante du musée de Mazovie, elle est dédiée à la culture juive. L'ancien mikveh a été entièrement restauré et abrite une galerie d'art. Ces 2 derniers bâtiments ont été brillamment restaurés et révèlent leur architecture originale.
La synagogue de Płock avant sa restauration
La synagogue de Płock avant sa restauration (Cliquer pour agrandir)
La synagogue de Płock une fois restaurée
La synagogue de Płock une fois restaurée (Cliquer pour agrandir)
Subsistent également le bâtiment de l'ancien hôpital juif Izaak Fogl qui abrite des petites entreprises locales et quelques immeubles de l'ancien quartier juif puis ghetto durant la guerre.

Sur les traces de Shoah à Grabów

Grabów en région de Łódź (Łódzkie) est une bourgade située à une quinzaine de kilomètres du centre d'extermination de Chełmno.
La synagogue de Grabów
La synagogue de Grabów (Cliquer pour agrandir)
L'ancienne synagogue de Grabów est aujourd'hui située sur un terrain privé et inutilisée. Édifiée durant la seconde moitié du XIXème siècle, elle fut dévastée par les allemands, puis transformée en entrepôt et magasin de meubles après la guerre. C'est devant la synagogue que Claude Lanzmann, pour son film Shoah, a lu la lettre du rabbin de Grabów, Jakub Schulman, lettre que ce dernier avait envoyé à ses amis de Łódź. Grabów le 19 janvier 1942 Mes très chers, Je ne vous ai pas répondu jusqu'ici car je ne savais rien de précis sur tout ce qu'on m'a dit. Hélas, pour notre grand malheur, nous savons déjà tout maintenant. J'ai eu chez moi un témoin oculaire, qui grâce à un hasard, fut sauvé. J'ai tout appris de lui. L'endroit où ils sont exterminés s'appelle Chełmno, près de Dąbie, et on les enterre tous dans la forêt voisine de Ruchów. Les juifs sont tués de deux manières, par les fusillades ou par les gaz. Depuis quelques jours, on a même des milliers de juifs de Łódź et on en fait de même avec eux. Ne pensez pas que tout ceci soit écrit par un homme frappé de la folie, hélas c'est la tragique, l'horrible vérité. Horreur, horreur, homme ôte tes vêtements, couvre ta tête de cendres, cours dans les rues et danse, pris de folie. Je suis tellement las que ma plume ne peut plus écrire, créateur de l'univers, viens-nous en aide. Découvrir l'ancien Le shtetl de Grabów, la synagogue et le cimetière juif.

La synagogue de Praga en 1840

Une synagogue à l'architecture particulière

La synagogue de Praga en 1840-1841 vue depuis la rive gauche de la Vistule à Varsovie
La synagogue de Praga en 1840-1841 vue depuis la rive gauche de la Vistule à Varsovie - Photo Daguerréotype de Moritz Scholtz
La synagogue a été édifiée en 1836 d'après un projet architectural de Józef Lesser et financée par Berek (Ber) Szmulowicz Sonnenberg (même famille que le philosophe Henri Bergson), la synagogue de forme circulaire avait été bâtie dans un style classique et comportait une galerie pour les femmes dont l'entrée était séparée. Elle était dédiée à la communauté juive du quartier de Praga (rive droite). Dévastée pendant la guerre puis incendiée, elle fût enregistrée au registre des monuments en 1949, cependant, par manque de fonds dans cette difficile période de reconstruction, et dans un état avancé de dégradation et de pillage, elle fut démolie au début des années 1960. Dans le cadre de la loi sur la restitution des biens juifs, la communauté juive de Varsovie a reçu une compensation pour le terrain qui est devenu propriété de la ville. Un projet de reconstruction de la synagogue était dans l'air mais semble rester à l'état de projet. Les fondations de la synagogue existent toujours sous le jardin d'enfants qui se trouve aujourd'hui à cet endroit.

L’arche sainte de la synagogue de Zelwa

Des monuments perdus à jamais

Aron-Kodesh de la synagogue de Zelwa
Aron-Kodesh de la synagogue de Zelwa - Source Institut des arts de l'académie polonaise des sciences (Cliquer pour agrandir)
La magnifique Arche sainte - Aron kodesh (Aron ha-kodesz) de la synagogue de Zelwa (Biélorussie) sculptée dans le bois. Edifiée au XVIIIème siècle, la synagogue a été détruite durant la guerre et la communauté juive décimée. L'Arche Sainte est le nom donné par les juifs ashkénazes à cet espace sacré de la synagogue où sont entreposés les rouleaux sacrés de la Torah. Les juifs séfarades lui donne le nom de Temple. L'Arche Sainte est toujours positionnée à l'est dans la synagogue de telle manière que les fidèles soient tournés vers Jérusalem lors des offices. Elle rappelle, selon la tradition juive, l'Arche d'alliance relatée dans le livre de l'exode puis entreposée dans le Saint des Saints dans le second temple à Jérusalem. Souvent, sa forme rappelle un temple avec les colonnes de part et d'autre, elle est généralement surélevée. Les rouleaux de la Torah sont protégés par un rideau appelé parokhet qui rappelle le rideau qui séparait le Saint des Saints du reste du temple. C'est ce rideau dont il est fait mention dans les évangiles lors de la mort du Christ dans la tradition chrétienne "Les cieux s’ouvrirent et le rideau du temple se déchira". Dans les synagogues d'Europe centrale, les Arches Saintes étaient richement ornées et surmontées du décalogue. Elles étaient généralement réalisées en dur dans les synagogues en pierres et en briques, et en bois dans les synagogues à architecture bois. Celle de Zelwa était sculptée dans le bois alors que la synagogue était en dur. En Pologne, avant la guerre, on dénombrait environ 200 synagogues en bois, certaines très anciennes. L'une des plus grandes se trouvait à Zabłudów, une commune située au sud de Białystok. Elle ont toutes été détruites par les allemands durant la guerre. La photo est tirée du livre "Un monde perdu - les juifs polonais" qui présente une grande collection de photos réalisées entre 1918 et 1939.

Danzig 1939, les trésors d’une communauté détruite

La fin d'une histoire juive

Suite au traité de Versailles de 1919 qui mit fin à la première guerre mondiale, la Pologne recouvra son indépendance après plus d'un siècle d'occupation. A l'issu de ce redécoupage des frontières, l'ancienne cité hanséatique de Danzig fut érigée en ville libre (Freie Stadt Danzig) et placée sous la protection de la Société Des Nations (ancêtre de l'ONU).
La grande synagogue de Danzig avant sa démolition en 1939
La grande synagogue de Danzig avant sa démolition en 1939 (Cliquer pour agrandir) © The jewish museum / New York
Ci-dessus la grande synagogue de Danzig édifiée entre 1885-1887, peu avant sa démolition. Sur le porche d'entrée a été étalée une bannière sur laquelle on peut lire: La synagogue sera bientôt démolie. Sur la palissade de chantier qui a été dressée (non visible dans ce montage), une autre bannière avec cette inscription: Viens cher mois de mai et délivre-nous des juifs. La synagogue fut démantelée en mai 1939.

A cette époque là, 90% de la population était germanophone. L'avènement de Hitler au pouvoir, la revendication grandissante de la cité par le parti nazi pour le rattachement des populations allemandes au Reich et la montée du parti nazi à Danzig scellèrent le destin de la communauté juive dont les premiers membres, des marchands, s'étaient installés au XVIème siècle. Leur présence fut longtemps encadrée et autorisée dans le cadre de règles très strictes, la population juive ne dépassa jamais plus de 4% de la population totale. En 1938, la plupart des juifs de Danzig émigrèrent vers l'étranger. C'est durant cette période que les archives de la grande synagogue furent expédiées à Jérusalem et que le trésor constitué d'objets de cérémonie fut expédié à New York. Le dernier office à la synagogue intervint le 15 avril 1939, le démantèlement de l'édifice démarra le mois suivant.
Démolition de la grande synagogue de Danzig
Démolition de la grande synagogue de Danzig (Cliquer pour agrandir) © The jewish museum / New York

A propos du trésor de la grande synagogue

Reçu cette semaine le catalogue Danzig 1939: Treasures of a destroyed community édité en 1980 par le musée Juif de New York à l'occasion de l'exposition présentant une partie du trésor de la grande synagogue de Danzig.
Cette collection était constituée de plus de 300 objets dont une bonne moitié étaient présentés lors de cette exposition. Une partie de ces objets exposés au public provenaient de la collection privée de Lesser Gieldzinski *, une autre partie provenant de la grande synagogue de Danzig et anciennement des synagogues de Danzig-Breitgasse, Mattenbuden, Langfuhr et Schottland; et d'autres objets provenant de personnes privées. La plupart des objets présentés dataient du XVIIIème et XIXème siècle et pour certains du XVIIème siècle. L'ensemble de cette collection possède une localisation géographique bien définie qui permet d'étudier de manière précise l'art cultuel et les coutumes juives de la région ainsi que les technicités artistiques des artisans chrétiens locaux qui réalisèrent de nombreuses œuvres en s'appropriant les thèmes et les formes de l'art juif contemporain. Seul un artiste juif a pu être identifié parmi ces artisans de Danzig, il s'agit d'un certain Salom Italia, un graveur juif d'origine italienne ayant vécu durant la première moitié du XVIIème siècle. Du fait que les juifs étaient exclus de la guilde des artisans chrétiens, c'est à ces derniers que revenait la réalisation de ces pièces (Gerhard Hintz, un artisan chrétien fut exclu de la guilde en 1702 pour avoir employé des artisans juifs).

* Lesser Gieldzinski (1830-1910) était un collectionneur d'art, un humaniste et citoyen de Danzig. Il fit don d'une partie de sa collection d'objets de culte et de cérémonie à la communauté juive de Danzig en 1904. Parmi ces objets, une couronne de Torah en argent provenant d'Italie et datée de 1699, qui avait été perdue lors d'un pogrom en Russie puis retrouvée.
Couronne de Torah - Joachim Hübner - Berlin 1779 . Collection provenant du trésor de la grande synagogue de Danzig
Couronne de Torah - Joachim Hübner - Berlin 1779 . Collection provenant du trésor de la grande synagogue de Danzig (Cliquer pour agrandir) © The jewish museum / New York

Le thème du trésor de la synagogue de Danzig sera développé lors de la mise en ligne de la présentation de la grande synagogue de Danzig.

Synagogues de Pologne vues par Wojciech Wilczyk

Vie et destin des synagogues polonaises

Il y a quelques années, j'avais acheté le livre de Wojciech Wilczyk (anglais/polonais) Niewinne oko nie istnieje que l'on pourrait traduire par "l’œil innocent n'existe pas" (ou le regard plutôt). Ce livre édité en 2008 est une véritable petite bible de près de 700 pages sur les synagogues en Pologne. Son auteur, spécialiste de la photographie documentaire, a en effet parcouru le pays durant plusieurs années et ramené des centaines d'images de ces multiples synagogues et maisons de prières qui ont survécu au temps, ou pas pour certaines d'entre-elles.
Quasiment aucune aujourd'hui n'est dédiée au culte, pour la bonne et simple raison que les juifs ne sont plus là. Depuis la fin de la guerre, elles ont souvent connu de nombreuses autres vies, généralement elles ont été transformées en entrepôts ou en magasins au sortir de la guerre après avoir été relevées de leurs ruines puisque l'immense majorité des synagogues de Pologne ont été dévastées ou incendiées, souvent dès 1938 (nuit de cristal) pour celles qui étaient situées sur les territoires actuels de la Pologne occidentale.
Elles ont ensuite été transformées durant les décennies communistes qui ont suivi en magasins, halles marchandes, cinémas, restaurants, postes de police, caserne de pompiers, galeries d'art, maisons d'habitation, ateliers, entrepôts, bars, banques, église de Jéhovah, musées, bibliothèques, salles de sport, bureaux administratifs et même piscine municipale comme l'ancienne synagogue de Poznań transformée de la sorte pour la détente des soldats de la Wehrmacht et dont le nouvel usage est encore en activité aujourd'hui. Nombre d'entre-elles ont été restituées aux communautés juives éparpillées dans le pays. Une partie de ces synagogues ont été rénovées et dédiées à des activités culturelles et de souvenirs du judaïsme, d'autres ont poursuivi leurs activités commerciales dans le cadre de baux initiés par ces mêmes communautés car il est devenu difficile de mener à bien des projets coûteux de restauration. D'autres sont aujourd'hui en ruines ou à l'état d'abandon car les petites communes où elles se situent ne disposent pas de fonds souvent très substantiels à investir pour mener à bien un projet de revitalisation. Restaurer une synagogue ne se limite pas à redresser murs et toitures ou à redonner une certaine magnificence d'antan, restaurer une synagogue, c'est un projet global, conséquent et mûrement réfléchi à mener entre les autorités municipales et régionales qui amènent des fonds et les communautés juives dans une perspective commune qui nécessite la mise en place des activités dédiées, du personnel, des fonds allouées chaque année pour l'entretien et le développement.
Exposition Wojciech Wilczyk
Exposition Wojciech Wilczyk (Cliquer pour agrandir) © www.shabbat-goy.com
A Ostrów Wielkopolski, l'ancienne et dernière grande synagogue de Pologne de style oriental mauresque, restituée à la communauté juive de Wrocław a été vendue en 2005 à la municipalité avec obligation de la dédier à des activités culturelles. En effet, la communauté ne disposait pas des fonds importants pour mener à bien cette grande et magnifique restauration qui a été entreprise par la ville. Elle est devenue à mes yeux l'une des plus belles synagogues de Pologne, encore bien mal connue.
Paradoxalement, toutes ces nouvelles vie dont beaucoup s'offusquent aujourd'hui ont permis à ces centaines de synagogues et maisons de prières de survivre aux vicissitudes du temps et pour plusieurs d'entre-elles de retrouver leur éclat et leur raison d'être.
Il est certain que si durant ces décennies communistes ces synagogues avaient été laissées en l'état il n'y en aurait plus beaucoup encore debout aujourd'hui. Un moindre mal diront certains. C'est tout le dilemme de ces synagogues sans juifs, de ces bâtiments sortis de l'oubli ou de l'indifférence grâce à l'objectif de Wojciech Wilczyk.

Jusqu'au 4 janvier 2016 se tient au Musée de l'Histoire des Juifs polonais de Varsovie l'exposition Wojciech Wilczyk: (nie)widzialne/ (in)visible” qui présente une partie de ses photographies.

Expression antisémite en Pologne

Durant ses visites dans les villes de Pologne, Wojciech Wilczyk en a profité pour saisir sur pellicule les tags et inscriptions antisémites visibles sur de nombreux murs qu'il présente dans le cadre de cette exposition. Si certaines inscriptions sont carrément antisémites, beaucoup d'autres illustrent les invectives et injures proférées entre certains supporters de clubs de football envers l'équipe adverse, "juif" étant devenu l'injure et la caricature ultime pour attaquer l'adversaire, notamment auprès de hooligans de Łódź, de Cracovie ou de Varsovie. Il s'agit là d'un phénomène pas nouveau, apparu depuis la chute du communisme, et déjà présent chez certains supporters d'autres équipes de championnats européens comme cela est arrivé aux Pays-Bas, en Angleterre, en Italie.

Exposition Wojciech Wilczyk au musée de l'Histoire des Juifs polonais

La synagogue et le cimetière juif de Sejny

Le patrimoine juif à Sejny

La synagogue et la Yeshiva de Sejny (Cliquer pour agrandir)  © www.shabbat-goy.com
La synagogue et la Yeshiva de Sejny (Cliquer pour agrandr) © www.shabbat-goy.com
Les juifs ont commencé à s’établir à Sejny durant la seconde moitié du XVIIème siècle. En 1796, on dénombrait à peu près 200 juifs, soit 30% de la population... >> Présentation de la synagogue de Sejny. >> Présentation du cimetière juif de Sejny.

Gwoździec, la synagogue du Musée Juif de Varsovie

A la découverte de l'histoire de la synagogue de Gwoździec

Bien qu’elle avait été érigée dans une localité située aujourd’hui en Ukraine, dans l’actuelle région de Podolie, la synagogue de la communauté juive de Gwoździec se trouvait dans la partie sud orientale de l’Union polono-lituanienne qui réunissait le Royaume de Pologne et le Grand Duché de Lituanie.

L’intérêt de présenter cette synagogue réside dans le fait que sa coupole intérieure a fait l’objet d’une reconstruction fidèle qui reprend toute l’architecture de la charpente et les panneaux ornées de magnifiques polychromies qui viendront habiller l’une des salles (Miasteczko – Jewish town) du Musée de l’Histoire des juifs Polonais de Varsovie...

> Découvrir l'histoire de la synagogue de Gwoździec
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La synagogue de Gwoździec
La synagogue de Gwoździec © Tel Aviv Museum of Arts

La synagogue de l’ancienne Leobschütz en Haute-Silésie

Une synagogue de style oriental

Le journal Über Land und Meer, sous-titré Allgemeine Illustrirte Zeitung, était un illustré édité à Stuttgart entre 1858 et 1923.
Über Land und Meer - Synagogue - Leobschütz - Glubczyce
Über Land und Meer - Synagogue - Leobschütz - Glubczyce
En première page du journal daté de 1865, un article sur la nouvelle synagogue de Leobschütz aujourd'hui Głubczyce en voïvodie de Opole. Cette magnifique synagogue de style mauresque fut édifiée en 1865 sous la houlette de l'architecte Knoebel. Elle fut incendiée durant les événements de la nuit de cristal en 1938 et détruite par la suite.
Fait rare pour être souligné, elle était voisine d'une cinquantaine de mètres de la grande église de la Sainte Vierge Marie.
Présentation de la synagogue et du cimetière juif de Głubczyce sur Shabbat Goy.

La synagogue du Palais Lubomirski

Warszawa
Mazowieckie - (Voïvodie de Mazovie)

La synagogue privée du palais

Une synagogue privée avait été établie dans le palais Lubomirski très certainement en 1872, à l'initiative du chantre Jakub Leopold Weiss1. Cette salle de prière pouvait contenir...
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Palais Lubomirski à Varsovie
Palais Lubomirski à Varsovie

La visite de 13 cimetières juifs autour de Białystok

27 et 28 février 2014 – 320 kilomètres – 13 cimetières

Je vais profiter de ces deux jours pour visiter les cimetières juifs qui se trouvent au sud-est et au nord-est de Białystok, le chef-lieu de la voïvodie de Podlachie (Podlaskie), au nord-est de la Pologne, le long de la frontière avec la Biélorussie. C’est l’hiver, le temps est gris mais l’absence de neige facilitera les déplacements. Curieusement il ne fait pas trop froid pour une fin février, à peine 2 degrés...
Lire la suite...
Le cimetière - The cemetery - Jasionówka © www.shabbat-goy.com
Le cimetière - The cemetery - Jasionówka (Cliquer pour agrandir)
© www.shabbat-goy.com

Les synagogues, le Mikveh et le cimetière juif de Rozwadów

Chronique d'un Shtetl disparu

Rozwadów est aujourd’hui un quartier de la ville de Stalowa Wola située à une soixantaine de kilomètres au nord de Rzeszów, la capitale de la région de Basses-Carpathes.
Stalowa Wola est une ville nouvelle industrielle qui a été créée en 1937 après la découverte d’un gisement de soufre, mais la ville s’est essentiellement développée durant l’ère communiste après la guerre. Auparavant, Rozwadów était un centre très actif de la vie juive dans cette région...


» Les synagogues de Rozwadów.
» Le cimetière juif de Rozwadów.
Synagogue - Rozwadów